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samedi 31 octobre 2026

HISTOIRE D'UNE CHANSON - LES MOULINS DE MON COEUR DE MICHEL LEGRAND

 


#HistoireChansonFilms Aujourd'hui La Chanson Les Moulins de mon Coeur de Michel Legrand (The Windmills of Your Mind) , La chanson a été écrite pour le film L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair, 1968), réalisé par Norman Jewison, avec Steve McQueen et Faye Dunaway. Michel Legrand, déjà célèbre pour Les Parapluies de Cherbourg, s’était installé à Hollywood. C’est Henry Mancini qui lui a recommandé de prendre le projet


Le film contenait une longue séquence où Thomas Crown (McQueen) pilote un planeur : visuellement calme et maîtrisé, mais chargé d’une tension intérieure (il prépare un braquage). Jewison avait utilisé temporairement « Strawberry Fields Forever » des Beatles comme musique de montage et voulait quelque chose de répétitif, de « trippy », qui exprime le tourbillon mental du personnage sans raconter l’intrigue.

Michel Legrand a composé la musique. Il a proposé plusieurs mélodies (souvent citées : 7 ou 8) aux paroliers américains Alan et Marilyn Bergman. Ils ont tous choisi la même : une longue mélodie baroque. Les deux premières phrases mélodiques s’inspirent de l’andante de la Sinfonia concertante pour violon, alto et orchestre K. 364 de Mozart

Legrand a travaillé de façon innovante : face à des rushes très longs (parfois décrits comme plusieurs heures), il a écrit une grande partie de la musique sans minutage strict, en laissant la musique guider le montage plutôt que l’inverse — une méthode rare à l’époque à Hollywood. Il a raconté avoir écrit environ 1 h 30 de musique

Les paroles anglaises (« The Windmills of Your Mind ») sont de Alan et Marilyn Bergman. Ils les ont conçues comme un « stream-of-consciousness », un « voyage dans l’esprit » qui évoque les pensées qui tournent en boucle quand on n’arrive pas à s’endormir. Le titre vient d’une phrase qui se trouvait à la fin d’une section et qu’ils ont finalement choisie pour structurer la chanson.

La version française, « Les Moulins de mon cœur », a des paroles d’Eddy Marnay (1969). Elle reprend les images circulaires et tourbillonnantes, mais oriente davantage vers le cœur et l’amour.

Cela évoque le cycle des pensées, des souvenirs, du temps qui passe, de l’amour qui recommence ou tourne en rond, et une forme d’absurdité existentielle (proche du mythe de Sisyphe pour certains commentateurs). La version française met davantage l’accent sur l’émotion amoureuse et le passage des saisons.Les deux versions jouent sur des images de cercles, de spirales, de répétition et de mouvement perpétuel :En anglais : « Round like a circle in a spiral, like a wheel within a wheel… Like the circles that you find in the windmills of your mind ». En français : « Comme une pierre que l’on jette / Dans l’eau vive d’un ruisseau / Et qui laisse derrière elle / Des milliers de ronds dans l’eau… Comme le chemin de ronde / Que font sans cesse les heures… Tu fais tourner de ton nom / Tous les moulins de mon cœur ».
Version originale du film (anglais) : Noel Harrison (acteur et chanteur britannique, fils de Rex Harrison). Andy Williams avait refusé le titre. Harrison l’a enregistrée pour le générique et la scène du planeur.

Version française : Michel Legrand lui-même l’a chantée en 1969 (sur l’album Michel Legrand chante Les Moulins de mon cœur). C’est devenu l’un de ses plus grands succès vocaux.

Autres versions françaises notables : Marcel Amont (très tôt), Claude François, Nana Mouskouri, Frida Boccara, Sylvie Vartan, Mireille Mathieu, Alain Delon, Grégory Lemarchal (en duo), Natalie Dessay, Juliette Armanet (notamment à l’ouverture du Festival de Cannes 2018), Slimane, etc.

Versions anglaises célèbres : Dusty Springfield (Dusty in Memphis, succès radio), Sting (pour le remake de 1999), Barbra Streisand, José Feliciano (qui l’a interprétée aux Oscars), Mel Tormé, etc.

La chanson a remporté le Golden Globe et l’Oscar de la meilleure chanson originale en 1969. Aux Oscars, elle a été chantée par José Feliciano (Harrison n’a pas pu se déplacer).

En France, la version de Legrand est devenue un classique durable de la chanson française, même si les classements exacts de l’époque sont moins précis que pour les hits anglo-saxons. Elle est restée un standard repris en permanence.

Après l’Oscar, Legrand a déclaré que « tous les films passaient par moi, c’était le paradis ». La chanson a ouvert largement les portes d’Hollywood et est devenue un standard intemporel, classée n° 57 dans la liste AFI des 100 meilleures chansons du cinéma américain (2004). Elle a été réutilisée dans le remake de 1999 (version Sting) et continue d’être citée et reprise (y compris récemment dans des séries).

une mélodie sophistiquée inspirée de Mozart, des paroles en spirale qui collent parfaitement à l’ambiguïté du personnage de McQueen, un Oscar, et une double vie anglaise/française qui en a fait un classique des deux côtés de l’Atlantique, interprété aussi bien par son compositeur que par des dizaines d’artistes.

https://www.youtube.com/watch?v=8DBAAyGaCJ8

https://www.youtube.com/watch?v=fy5jsvF7H3E

Comme une pierre que l'on jette dans l'eau vive d'un ruisseau Qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l'eau Comme un manège de lune avec ses chevaux d'étoiles Comme un anneau de Saturne, un ballon de carnaval Comme le chemin de ronde que font sans cesse les heures Le voyage autour du monde d'un tournesol dans sa fleur Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon cœur
Comme un écheveau de laine entre les mains d'un enfant Ou les mots d'une rengaine pris dans les harpes du vent Comme un tourbillon de neige, comme un vol de goélands Sur des forêts de Norvège, sur des moutons d'océan Comme le chemin de ronde que font sans cesse les heures Le voyage autour du monde d'un tournesol dans sa fleur Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon cœur
Ce jour-là près de la source, Dieu sait ce que tu m'as dit Mais l'été finit sa course, l'oiseau tomba de son nid Et voilà que sur le sable nos pas s'effacent déjà Et je suis seul à la table qui résonne sous mes doigts Comme un tambourin qui pleure sous les gouttes de la pluie Comme les chansons qui meurent aussitôt qu'on les oublie Et les feuilles de l'automne rencontrent des ciels moins bleus Et ton absence leur donne la couleur de tes cheveux
Une pierre que l'on jette dans l'eau vive d'un ruisseau Et qui laisse derrière elle des milliers de ronds dans l'eau Au vent des quatre saisons, tu fais tourner de ton nom Tous les moulins de mon cœur

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