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mercredi 28 octobre 2026

8.10 - MON AVIS SUR LE FILM VERITY DE MICHAEL SHOWALTER (2026)

 


Vu le film Vérity de Michael Showalter (2026) avec Anne Hattaway Josh Hartnett Dakota Johnson Ismael Cruz Córdova Brady Wagner Irina Dvorovenko K. K. Moggie


Adapté du roman de Colleen Hoover, Verity de Michael Showalter nous plonge dans un thriller psychologique érotique qui voudrait renouer avec les grandes heures du genre, lorsque les années 80 et 90 nous offraient des histoires sulfureuses où le désir, la manipulation et les mensonges finissaient généralement par faire des dégâts. Avec Fatal Attraction ou Basic Instinct en tête, on pouvait espérer retrouver un peu de cette folie qui faisait le charme de ces films, mais encore fallait-il avoir quelque chose à raconter.


Lowen, une jeune écrivaine en difficulté, est engagée par Jeremy pour terminer les romans de son épouse Verity, une autrice à succès devenue paralysée et incapable de parler à la suite d'un accident. Dakota Johnson incarne cette ghostwriter qui s'installe dans la luxueuse maison familiale au bord d'un lac, avec la mission de poursuivre une œuvre littéraire dont la propriétaire ne semble plus en mesure de s'occuper. En fouillant les affaires de Verity, Lowen découvre un manuscrit qui ressemble à une confession glaçante, dans lequel la jeune femme dévoile des secrets familiaux particulièrement inquiétants.


La lecture de ces pages va bouleverser son regard sur Verity, sur Jeremy et sur cette famille qui paraît cacher bien des choses derrière les apparences. Entre attirance physique, soupçons, manipulation et révélations, Lowen se retrouve prise dans une histoire où personne ne semble véritablement digne de confiance. Reste à savoir si le manuscrit raconte la vérité ou s'il constitue une nouvelle arme dans un jeu particulièrement malsain.


Sur le papier, le sujet avait de quoi séduire, d'autant que le casting réunissait Dakota Johnson, Anne Hathaway et Josh Hartnett, trois noms capables d'attirer la curiosité. Pourtant, le film peine à donner du corps à cette histoire, comme si Michael Showalter avait voulu emballer un thriller dangereux dans un joli papier cadeau avant d'oublier de mettre quelque chose à l'intérieur.


Le scénario de Nick Antosca condense le roman en une succession de révélations qui manquent souvent de force, tandis que l'ambiguïté entretenue autour des personnages finit par ressembler davantage à une manière de repousser le dénouement qu'à une véritable audace narrative. On nous promet des secrets terribles, une maternité toxique et des mensonges susceptibles de faire voler la famille en éclats, mais la mécanique fonctionne trop rarement pour provoquer le trouble attendu.


Anne Hathaway tire son épingle du jeu en jouant avec les différentes facettes de Verity, entre fragilité apparente, étrangeté et menace, avec une gourmandise qui apporte enfin un peu de relief à cet ensemble. Dakota Johnson reste correcte dans le rôle de Lowen, mais son personnage ne parvient jamais à donner toute la dimension nécessaire à cette histoire, tandis que Josh Hartnett semble se contenter du minimum syndical.


Bon, on va demander à Hartnett d'être un bon acteur, mais un brocolis reste un brocolis sans saveur. On ne lui demande pourtant pas de décrocher un Oscar, simplement de mettre un peu de vie dans un personnage qui devrait être aussi séduisant qu'inquiétant.


Michael Showalter, davantage à son aise dans la comédie ou le drame léger, soigne cependant l'emballage avec cette grande maison luxueuse, ses éclairages froids et son atmosphère élégante qui semblent tout droit sortis d'un catalogue immobilier pour milliardaires tourmentés. La musique cherche à installer une tension hitchcockienne, mais la réalisation manque de nervosité et les scènes censées faire monter la température restent étonnamment tièdes.


Le film voudrait jouer sur le désir et le malaise, mais il semble constamment retenir ses coups, comme s'il avait peur d'aller au bout de ses intentions. Les retournements de situation arrivent sans véritable impact et certaines scènes, destinées à choquer, flirtent involontairement avec le ridicule. Quant à cette conclusion qui entretient le doute, elle laisse surtout l'impression que les scénaristes n'ont pas réussi à choisir entre plusieurs explications.


On peut rapprocher Verity de La Femme de ménage (The Housemaid), qui évolue dans un univers assez voisin, entre secrets domestiques, personnages ambigus et rebondissements à répétition. Mais là où ce dernier assume davantage son côté divertissement populaire et son plaisir coupable, Verity paraît trop occupé à se donner des airs sulfureux pour nous faire réellement frissonner.


Au bout du compte, on se retrouve devant un thriller qui possède les ingrédients nécessaires, mais dont la préparation manque singulièrement de goût. Une maison luxueuse, des personnages mystérieux, quelques scènes de sexe et des secrets de famille ne suffisent pas à fabriquer un grand thriller, pas plus qu'une belle assiette ne garantit un bon repas.


Verity reste un divertissement regardable pour les admirateurs du roman ou les amateurs de thrillers domestiques bien emballés, avec Anne Hathaway comme principal motif de satisfaction. Pour les autres, le film risque surtout de laisser un souvenir aussi fugace que celui d'un plat servi avec élégance, mais auquel on aurait oublié d'ajouter les épices.


Un film qui voulait mettre le feu aux poudres, mais qui finit par nous servir des brocolis à la vapeur.

NOTE : 8.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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