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mardi 6 janvier 2026

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE TESTAMENT DU DR MABUSE DE FRITZ MANG (1933)


 Vu le Film Le Testament du Docteur Mabuse de Fritz Lang (1933) avec Oscar Beregi Sr Rudolph Klein Rogge PauL Bernd Henry Piess Gustav Diessi Paul Henckels Georg John 

Le film raconte comment le Dr Mabuse, interné dans un asile psychiatrique, parvient à contrôler son directeur et un gang de malfaiteurs grâce à des pouvoirs hypnotiques. Le commissaire Karl Lohmann et le bandit repenti Kent tentent de leur côté de démanteler le réseau. 

Voilà un film bien noir, comme on n’en fait plus, découvert sur le nouveau site Wikiflix qui regorge décidément de pépites d’un autre temps. Le Testament du Docteur Mabuse confirme une chose : Fritz Lang, le cinéma, il ne l’a pas dans sa poche (lol), il l’a dans le sang. Et le personnage de Mabuse reste l’un des plus fascinants monstres du septième art. 

Mabuse, véritable fou pervers, violent, mégalomane, est ici interné dans un asile psychiatrique — où, reconnaissons-le, il est parfaitement à sa place. Mais l’enfermement ne l’a pas rendu inoffensif, bien au contraire. Depuis sa cellule, réduit au silence, il continue à dicter le chaos, à manipuler les esprits, médecins, directeur de l’établissement, et surtout toute une organisation criminelle prête à tuer pour satisfaire son ego dément. Le mal ne meurt jamais, il s’organise. 

Face à lui, l’inspecteur Lohmann, son éternel ennemi, devra être encore plus subtil que d’habitude. Car comment combattre un homme qui n’agit plus directement, mais par hypnose, par peur, par idées injectées dans les cerveaux des autres ? Lang transforme le film policier en véritable cauchemar mental, où le crime devient une maladie contagieuse. 

Rudolf Klein-Rogge est absolument glaçant dans le rôle du Docteur Mabuse. Son regard, son visage figé, son corps presque spectral font froid dans le dos. Il suffit d’un plan sur lui pour comprendre qu’on n’a vraiment pas envie de se faire interner dans le même établissement. Il incarne le mal pur, celui qui survit même à la perte de la parole. 

La mise en scène de Lang est d’une rigueur diabolique : cadres oppressants, jeux d’ombres, rythme tendu, atmosphère poisseuse. Le scénario est mené avec une précision d’horloger, multipliant les rebondissements sans jamais perdre le spectateur. On sent déjà le cinéma parlant s’approprier l’héritage de l’expressionnisme allemand. 

Mais au-delà du polar, le film est une allégorie évidente du nazisme naissant. Mabuse comme transposition d’Hitler, manipulateur invisible, idéologue fou qui entraîne les masses vers la destruction. Un thème que Lang abordait déjà avec M le Maudit, autre chef-d’œuvre terrifiant. D’ailleurs, le fait que Lang ait tourné simultanément une version française renforce encore la portée universelle du film. 

Terrible, terrifiant, d’une modernité folle, Le Testament du Docteur Mabuse est du grand cinéma, noir jusqu’à l’os, politique sans jamais être démonstratif, et d’une efficacité redoutable. Un film qui fascine, inquiète, bouleverse. Du très, très grand Lang.

NOTE : 15.20

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