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vendredi 9 janvier 2026

14.10 - MON AVIS SUR LE FILM SOUS SURVEILLANCE DE ROBERT REDFORD (2012)

 


Vu le Film Sous Suveillance de Robert Redford (2012) avec Roberg Redford Shia Labeouf Susan Sarandon Julie Christie Jackie Evancho Chris Cooper Brendan Gleeson Britt Marlin  

Jim Grant est un avocat, ayant récemment perdu sa femme, et qui vit seul avec sa fille de onze ans. Il voit son passé ressurgir et troubler son existence jusque-là tranquille quand Benjamin Shepard, un jeune journaliste, se met à enquêter sur lui, à la suite de l'arrestation de Sharon Solarz, ancienne membre du groupe contestataire Weather Underground. 

Sous Surveillance est un film de fin de parcours, au sens noble comme au sens un peu crépusculaire du terme. Dernier long-métrage réalisé par Robert Redford, il ressemble à un regard en arrière, presque nostalgique, sur une Amérique militante qui croyait encore pouvoir changer le monde à coups d’idéaux… avant que le réel ne les rattrape. 

Adapté du roman Le Dernier d’entre nous, le film suit Jim Grant, ancien activiste radical des années 70, aujourd’hui reconverti en avocat bien rangé. Un homme discretpresque effacédont le passé refait surface à la suite de l’arrestation d’une ancienne camarade de lutteincarnée par Susan Sarandon, fidèle au poste, fatiguée mais toujours combative. À partir de , le film devient un jeu de chasseur sachant chassé, une mécanique bien huilée qui évoque forcément Le Fugitifmais en version plus feutrée, plus bavarde, et surtout plus mélancolique. 

Redford, acteur comme réalisateurjoue beaucoup sur l’ambiguïté : coupable ou pas coupable ? Terroriste ou idéaliste ? Homme dangereux ou père de famille tentant juste de survivre à ses erreurs de jeunesse ? Le film avance constamment sur cette ligne de crête, sans jamais trancher franchementce qui fait à la fois sa force… et sa limite. 

Car il faut bien le dire : le scénario accumule les invraisemblances. Le fait que Jim Grant soit recherché depuis des décennies mais ait pu devenir avocat, donc visible, traçablepresque public, fait quand même tiquer. On accepte parce que le film est sérieux, bien élevémais la suspension d’incrédulité est parfois mise à rude épreuve. 

La mise en scène de Redford est classique, propre, presque trop sage. Pas de folie formelle, pas de nervosité excessive : tout est à l’image de son personnage principal, poséréfléchi, un peu hors du temps. Certains y verront de l’éléganced’autres un manque de tension. Personnellement, je penche pour un entre-deux. 

L’un des vrais intérêts du film vient de Shia LaBeouf, encore dans sa période « jeune chien fou maîtrisé ». Il incarne un journaliste ambitieuxperspicace, qui va mettre le doigt   ça fait mal et faire vaciller l’équilibre fragile de Grant. Le face-à-face générationnel fonctionne bien, et LaBeouf apporte une énergie bienvenue à un film parfois trop contemplatif. 

Le casting secondaire est impressionnant (Nick Nolte, Julie Christie, Stanley Tucci…), mais souvent sous-exploitécomme si Redford voulait surtout faire défiler une galerie de fantômes de l’Amérique militante, plus que leur donner une vraie place dramatique. 

Sous Surveillance n’est donc ni un grand polar, ni un thriller haletantmais un film correct, sérieuxhonnêteporté par de grands acteurs et une vraie réflexion sur l’héritage politique, la culpabilité et le poids du passé. Un film qui se regarde plus qu’il ne se vit, qui intrigue plus qu’il ne passionnemais qui mérite d’exister pour ce qu’il est : le chant du cygne discret d’un cinéaste engagélucide, et un peu fatigué. 

Un polar respectable, parfois bancal, souvent intéressant, jamais indigne… mais pas inoubliable non plus. 

 NOTE : 14.10

FICHE TECHNIQUE

DISTRIBUTION


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