Vu le Film Sous Suveillance de Robert Redford (2012) avec Roberg Redford Shia Labeouf Susan Sarandon Julie Christie Jackie Evancho Chris Cooper Brendan Gleeson Britt Marlin
Jim Grant est un avocat, ayant récemment perdu sa femme, et qui vit seul avec sa fille de onze ans. Il voit son passé ressurgir et troubler son existence jusque-là tranquille quand Benjamin Shepard, un jeune journaliste, se met à enquêter sur lui, à la suite de l'arrestation de Sharon Solarz, ancienne membre du groupe contestataire Weather Underground.
Sous Surveillance est un film de fin de parcours, au sens noble comme au sens un peu crépusculaire du terme. Dernier long-métrage réalisé par Robert Redford, il ressemble à un regard en arrière, presque nostalgique, sur une Amérique militante qui croyait encore pouvoir changer le monde à coups d’idéaux… avant que le réel ne les rattrape.
Adapté du roman Le Dernier d’entre nous, le film suit Jim Grant, ancien activiste radical des années 70, aujourd’hui reconverti en avocat bien rangé. Un homme discret, presque effacé, dont le passé refait surface à la suite de l’arrestation d’une ancienne camarade de lutte, incarnée par Susan Sarandon, fidèle au poste, fatiguée mais toujours combative. À partir de là, le film devient un jeu de chasseur sachant chassé, une mécanique bien huilée qui évoque forcément Le Fugitif, mais en version plus feutrée, plus bavarde, et surtout plus mélancolique.
Redford, acteur comme réalisateur, joue beaucoup sur l’ambiguïté : coupable ou pas coupable ? Terroriste ou idéaliste ? Homme dangereux ou père de famille tentant juste de survivre à ses erreurs de jeunesse ? Le film avance constamment sur cette ligne de crête, sans jamais trancher franchement, ce qui fait à la fois sa force… et sa limite.
Car il faut bien le dire : le scénario accumule les invraisemblances. Le fait que Jim Grant soit recherché depuis des décennies mais ait pu devenir avocat, donc visible, traçable, presque public, fait quand même tiquer. On accepte parce que le film est sérieux, bien élevé, mais la suspension d’incrédulité est parfois mise à rude épreuve.
La mise en scène de Redford est classique, propre, presque trop sage. Pas de folie formelle, pas de nervosité excessive : tout est à l’image de son personnage principal, posé, réfléchi, un peu hors du temps. Certains y verront de l’élégance, d’autres un manque de tension. Personnellement, je penche pour un entre-deux.
L’un des vrais intérêts du film vient de Shia LaBeouf, encore dans sa période « jeune chien fou maîtrisé ». Il incarne un journaliste ambitieux, perspicace, qui va mettre le doigt là où ça fait mal et faire vaciller l’équilibre fragile de Grant. Le face-à-face générationnel fonctionne bien, et LaBeouf apporte une énergie bienvenue à un film parfois trop contemplatif.
Le casting secondaire est impressionnant (Nick Nolte, Julie Christie, Stanley Tucci…), mais souvent sous-exploité, comme si Redford voulait surtout faire défiler une galerie de fantômes de l’Amérique militante, plus que leur donner une vraie place dramatique.
Sous Surveillance n’est donc ni un grand polar, ni un thriller haletant, mais un film correct, sérieux, honnête, porté par de grands acteurs et une vraie réflexion sur l’héritage politique, la culpabilité et le poids du passé. Un film qui se regarde plus qu’il ne se vit, qui intrigue plus qu’il ne passionne, mais qui mérite d’exister pour ce qu’il est : le chant du cygne discret d’un cinéaste engagé, lucide, et un peu fatigué.
Un polar respectable, parfois bancal, souvent intéressant, jamais indigne… mais pas inoubliable non plus.
NOTE : 14.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Robert Redford
- Scénario : Lem Dobbs, d'après le roman Le Dernier d'entre nous (The Company You Keep) de Neil Gordon
- Direction artistique : Jeremy Stanbridge
- Décors : Laurence Bennett
- Costumes : Karen L. Matthews
- Photographie : Adriano Goldman
- Montage : Mark Day
- Musique : Cliff Martinez
- Casting : Avy Kaufman et Maureen Webb
- Production : Nicolas Chartier, Bill Holderman et Robert Redford[]
- Production exécutive : Craig J. Flores et Shawn Williamson
- Sociétés de production : Voltage Pictures (en), Wildwood Entreprises, Kingsgate Films, Brightlight Pictures, TCYK North Productions
- Sociétés de distribution[2] : Sony Pictures Classics (États-Unis), SND (France), Ascot Elite Entertainment Group (Suisse)
DISTRIBUTION
- Robert Redford (V. F. : Patrick Béthune) : Jim Grant / Nick Sloan
- Shia LaBeouf (V. F. : Donald Reignoux) : Benjamin Shepard
- Julie Christie (V. F. : Elisabeth Wiener) : Mimi Lurie
- Susan Sarandon (V. F. : Béatrice Delfe) : Sharon Solarz
- Jackie Evancho : Isabel Grant, la fille de Jim / Nick
- Chris Cooper (V. F. : Frédéric van den Driessche) : Daniel Sloan, le frère de Jim / Nick
- Brendan Gleeson (V. F. : Philippe Vincent) : Henry Osborne
- Brit Marling (V. F. : Ingrid Donnadieu) : Rebecca Osborne
- Gabrielle Rose : Marianne Osborne
- Anna Kendrick (V. F. : Karine Foviau) : Diana
- Terrence Howard (V. F. : Serge Faliu) : Cornelius
- Nick Nolte (V. F. : Alain Dorval) : Donal Fitzgerald
- Richard Jenkins (V. F. : Jean-Luc Kayser) : Jed Lewis
- Sam Elliott (V. F. : Georges Claisse) : Mac Mcleod
- Stephen Root (V. F. : Philippe Peythieu) : Billy Cusimano
- Stanley Tucci (V. F. : Gérard Darier) : Ray Fuller, le patron de Benjamin
- Andrew Airlie (V. F. : Jérôme Keen) : un agent du FBI
- Hiro Kanagawa (V. F. : Éric Aubrahn) : un agent du FBI
- Keegan Connor Tracy : la secrétaire de Jim Grant

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