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dimanche 11 janvier 2026

16.80 MON AVIS SUR LE FILM SENS UNIQUE DE ROGER DONALDSON (1987)


 Vu le Film Sens Unique de Roger Donaldson (1987) avec Kevin Costner Gene Hackman Sean Young Wlll Patton Howard Duff Jason Bernard George Dzundza Robert Kerman  et  

Le film suit le capitaine de corvette Tom Farrell qui est engagé par le secrétaire à la défense, David Brice, comme agent de liaison avec la CIA où il rejoint son ami d'université, Scott Pritchard. Lors d'une fête à Washington Tom commence à fréquenter Susan Atwell, maîtresse de David Brice, dont il devient rapidement l'amant à son tour. Quelques mois plus tard Susan est tuée accidentellement à la suite d'une dispute avec David Brice. Détruisant toutes les preuves, Brice et Pritchard font passer sa mort pour un meurtre commis par un espion russe du KGB qui se cacherait parmi les rangs de la CIA. Tom Farrell, chargé par Scott Pritchard de débusquer cet espion 

Sens Unique fait partie de ces thrillers politico-romantiques dont on ne parle plus assez, et c’est bien dommage. Un film à plusieurs lectures, retors, élégant, et diablement intelligent, qui vous piège sans que vous vous en rendiez compte. Roger Donaldson signe ici un modèle du genre, quelque part entre le film d’espionnage de la Guerre froide et le thriller paranoïaque à l’américaine. 

Tom Farrell, officier de la Marine, reçoit ses ordres dans un sous-marin, comme Meurisse dans L’Armée des Ombres. D’entrée, le personnage a de la gueule. Kevin Costner est beau comme un porte-avions neuf, charismatique sans forcer, et on sent qu’il est en train de vivre une année exceptionnelle après Les Incorruptibles. Farrell, lors d’une escale, tombe amoureux de Susan Atwell, sublime Sean Young, fragile et mystérieuse. 

Problème : Susan est aussi la maîtresse du ministre de la Défense, David Price. Et là, le film bascule. Price, interprété par un Gene Hackman absolument en verve, violent, veule, cynique, tue Susan accidentellement. Il faut cacher le meurtre. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Et quand on n’a pas une bonne idée, on n’a vraiment pas une bonne idée. 

Scott Pritchard, l’âme damnée du ministre, joué par un Will Patton aussi glacial qu’efficace, invente alors un espion russe fictif. Susan aurait été sa maîtresse, et c’est lui qui l’aurait tuée. Un coup classique, mais génialement pervers. Farrell se retrouve chargé de retrouver cet espion… tout en faisant en sorte qu’on ne découvre jamais qu’il était le véritable amant de la victime. 

À partir de là, Sens Unique devient un imbroglio politique et moral passionnant. Chaque information vous rapproche de la vérité tout en vous en éloignant. Plus on cherche, plus on se perd. Et si tout ce que le film nous montrait n’était qu’une immense diversion ? Donaldson joue avec le spectateur comme avec ses personnages. 

La mise en scène est d’une efficacité redoutable : sobre, tendue, jamais démonstrative. La musique, les décors militaires, les salles de pouvoir, les couloirs feutrés du Pentagone respirent la paranoïa de la Guerre froide finissante. Le scénario est subtil, pervers, vicieux, et surtout d’une intelligence rare. 

Kevin Costner est tout simplement magnifique. Ambigu, romantique, nerveux, il ferait effectivement un enquêteur incorruptible parfait sur l’affaire JFK. Gene Hackman, lui, est monstrueux de crédibilité : un politicien véreux, brutal, prêt à tout pour sauver sa peau et son pouvoir. Du grand Hackman. 

Sens Unique est du très grand cinéma populaire, intelligent, tendu, sexy et politique. Un thriller comme on n’en fait plus, qui respecte son public et le met à l’épreuve. Une réussite totale, brillante, manipulatrice, et jubilatoire. Un film qui prouve qu’un bon scénario est parfois l’arme la plus dangereuse qui soit. 

NOTE : 16.80

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