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samedi 17 janvier 2026

10.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE TROU NORMAND DE JEA?N BOYER (1952)


 Vu le film  LeTrouNormand de Jean Boyer (1952) avec Bourvil Brigitte Bardot Nadine Basile Jane Marken Roger Pierre Jacques Deray Janine Clairville Noel Roquevert Jeanne Fusier-Gir Georges Bacornnet Pierre Larquey André Dalibert  

Hippolyte Lemoine (Bourvil) est un benêt d'une trentaine d'années, naïf à l'esprit enfantin, vivant dans un village de Normandie (Courteville — nom fictif — La Vieille-Lyre en réalité, à 35 km d'Évreux). Lorsque son oncle Célestin meurt, il lègue par testament à Hippolyte sa fortune et son auberge (« Le Trou Normand »), mais à la condition expresse que celui-ci obtienne son certificat d'études primaires dans l'année en cours. Pour atteindre son but, il devra déjouer les manigances de sa tante Augustine (belle-sœur et maîtresse du défunt) qui croyait hériter à sa place et cherche à le faire échouer en se servant de sa fille Javotte (Brigitte Bardot). Il est soutenu par de nombreux habitants du village, dont le maire, l'instituteur, et surtout la fille de ce dernier, elle aussi institutrice, Madeleine, sous le charme de laquelle Hippolyte va tomber.  

Avis sur Le Trou Normand de Jean Boyer. Dans Le Trou Normand, Jean Boyer nous ramène dans une France rurale des années 50 où les vélos envahissent les chemins, plus familiers alors que motos et scooters.  

Ce détail anodin donne au film une saveur d’époque immédiate, presque documentaire. Le village respire une douceur un peu figée, entre traditions et petits secrets bien gardés. L’intrigue repose sur une histoire d’héritage, classique mais efficace. Une mystérieuse enveloppe chez le notaire pourrait bouleverser les équilibres établis. Ou peut-être pas. Car ici, le suspense reste feutré, à hauteur d’hommes ordinaires.  

Bourvil occupe le centre du jeu. Il reprend son personnage de benêt attendrissant. Un rôle qu’il a longtemps porté, parfois jusqu’à l’usure. Mais derrière la maladresse, perce une ruse discrète. Son personnage n’est pas si simple qu’il en a l’air. Face à lui, Roger Pierre complète le duo avec justesse.  

Et puis il y a Brigitte Bardot. Très jeune, encore loin de la révélation Vadim. Elle incarne déjà une modernité troublante. Une fraîcheur qui détonne dans ce monde figé. Elle a plusieurs amoureux, mais surtout un pouvoir d’attraction nouveau. Bardot représente la jeunesse qui arrive sans fracas. Sans encore renverser la table. Autour d’eux gravite une galerie d’acteurs indispensables. Roquevert, Fusier-Gir, Larquey.  

Ces visages sans lesquels le cinéma français de l’époque ne tiendrait pas debout. Ils incarnent une génération solide. Présente dans la comédie comme dans le drame ou le polar. Ici, ils tiennent la maison.  

Face à eux, Bardot ouvre une fenêtre. Le film capte ce léger frottement générationnel. Sans jamais le transformer en conflit. On chante « Les enfants, fan fan », écrite par Boyer lui-même avec Bourvil (non ce n’est pas SébastienUn moment suspendu, typique de l’époque. Qui peut sembler désuet aujourd’hui. Mais qui participe au charme d’ensemble. 

 Le Trou Normand ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit. Il accompagne une transition. Entre un cinéma de caractères. Et une jeunesse qui s’annonce. Le résultat est sympathique. Jamais renversant.  

Mais sincère. Un film qu’on regarde avec bienveillance. Sans sauter au plafond. Et qu’on conclura, comme il se doit, par un bon trou normand au digestif. 

 NOTE : 10.90

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