Vu le Film L’Homme qui Rétrécit de Yan Kounen (2025) avec Jean Dujardin Marie Josée Croze Daphné Richard Salim Talbi Serge Swysen Stéphanie Van Vyve
Sans explication, Paul rétrécit peu à peu. Il va alors devenir la proie des animaux et insectes. Il va devoir survivre dans un environnement devenu hostile, tout en se questionnant de plus en plus sur son identité[
Remake français d’un monument du cinéma de genre, L’Homme qui rétrécit de Yann Kounen s’attaque à un mythe.
Un mythe signé Jack Arnold, adapté du roman de Richard Matheson, figure tutélaire de la SF anxiogène et métaphysique. Le film original, sorti en 1957, reste encore aujourd’hui un classique absolu. Suspense, terreur existentielle, vertige de l’infiniment petit : tout y était.
Et surtout, malgré l’époque, des effets visuels d’une efficacité redoutable.
Maquettes, pots de colle, peinture et éclairages : du bricolage de génie.
Une efficacité terrifiante, presque artisanale, mais profondément cinématographique. C’est là que le bât blesse.
Chez Arnold, on entre dans le film immédiatement. La menace est claire, la réduction progressive angoissante, l’identification immédiate. Chez Kounen, c’est beaucoup plus compliqué.Il faut attendre quarante longues minutes avant de réellement « mesurer » l’écart.
Quarante minutes, c’est énorme pour un film qui parle de rétrécissement.
Les effets visuels, censés être un atout en 2025, deviennent paradoxalement le principal défaut. Chats, araignées, décors, cette fameuse boîte où vit le héros :
tout sonne faux, artificiel, parfois même cheap. Des trucages qui ressemblent à du low cost là où on attendait de l’inventivité.
Le film d’Arnold faisait peur avec trois fois rien. Celui de Kounen peine à convaincre avec le numérique.
Jean Dujardin, lui, fait ce qu’il peut. Il essaye, il s’investit, il joue la solitude, la peur, la perte de repères. Mais quand on n’y croit pas, c’est compliqué. Même le meilleur comédien ne peut sauver un monde auquel on ne croit jamais vraiment.
Le scénario étire inutilement son introduction, dilue l’angoisse existentielle de Matheson, et oublie que cette histoire parle avant tout de la place de l’homme dans l’univers. Pas d’un gadget visuel.
La mise en scène de Yann Kounen manque de tension, de précision,et surtout de point de vue clair sur ce que raconte réellement cette histoire aujourd’hui.
Là où Arnold transformait un jardin en jungle hostile, Kounen transforme le vertige en simple exercice de style.
Résultat : un remake respectueux sur le papier,mais décevant dans son exécution.
Un film qui rétrécit là où il aurait dû grandir.
Et c’est dommage, car l’histoire de Matheson mérite mieux qu’un simple effet d’échelle.
NOTE : 9.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jan Kounen
- Scénario : Christophe Deslandes et Jan Kounen, d'après le roman homonyme de Richard Matheson et le scénario du film homonyme[]
- Musique : Alexandre Desplat
- Décors : Marie-Hélène Sulmoni
- Costumes : Sybille Langh
- Photographie : Christophe Nuyens
- Son : Jan Deca
- Montage : Anny Danché
- Production : Alain Goldman et Patrick Wachsberger
- Production déléguée : Axel Decis, Alan Gasmer et Richard Christian Matheson
- Coproduction : Jean Dujardin, Cédric Iland et Bastien Sirodot
- Sociétés de production : Pitchipoï Productions, en coproduction avec Picture Perfect Entertainment, La Production Dujardin, Proximus / Proximus Media House PMH, Radio-télévision belge de la Communauté française (RTBF), TF1 Films Production et Umedia
- Sociétés de distribution : Universal Pictures International France ; VVS Films (Québec)
- Budget : 21,04 millions d'euros[
- Jean Dujardin : Paul
- Marie-Josée Croze : Élise, la femme de Paul
- Daphné Richard : Mia, la fille de Paul et Élise
- Salim Talbi : Karim
- Serge Swysen : Dr. Sicre
- Stéphanie Van Vyve : l'endocrinologue

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