Vu le Film Le Meilleur de Barry Levinson (1984) avec Robert Redford Robert Duvall Glenn Close Kim Bassinger Wilfrod Brimley Richard Bramsworth Robert Prosky Joe Don Baker
Roy Hobbs, un jeune joueur de baseball prometteur au lancé de feu, voit son souhait de faire une carrière professionnelle anéanti par un coup de revolver. À la suite de ce drame, il reste en convalescence à l'hôpital durant deux ans. Une quinzaine d'années plus tard, alors qu'il est plus proche de l'âge de la retraite sportive que celui de ces débuts, il est recruté par le club professionnel des Knights de New York. Au fil des matchs, il démontre qu'il est le meilleur.
Ah, le baseball et les Français… c’est vraiment un monde à part. Pour nous, ça reste un sport aussi exotique qu’un voyage au Groenland : on peut admirer le paysage, mais on n’ira pas l’envahir pour autant. Même si, gamin, j’ai pratiqué un peu le jeu de la batte chez les scouts, le baseball demeure pour moi un folklore américain, un rite quasi mystique, incompréhensible mais fascinant de loin.
Barry Levinson s’attaque ici à un mythe fondateur : celui de la rédemption. Sujet éminemment américain. Rien n’est jamais fini, tout est encore possible tant qu’on respire. Et pour incarner cette croyance, qui de mieux que Robert Redford, alors au sommet de sa gloire post-L’Arnaque ? Même look, même charisme solaire, même physique intact. Redford ne joue pas seulement Roy Hobbs, il incarne une promesse.
Le film mêle deux origines tragiques : Eddie Watikus, tireur de l’ombre blessé par une maîtresse fatale, et Joe Jackson, figure réelle du baseball, corrompu pour truquer des matchs — la même histoire que dans Jusqu’au bout du rêve. Levinson tisse un récit entre légende et réalité, mais sans toujours maîtriser son fil.
Car le scénario pose problème. Un énorme trou de quinze ans, inexpliqué. Pourquoi disparaître si longtemps ? Pourquoi revenir seulement maintenant ? Le film ne répond pas. On sent un talent immense, mais aussi une paresse narrative. Quinze ans d’ellipse, c’est trop, surtout quand on prétend raconter une destinée mythique.
La mise en scène, elle, est d’une douceur enveloppante. La musique de Randy Newman agit comme un baume, presque manipulatrice, nous guidant émotionnellement quoi qu’il arrive. Elle embellit tout, même les incohérences, et nous entraîne dans un monde enchanteur, quel que soit le vice ou la manipulation à l’œuvre.
Les acteurs font le travail, tous. Glenn Close apporte une grâce presque irréelle, Kim Basinger joue la tentation, la chute, le mirage. Chaque visage est une fonction mythologique. Comme souvent à Hollywood, chaque acteur en vogue doit passer par la case baseball ou football américain : c’est dans leurs gènes, une sorte de baptême culturel obligatoire.
Le Meilleur est donc un film beau, parfois trop, bancal mais sincère, porté par une croyance naïve mais tenace : le talent suffit, le destin peut attendre, la seconde chance existe. Il est le meilleur… et alors ? Peut-être pas dans sa narration, mais dans son intention, il touche juste.
Un film imparfait, mais profondément américain. Et vu d’ici, ça reste un joli voyage. Même sans passeport
NOTE : 13.80
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Barry Levinson
- Scénario : Roger Towne et Phil Dusenberry, d'après le roman Le Meilleur de Bernard Malamud
- Direction artistique : Angelo P. Graham et Mel Bourne (en)
- Costumes : Bernie Pollack et Gloria Gresham
- Photographie : Caleb Deschanel
- Montage : Stu Linder (version cinéma) et Christopher Holmes (director's cut)[1]
- Musique : Randy Newman
- Production : Mark Johnson (producteur) ; Roger Towne et Philip M. Breen (producteurs délégués) ; Robert F. Colesberry (producteur associé)
- Sociétés de production : Tri-Star Pictures et Delphi II Productions
- Société de distribution : TriStar (États-Unis), Warner-Columbia Film (France)
- Pays de production :
États-Unis - Budget : 28 000 000 $

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