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samedi 31 janvier 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM L'EPREUVE DU FEU DE AURELIEN PEYRE (2025)

 


Vu l’Epreuve du Feu de Aurélien Peyre (2025) avec Félix Lefebvre Anja Verderosa Suzanne Jouannet Phénix Brossard Victor Bonnel Jules Porier Nolan Masraf Aurélien Vacher 

Hugo a 19 ans. Comme chaque été, il passe ses vacances sur une île atlantique, dans la petite maison familiale. Cependant, cette année est différente : Hugo s'est transformé physiquement et arrive accompagné de sa petite amie, Queen, une esthéticienne dont la verve et les longs ongles strassés détonnent avec la sobriété et la timidité du jeune homme. Rapidement, le couple devient l'objet de tous les regards. 

L’Épreuve du feu d’Aurélien Peyre est un film trompeur : il se présente comme un récit de groupe, presque une chronique générationnelle, mais il se révèle surtout être un film du décalage, celui qui naît quand on ne grandit plus au même rythme que les autres. Rien de spectaculaire ici, pas de faute irréparable ni de violence frontale : le malaise vient justement de ce “presque rien” qui finit par tout déplacer. 

Félix Lefebvre confirme qu’il est devenu l’un des corps les plus intéressants du jeune cinéma français. Passé de la crevette fragile d’Été 85 à la gambas charpentée de L’Épreuve du feu, il incarne un personnage qui a pris de l’épaisseur physique mais qui vacille intérieurement. Son jeu, très retenu, repose sur les silences, les regards en biais, la difficulté à se réinstaller dans un monde qui lui semble soudain trop étroit. 

La bande de copains, interprétée notamment par Anja Verderosa (qui crève l’écran) , Victor Bonnel  PhoenIX Brossard Jules Porier, n’est jamais caricaturale. Ils sont lourds, bruyants, parfois gênants, mais jamais fondamentalement méchants. Et c’est là que le film est fin : il ne les accuse pas, il les montre immobiles. Leur humour, leur dynamique, leur manière d’être ensemble appartiennent à un temps révolu pour le personnage principal, pas à une faute morale. 

La copine agit comme un révélateur plus que comme un enjeu dramatique. Elle ne subit rien de grave, mais sa simple présence met en lumière l’entre-soi masculin, la difficulté du groupe à accueillir autre chose que lui-même. Ce n’est pas un conflit, c’est un décalage irréversible. 

Aurélien Peyre filme tout cela avec une mise en scène discrète, presque effacée, privilégiant les scènes étirées, les moments flottants, les dialogues qui tournent à vide. Le réel n’est jamais dramatisé, il est observé. Le feu du titre n’est pas un brasier, mais une chaleur sourde, celle qui transforme lentement sans faire de bruit. 

La fin, volontairement suspendue, pose une seule question : 
peut-on rester fidèle à une bande quand on n’est plus la même personne ? 
Le film ne répond pas. Il constate. Et c’est précisément ce refus de trancher qui donne à L’Épreuve du feu sa justesse mélancolique et sa vérité générationnelle. 

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

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