Vu le Film La Mariée était trop belle de Pierre Gaspart-Huit (1956) avec Brigitte Bardot Micheline Presle Louis Jourdan Marcelle Arnold Marcel Amont Anne Roudier Jean François Calvé Roger Dumas
Judith, rédactrice en chef d'un magazine féminin, mariée, entretient une liaison avec Michel, un homme plus jeune qu'elle. Pour les besoins de son magazine, elle engage un jeune mannequin, mais elle s'aperçoit très vite que son amant n'est pas insensible aux charmes de la jeune femme.
Sorti la même année que Le Mépris de Godard, La Mariée était trop belle joue clairement dans une autre cour, et surtout dans un autre registre. Là où Godard déconstruit le couple, Pierre Gaspard-Huit préfère l’emballer dans du papier de soie, avec musique élégante et jolis cadres. On retrouve Brigitte Bardot dans un rôle à l’opposé de Camille : Catherine, jeune femme lumineuse, presque ingénue, mais toujours terriblement convoitée.
Car évidemment, quand BB entre dans un plan, les hommes gravitent. Michel (Louis Jourdan), séducteur sûr de lui, et Patrice (Jean-François Calvé), plus discret mais tout aussi amoureux, se disputent son attention dans un jeu de passions très années 50, où les sentiments sont chics et les conflits feutrés. Le triangle amoureux pourrait déjà suffire, mais comme souvent dans ces histoires, une deuxième femme vient semer le trouble.
Et quelle femme : Judith, interprétée par Micheline Presle, directrice pointilleuse d’un journal de mode, une sorte d’Anna Wintour avant l’heure, regard froid, autorité naturelle et désir bien mal placé. Elle convoite Michel, et ce, sans le moindre scrupule, même le jour du mariage de Catherine. Presle est excellente dans ce rôle de femme mûre, élégante, dominatrice, qui apporte au film ce léger parfum de rivalité féminine jamais vraiment méchante mais toujours piquante.
Alors oui, il faut être honnête : cela ne vole pas très haut. Le scénario tient davantage sur le charme de ses interprètes que sur ses rebondissements. On n’est pas chez Carné, encore moins chez Fritz Lang, et Gaspard-Huit ne cherche jamais à dépasser le cadre confortable de la comédie sentimentale. Mais il filme proprement, avec de très belles prises de vue, une mise en scène fluide, sans stress, qui laisse respirer les situations.
Brigitte Bardot, elle, traverse le film avec une facilité déconcertante. Ce n’est clairement pas un défi d’actrice, mais elle irradie, naturelle, souriante, éblouissante sans effort. Elle file dans les situations comme tu le dis, portée par une belle partition musicale qui accompagne parfaitement cette légèreté assumée.
Retrouver Bardot, Presle et Jourdan réunis suffit largement au plaisir. Trois idoles des années 50, trois styles, trois présences. La Mariée était trop belle n’est pas un grand film, mais un divertissement élégant, amusant, joliment emballé. Une comédie légère qui ne prétend à rien d’autre qu’à charmer — et qui y parvient, tranquillement.
NOTE : 11.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Pierre Gaspard-Huit, assisté de Pierre Lary, Serge Vallin
- Scénario : d'après le roman d'Odette Joyeux
- Adaptation : Philippe Agostini, Juliette Saint-Giniez
- Dialogues : Odette Joyeux
- Décors : Jean d'Eaubonne et Pierre Duquesne
- Costumes : Pierre Balmain
- Photographie : Louis Page
- Opérateur : Raymond Picon-Borel
- Musique : Norbert Glanzberg
- Montage : Louisette Hautecoeur
- Son : Antoine Archimbaud
- Maquillage : Yvonne Fortuna
- Photographe de plateau : Serge Beauvarlet
- Script-girl : Lucile Costa
- Régisseur : Roger Descoffre
- Date de tournage : du au
- Production : Production Générale de Films, Pathé Cinéma
- Chef de production : Christine Gouze-Rénal
- Directeur de production : Fred Surin
- Distribution : Pathé Consortium
- Brigitte Bardot : Catherine Ravaud, dite Chouchou, la jeune provinciale
- Micheline Presle : Judith Aurigault, la rédactrice en chef du journal
- Louis Jourdan : Michel Bellanger, l'amant de Judith
- Jean-François Calvé : Patrice, acteur devenu mannequin
- Marcel Amont : Toni, un photographe du journal
- Roger Dumas : Marc, un autre photographe du journal
- Madeleine Lambert : la tante Agnès
- Colette Régis : la tante Yvonne
- Nicole Gueden : Juliette, la domestique
- Anne Roudier : Sandrine, la cuisinière
- Roger Tréville : M. Designy
- Marcelle Arnold : Mme Victoire
- Louis Saintève : le curé du roman photo
- Sylvain Lévignac : un homme au mariage (figuration)
- Yannick Arvel :
- Dominique Boschero :
- Annie Anderson :
- Michèle David :
- Richard Francoeur :
- Georges Sellier :
- Marcel Roche :
- Louis Massis : le réalisateur du film publicitaire
- Jean-Pierre Laverne :
- Lucien Hubert :
- Jean Degrave : un notable aux courses
- André Dalibert :
- Gaston Rey :

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