Vu le Film Fils de ... de Carlos Abescal Peiro (2025) avec Jean Chevalier François Cluzet Sawsan Abes Alex Lutz Karin Viard Julien de Saint Jean Guilaine Londez Olivier Broche
Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino, jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin, d'accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24 heures pour sauver sa carrière, son couple et si possible l'avenir de la France.
Dès son titre, Fils se veut provocateur.
Mais une provocation sans colonne vertébrale reste un pétard mouillé.
Le film annonce une charge politique frontale, une satire féroce du pouvoir.
Dans les faits, il ne fait que tirer dans tous les sens, sans jamais viser juste.
On assiste à une course au pouvoir entre jeunes cadres d’un parti politique,
tous rêvant de placer leur champion à Matignon,
ou plus exactement, de se placer eux-mêmes dans la photo finale.
Sur le papier, le sujet est passionnant.
À l’écran, c’est une attaque sans fond et sans fin,
où la gauche, la droite, le centre, les médias prennent cher…
au point qu’on en sortirait presque convaincu
que le seul à ne pas en prendre plein la gueule, c’est le RN.
Étrange angle mort.
Le regard porté sur la politique française sent le copier-coller.
Une vision très “sud-américaine” des mœurs politiques hexagonales,
excessive, hystérique, et surtout plaquée.
Cela ne convainc jamais.
Le scénario aligne les situations outrancières
comme on scrolle des tweets rageurs à deux heures du matin.
Tout est caricature, rien n’est nuance.
Le fils délaissé par son père, cherchant à se faire un prénom,
la journaliste vedette de la Matinale,
les communicants cyniques, les ambitieux interchangeables :
des archétypes plus que des personnages.
La politique française est bien plus passionnante que ça,
à condition de ne pas se contenter
des notes de bas de page des réseaux sociaux.
La mise en scène, lourde et appuyée,
souligne chaque idée comme si le spectateur était sourd ou distrait.
Aucune élégance, aucun souffle,
juste une démonstration insistante qui devient vite indigeste.
Côté casting, les acteurs font ce qu’ils peuvent,
mais on les sent contraints au surjeu permanent.
À force de forcer le trait,
le jeu devient irritant, presque épuisant.
On ne croit plus aux personnages,
on observe des comédiens coincés dans un concept.
Le rythme est mou,
la séance s’étire,
et à mi-parcours, une question obsède :
où est la sortie de secours pour fuir cette purge ?
À vouloir taper sur tout le monde,
le film finit par ne plus rien dire.
La satire se transforme en brouhaha.
Pour se divertir intelligemment avec la politique,
on ira plutôt voir du côté de Tavernier,
là où le regard est critique mais incarné,
sévère mais profondément humain.
Fils de ... voulait mordre.
Il n’a fait que gesticuler.
NOTE : 5.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Carlos Abascal Peiró
- Scénario : Carlos Abascal Peiró
- Musique : Frédéric Alvarez et Steve Bouyer
- Décors : Jérémie Duchier
- Costumes : Marité Coutard
- Photographie : Noé Bach
- Son : Valérie Le Docte et Laura Chelfi
- Montage : Gabrielle Stemmer
- Production : Gaétane Rieusset
- Société de production : Fair Play Productions
- Société de distribution : Ad Vitam Distribution
- Pays de production :
France
- Jean Chevalier : Nino Granelli
- François Cluzet : Lionel Perrin
- Karin Viard : Anne Chalamont
- Alex Lutz : Patrick Schuffenecker
- Julien de Saint Jean : Lionel Perrin, jeune
- Sawsan Abès : Malka Lopez
- Marc Zinga : Pikel
- Olivier Broche : Charles Daumage
- Vincent Grass : Ravelstein
- Benoît Strulus : PHB
- Francis Leplay : Guy
- Émilie Gavois-Kahn : Francine Bonenfant
- Guilaine Londez : Nathalie Robinet
- Saadia Bentaïeb : Marie Aimée Llamas
- Frédérique Cantrel : Gloire

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