Pages

lundi 19 janvier 2026

14.40 - MON AVIS SUR LE FILM THE CONVERT AUX CONFINS DU MONDE DE LEE TAMAHORI (2023)


 Vu le Film The  Convert aux Confins du Monde de Lee Tamahori (2023) avec Guy Pearce Te Kohe Tierore Ngatai Melbourne Antonio Te Maioha Jacqueline McKenzie Lawrence Makaore Dean O’Gorman 

1830. Thomas Munro, un ministre laïc britanniquearrive en Nouvelle-Zélande. L'île est alors en plein affrontements entre deux tribus maories. Munro intervient en faveur de Rangimai, la jeune fille de Maianui, le rangatira de l'une des tribus. Le Britannique s'interpose afin de la sauver des guerriers d'Akatarewa, le chef de l'autre tribu. Il échange son cheval avec Akatarewa contre sa vie. Conduit à Epworth, une colonie britannique où il doit exercer un ministère, Munro devient le précepteur de Rangimai en matière de christianisme. 

The Convert : Aux confins du monde est de ces films qui arrivent discrètement, presque honteusement, directement en VOD, sans passage par les salles françaises. Et c’est franchement incompréhensible. Lee Tamahori, ce n’est pas n’importe qui, et Guy Pearce encore moins. Rien que ces deux noms auraient mérité une sortie cinéma digne de ce nom. Mais le film semble avoir été abandonné aux confins de la distribution, à l’image de son récit. 

L’histoire se déroule en Nouvelle-Zélande au XIXᵉ siècle, au moment où l’impérialisme britannique étend son ombre morale et militaire sur des terres qui ne lui appartiennent pas. Pearce incarne un ancien soldat devenu prédicateur, hanté par son passé, cherchant la rédemption dans une foi fragile, confronté à la violence coloniale et aux tensions entre colons anglais et populations autochtones maories. Un homme en équilibre précaire entre culpabilité, foi et instinct de survie. 

Lee Tamahori filme cette époque comme un western inversé, où les « civilisés » sont souvent les plus barbares. Les paysages sont magnifiques, vastes, presque sacrés, mais encerclés par des habitudes de colons ignobles et incompréhensibles. Comme dans La Forêt d’Émeraude de John Boorman, la nature devient un témoin muet d’une brutalité humaine sans limite. Ici, comme aux États-Unis avec les Indiens, ce sont les Maoris qui paient le prix fort de la conquête, réduits à des obstacles à éliminer. 

Guy Pearce est, comme d’habitude, formidable. Habité, fatigué, intense, il porte le film sur ses épaules sans jamais forcer. À quand un Oscar pour cet acteur caméléon, toujours juste, toujours sous-estimé ? Autour de lui, les seconds rôles sont solides, incarnant avec conviction la violence, le fanatisme ou la résignation. Aucun personnage n’est totalement propre, et c’est là l’une des forces du film. 

La photographie est splendide. Chaque plan semble composé comme un tableau, entre lumière crue, ciels immenses et paysages indomptés. La mise en scène est classique mais élégante, sans effets inutiles, privilégiant l’immersion et le silence. Le scénario, lui, prend son temps, parfois trop. Le rythme est inégal, et les deux heures de film se font sentir. Il y a des moments où l’on admire plus qu’on ne ressent. 

Comme on dit : c’est beau, mais c’est loin. L’émotion arrive par vagues, parfois puissantes, parfois diluées. Le film souffre d’un léger manque de nerf, d’une tension qui peine à se maintenir sur la durée. Mais malgré cela, The Convert reste un film important, politique, honnête, qui regarde l’histoire coloniale en face sans chercher d’excuses. 

Un beau film, imparfait, exigeant, qui méritait mieux qu’une sortie discrète. Un film qui laisse une trace, même si elle est parfois diffuse. Et rien que pour Pearce et ces paysages, le voyage vaut le détour.

NOTE : 14.40

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Lee Tamahori
  • Scénario : Shane Danielsen et Lee Tamahori, d'après une histoire de Michael Bennett et d'après le roman Wulf de Hamish Clayton
  • Musique : Matteo Zingales (en)
  • Direction artistique : Liz Thompson-Nevitt
  • Décors : Nick Williams
  • Costumes : Liz McGregor
  • Photographie : Gin Loane
  • Montage : Luke Haigh
  • Production : Troy Lum, Andrew Mason, Robin Scholes, Te Kohe Tuhaka
Producteurs délégués : David Garrett, Maria Logan, Dave Mepham et Anne Sheehan

  • Sociétés de production : Jump Film & Television et Brouhaha Entertainment ; avec la participation de MBK Productions, New Zealand Film Commission et du New Zealand Premium Production Fund
  • Société de distribution : Kismet Movies (Australie, Nouvelle-Zélande), Vertigo Releasing (Royaume-Uni), Condor Entertainment (France)

DISTRIBUTION

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire