Pages

lundi 12 janvier 2026

13. 20 - MON AVIS SUR LE FILM FLIC OU VOYOU DE GEORGES LAUTNER (1979)


  Vu le film Flic ou Voyou de Georges Lautner (1979) avec Jean Paul Belmondo Georges Geret Marie Laforêt Michel Galabru Jean François Balmer Charles Gérard Claude Brosset Julie Jezequel Michel Beaune Tony Kendall Catherine Lachens Venantino Venantini Philippe Castelli Michel Peyrelon Henri Attal 

À Nice, une guerre des gangs entre deux truands locaux, Achille Volfoni dit « le Corse » et Théodore Musard dit « l'Auvergnat », fait rage dans la ville. La police ne peut l'arrêter en raison de la complicité de certains représentants de l'ordre avec les deux caïds. Parallèlement, le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz, de la « police des polices », usant de méthodes particulièrement expéditives pour contrer les ripoux, est envoyé de Paris avec l'accord du commissaire niçois Grimaud afin de « nettoyer » la ville de Nice de ses truands et de la corruption policière, tout en enquêtant sur le meurtre du commissaire Bertrand, policier notoirement ripou, assassiné dans une chambre d'hôtel, alors qu'il s'y trouvait en compagnie d'une prostituée, également tuée. Afin de mener au mieux son enquête, il se fait passer pour le frère de la prostituée, un petit malfrat d'origine calabraise du nom d'Antonio Cerruti. Au cours de son enquête, il découvre que deux policiers, Rey et Massard, également impliqués dans les meurtres, sont de mèche avec le Corse. 

Flic ou Voyou est un classique du cinéma populaire français de la fin des années 70, un film emblématique de cette période bénie où le polar savait être musclé sans se prendre au sérieux. Un cinéma “Tactac badaboum”, comme on n’en fait plus, où l’action, l’humour et le charisme faisaient loi. 

Au centre de tout : Jean-Paul Belmondo. Plus qu’un acteur, une signature. Il incarne le commissaire Borowitz avec ce mélange inimitable de désinvolture, de virilité souriante et d’insolence joyeuse. Un flic qui n’obéit qu’à ses propres règles, mais avec panache. Et bien sûr, comme toujours, Bebel fait ses cascades lui-même. Pas pour frimer, mais parce que c’est lui. Et ça se voit à l’écran : le film respire l’énergie physique. 

Georges Lautner connaît parfaitement sa partition. Il ne cherche pas le réalisme cru, mais l’efficacité, le rythme, l’impact. Chaque scène est pensée comme un numéro, un gag, ou une montée d’adrénaline. Le scénario avance droit au but, sans gras, sans psychologie inutile. Ici, on agit avant de réfléchir. 

Les dialogues de Michel Audiard sont un régal. Ça claque, ça fuse, ça balance des répliques comme des uppercuts. Même les scènes les plus anodines gagnent en saveur grâce à cette langue populaire, vacharde, parfois poétique, toujours percutante. 

Le duo Belmondo / Michel Galabru fonctionne à merveille. Galabru, en chef divisionnaire plus posé, plus rigide, sert de contrepoint idéal au feu d’artifice Bebel. Leur confrontation permanente est source de scènes savoureuses, entre autorité contrariée et admiration à peine dissimulée. 

Mention spéciale à Georges Géret et à sa scène devenue culte dans la cabine téléphonique. Nu comme un ver, humilié mais mémorable. Un moment d’absurde total, typique du Lautner de cette époque, où l’humour frôle le cartoon sans jamais perdre le public. 

Évidemment, certains coups partent à côté, les bagarres sont parfois très chorégraphiées, et le réalisme n’est pas la priorité. Mais peu importe. Ces “défauts” font aujourd’hui partie du charme, témoins d’un cinéma artisanal, généreux et frontal. 

Flic ou Voyou est un film sans prétention, mais pas sans talent. Un pur divertissement, efficace, rythmé, porté par un monstre de charisme. Du Belmondo pur jus, du Lautner bien huilé, de l’Audiard bien affûté. 

Un film qui ne demande qu’une chose : qu’on s’installe, qu’on se détende, et qu’on profite. 
Parce qu’à l’époque, le cinéma populaire savait encore taper fort… et faire sourire en même temps. 🎬💥 

NOTE : 13.20

FICHE TECHNIQUE 


  • Titre : Flic ou Voyou
  • Réalisation : Georges Lautner
  • Stagiaire : Dominique Brunner
  • Scénario : Jean Herman, d'après le roman L'Inspecteur de la mer, de Michel Grisolia
  • Directeur de la photographie : Henri Decaë
  • Décors : Tony Roman
  • Costumes : Paulette BreilMarie-Françoise Perochon et Andrée Ramoin
  • Montage : Michelle David
  • Son : Alain Sempé
  • Musique : Philippe Sarde
  • Coordinateur des cascades : Claude Carliez
  • Coordinateur des cascades automobiles : Rémy Julienne
  • Effets spéciaux : Jean-Louis Trinquer
  • Générique et trucages : Georges Pansu (Eurocitel)
  • Bruitages : Jean-Pierre Lelong
  • Producteur délégué : Alain Poiré

  • DISTRIBUTION

  • Jean-Paul Belmondo : le commissaire divisionnaire Stanislas Borowitz, alias Antonio Cerutti
  • Marie Laforêt : Edmonde Puget-Rostand
  • Georges Géret : Théodore Musard, dit « L'Auvergnat »
  • Claude Brosset : Achille Volfoni, dit « Le Corse »
  • Michel Galabru : le commissaire Grimaud
  • Jean-François Balmer : l'inspecteur Georges Massard
  • Tony Kendall (doublé par Gérard Hernandez) : l'inspecteur Rey
  • Michel Beaune : Marcel Langlois
  • Catherine Lachens : Simone Langlois
  • Venantino Venantini : Mario
  • Michel Peyrelon : Camille
  • Juliette Mills : Mme Bertrand
  • Julie Jézéquel : Charlotte, la fille de Borowitz
  • Charles Gérard : Cazauban
  • Philippe Castelli : l'inspecteur du permis de conduire
  • Marc Lamole : le substitut du procureur
  • Nicolas Vogel : Marcel Gaston
  • Mireille Orsini : Mme Cerutti
  • Valérie Kirkorian : Rita Cerutti
  • Patrick Rocca : le directeur du casino
  • Bernard Fontaine : le fourgue
  • José Gonel : « tonton Michel », le vieux monsieur au lapin en peluche
  • Michèle Jacquetty : la fille du camping
  • Henri Attal : le chef de transmission
  • Louis-Joachim Candela : le voyou n°1
  • Henri Dugène : le voyou n°2
  • René Tramoni : le voyou n°3
  • Antoine Mazelli : le décorateur
  • Roberty : le commerçant
  • Jacques Lejeune : Louis
  • Jean Marsiglia : le chauffeur de taxi
  • Maïté Masson : la prostituée du motel
  • Georgia Bailet : Geneviève
  • Brigitte Bywalski : l'hôtesse de l'air
  • Ceb : Ceb, le boutiquier
  • Maurice Auzel (non crédité) : un flic
  • Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire