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lundi 5 janvier 2026

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM IL ETAIT UNE FOIS UN FLIC DE GEORGES LAUTNER (1971)


 Vu le film Il Etait une Fois un Flic de Georges Lautner (1971) avec Mireille Darc Michel Constantin HervéHillien Michel Lonsdale Phyllis Major Alain Delon Robert Castel Henri Guybet Daniel Ivernel Robert Dalban Henri Cogan 

À Nice, Maurice Lopez, homme de confiance du puissant narcotrafiquant Pascal Manoni, est abattu. La police découvre que Maurice s'apprêtait à inviter son frère Louis à s'installer dans la ville avec sa famille. Pour infiltrer l'organisation de Pascal Manoni et coincer le narcotrafiquant, le commissaire Campana décide de se faire passer pour Louis. 

Il était une fois un flic fait partie de ces films qu’on assume mal en société mais qu’on défendra bec et ongles une fois la porte fermée. Une de mes petites hontes de cinéphile ? Peut-être. Mais surtout un immense plaisir intact, nourri par des souvenirs de jeunesse, quand à 15 ans je préférais déjà l’odeur des salles obscures aux bancs de l’école. Quatorze visions en quelques jours au Saint-Lazare Pasquier, ça marque une vie. 

L’histoire est pourtant classique sur le papier : Maurice Lopez, trafiquant de drogue, est abattu. Une lettre retrouvée mène à son frère Louis, installé à Tunis. Le commissaire Campana, brigade des stups, endosse l’identité du frère pour infiltrer le réseau sur la Côte d’Azur. Mais Lautner et Veber transforment ce polar d’infiltration en une comédie policière d’une redoutable efficacité. 

La mission se complique quand Campana doit composer avec une fausse épouse (magnifique Mireille Darc) et un gamin de 9 ans au culot ravageur. Sans oublier les collègues de la criminelle, non informés de la supercherie, qui lui mettent des bâtons dans les roues à chaque détour. Le chaos organisé devient moteur comique. 

Le scénario, signé Francis Veber à partir d’une histoire initialement intitulée La Couverture, est un modèle d’équilibre entre intrigue policière et mécanique du gag. Rien n’est gratuit, tout s’enchaîne avec une fluidité remarquable. On sent déjà le futur orfèvre du Dîner de cons à l’œuvre. 

Michel Constantin est impérial. Brut, crédible, drôle sans jamais forcer. Son Campana a de la gueule, du vécu, et ce mélange de dureté et de bonhomie qui fait les grands flics de cinéma. Face à lui, Mireille Darc est parfaite, fine, moderne, jamais cantonnée au rôle de faire-valoir. 

Le duo Constantin/Darc fonctionne à merveille, porté par la complicité irrésistible du jeune Hervé Hillien, petit gouailleur qui vole souvent la scène. Quand on sait qu’il fera Harvard avant d’aider Veber sur Le Dîner de cons, on se dit que le talent, ça se repère tôt. 

La mise en scène de Lautner est d’une efficacité redoutable. Il sait filmer les corps, les regards, les silences, et surtout les seconds rôles, véritable caverne d’Ali Baba : LonsdaleVenantiniGuybet, Moreau, IvernelDalban, Castel… Les habitués de Lautner, tous à leur place, tous savoureux. 

Mention spéciale à Phyllis Major (Marianna Hallifax), beauté tragique, maîtresse de Lopez, dont le destin réel ajoute une mélancolie troublante au film. Sa scène d’assassinat, portée par les chansons de Nanette Workman, est l’un des moments les plus marquants. 

Et puis il y a ces petits plaisirs de cinéphile : l’apparition furtive d’Alain Delon, le clin d’œil à Billancourt en référence à Michel Constantin, les dialogues qui claquent, les situations absurdes mais jamais idiotes. 

Tourné en 1968 mais sorti trois ans plus tard pour des raisons de production, Il était une fois un flic n’a rien perdu de son efficacité. C’est une comédie policière parfaite, drôle, rythmée, intelligemment écrite, et portée par une troupe exceptionnelle. 

Un film que je revois encore aujourd’hui avec le même plaisir. Comme une madeleine de cinéma. Et tant pis pour la honte : certaines fidélités valent toutes les absences en classe 

Pour un ami Niçois , tout le film se passe à Nice 

NOTE ; 15.20

FICHE TECHNIQUE


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