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lundi 5 janvier 2026

16.20 - MON AVIS SUR LE FILM LES TONTONS FLINGUEURS DE GEORGES LAUTNER (1963)


 Vu le Film Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner (1963) avec Lino Ventura Bernard Blier Jean Lefebvre Francis Blanche Horst Frank Venantino Venantini Jacques Dumesnil Robert Dalban Claude Rich Sabin Sinjen Mac Ronay Paul Meurisse Henri Cogan Georges Nojaroff Paul Mercey Beatrice Delfe 

Le personnage récurrent de la trilogie littéraire d'Albert Simonin, « Max le Menteur » devient, dans le scénario, Fernand Naudin, un ex-truand, relégué depuis près de quinze ans à Montauban pour de sombres histoires de démélés avec la police de la région parisienne, et reconverti dans le négoce de matériel agricole et de terrassement. Le film s'ouvre sur son départ en pleine nuit pour Paris et donne tout de suite le ton : une parodie des films noirs américains, où l'humour sculpte l'ensemble des dialogues. 

Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner, c’est ce genre de film qu’on croit connaître par cœur avant même de l’avoir revu… et qui, pourtant, continue de faire mouche à chaque passage télé ou soirée DVD. Un classique populaire, oui, mais surtout un monument de dialogues, un feu d’artifice verbal signé Michel Audiard, où chaque phrase pourrait être encadrée, tatouée ou gravée sur une bouteille de gnôle maison. 

L’histoire est simple, presque un prétexte : Fernand Naudin (Lino Ventura), ancien truand rangé des voitures, se retrouve propulsé tuteur d’une jeune fille, Patricia, et héritier d’un business louche à la mort d’un vieux copain. Évidemment, le milieu ne l’entend pas de cette oreille, et les “tontons” débarquent, flingues sous le manteau et réparties assassines en bandoulière. Mais on s’en fout presque de l’intrigue, tant le plaisir est ailleurs. 

Car ici, le vrai moteur du film, ce sont les dialogues. Audiard aligne les punchlines comme d’autres alignent les balles, avec silencieux certes, mais aucun bruit inutile : ça claque, ça fuse, ça déglingue. De la pomme, de la betterave, du brutal, du poétique, du nonsense génial. “Mais moi, les dingues qui écrivent des trucs comme ça, je les soigne.” Et heureusement qu’on ne l’a pas fait. 

La mise en scène de Lautner, souvent sous-estimée, est d’une efficacité redoutable. Il sait exactement quand laisser parler les acteurs, quand poser sa caméra et surtout quand ne pas en faire trop. Le rythme est dingue, sans gras, sans temps mort. Chaque scène est une mécanique bien huilée au service du texte et des comédiens. 

Et quels comédiens. Ventura, qui ne se voyait pas en comédie, livre l’un de ses rôles les plus mythiques, avec ce sérieux imperturbable qui rend chaque absurdité encore plus drôle. Bernard Blier en mafieux alcoolisé qui se prend des bourres pifs est une bénédiction. Francis Blanche et Jean Lefebvre défouraillent verbalement à tout va. Robert DalbanClaude Rich, chacun apporte sa pierre à cet édifice absurde et génial. 

Ce qui est savoureux, c’est de savoir que le film fut compliqué à monter : Gaumont n’en voulait pas, Ventura doutait, Lautner et Veber n’étaient pas en lune de miel. Comme quoi, ce sont souvent les films faits dans la douleur qui deviennent éternels. 

“C’est curieux, chez les critiqueurs comme moi, ce besoin de faire des phrases !” Et pourtant, impossible de résister. Les Tontons Flingueurs, c’est plus qu’un film : c’est un patrimoine oral, un recueil de citations vivantes, un plaisir intact. “Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.” Et moi le premier. Les tontons resteront éternels. On les reverra encore. Et encore. Et encore. 

Les Tontons reste éternel et on le reverra encore et encore. 

NOTE ; 16.20

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