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jeudi 1 janvier 2026

7.10 - MON AVIS SUR LE FILM DRONE DE SIMON BOUISSON (2025)

 


Avis sur le Film Drône de Simon Bouisson (2025) avec Marion Barbeau Cedric Kahn Eugénie Derouand Stefan Crepon Bilel Chegrani Alysson Paradis Anne Loiret 

Émilie commence à Paris une formation prestigieuse d’architecture. Pour payer ses études, elle travaille comme cam-girl la nuit. Elle n’a confié ce secret à personne mais un soir, un drone vient se poster devant la baie vitrée de son appartement et l'observe. 

Les jours suivants dès qu'elle est seule, il apparaît et la suit. Intriguée, Émilie se demande qui se cache derrière cette machine avec qui elle noue une relation étrange. Mais quand Émilie tente d'échapper à son emprise, le piège se referme sur elle. 

Pour son premier long métrage, Simon Bouisson choisit d’attaquer d’emblée un genre difficile : le fantastique, mâtiné de techno-thriller contemporain. Ambition louable, surtout quand on débute. Mais l’ambition ne suffit pas toujours à faire décoller un film, surtout quand le drone reste cloué au sol scénaristique. 

Le film suit un dispositif intrigant : un regard surplombant, intrusif, presque malsain, qui observe, surveille et dérange. À travers ce drone omniprésent, Bouisson tente d’aborder des thèmes lourds : voyeurisme, machisme, domination du regard masculin, obsession du contrôle. Des sujets « anti-hommes » diront certains, abordés ici soit par conviction sincère, soit pour faire genre — difficile de trancher. 

À cela s’ajoute une couche d’intelligence artificielle, histoire d’être bien dans l’air du temps. Beaucoup d’A.I., même. Peut-être trop. Le film empile les intentions sans jamais réellement les structurer. Car avec toutes ces bonnes résolutions, encore faut-il un scénario au minimum convaincant. Et c’est précisément là que Drône décroche. 

Si les idées sont bien présentes, elles semblent rarement abouties. Le récit part dans plusieurs directions, souvent improbables, au point de rendre l’intrigue confuse, parfois même difficile à suivre. Le fantastique peine à trouver sa cohérence interne, et la tension, pourtant essentielle au genre, retombe régulièrement. 

La mise en scène, notamment lors des séquences utilisant le drone, manque d’authenticité et de nervosité. On attend un vertige, une menace, un malaise ; on se retrouve avec des images propres mais sages, presque scolaires. Le regard censé déranger finit par rester extérieur, trop contrôlé, jamais vraiment inquiétant. 

Côté interprétation, le constat est tout aussi mitigé. Marion Barbeau, formidable danseuse, ne parvient malheureusement pas à se déployer dans son jeu. Elle manque de profondeur, de variations émotionnelles, d’épaisseur dramatique. Le personnage reste figé, comme enfermé dans une seule note. N’est pas acteur qui veut, et le film ne lui offre ni l’espace ni l’écriture nécessaires pour dépasser ce constat. 

Les personnages secondaires ne sont guère mieux lotis, réduits à des fonctions ou des symboles, sans véritable chair ni complexité. Là encore, le scénario ne leur rend pas service. 

Drône n’est pas un film dénué d’intérêt : son sujet est original, ses intentions claires, et son désir de questionner notre rapport au regard et à la technologie est réel. Mais à force de vouloir tout dire, le film finit par ne jamais vraiment raconter. Un premier essai prometteur sur le papier, mais trop dispersé à l’écran pour convaincre pleinement. 

Un drone qui observe beaucoup, mais qui manque encore de hauteur de vue. 

 NOTE : 7.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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