Vu le Film Ne Nous Fachons pas de Georges Lautner (1966) avec Lino Ventura, Jean Lefebvre, Michel Constantin, Tommy Dugan et Mireille Darc Marcel Bernier André Pousse Robert Dalban Serge Sauvion France Rumilly Jean Panisse
C'est l'histoire d'un boulet, comme on ne fait pas, il s'appelle Léonard Michalon et il collectionne les emmerdes comme on collectionne les timbres, et de plus 9 fois sur 10, c'est lui qui les déclenche, mais on va être magnanime il a la plus femme du monde Eglantine (Darc).
De l'autre côté Antoine Beretto qui s'est rangé des affaires avec sa petite entreprise honnête pour une fois, va croiser le chemin de plus des emmerdeurs qui existent sur la côte d’Azur ;
A Force de baffes en rafales, Beretto va aider contre son gré Michalon, affronter un british entourés de petits mignons et déclencher l'enfer dans ce joli coin de France.
Il y a des films faits pour penser, d’autres pour admirer, et puis il y a ceux qui détendent la glotte et le slip. Ne nous fâchons pas appartient fièrement à cette dernière catégorie, et c’est déjà énorme.
À sa sortie, la critique dite « sérieuse » l’a sans doute rangé au rayon des navets, parce qu’à l’époque, le cinéma de distraction, c’était suspect. Aujourd’hui, avec un peu de recul et beaucoup de bon sens, on se rend compte que ce film est surtout une machine à rigoler, bien huilée, bien castée, et totalement décomplexée.
Le scénario est complètement barge, et tant mieux. Un ancien truand rangé des baffes, joué par un Lino Ventura en grande forme, qui n’a même pas besoin d’élever la voix pour imposer le respect : il distribue les bourre-pifs comme d’autres signent des autographes. En face, Jean Lefebvre, dans ce qui est sans doute son meilleur rôle, prend une quantité industrielle de baffes. Des baffes qui claquent, qui résonnent, et qui doivent faire mal, surtout quand on sait que Ventura était un ancien catcheur. Là, ce n’est plus du cinéma, c’est presque du documentaire sur la douleur.
Mais le vrai carburant du film, ce sont évidemment les dialogues de Michel Audiard. Ça fuse, ça cogne, ça balance des punchlines toutes les trente secondes. On ne cherche pas la profondeur métaphysique : on cherche la réplique qui tue, et on la trouve à chaque scène. Audiard écrit comme d’autres boxent : avec précision, ironie et un plaisir communicatif.
La mise en scène de Georges Lautner est efficace, sans fioritures, au service du rythme et des acteurs. Il sait exactement quoi filmer, quand laisser parler une réplique, quand laisser partir une gifle. Pas d’esbroufe inutile, juste du cinéma populaire assumé, bien emballé, bien monté.
Et puis il y a Mireille Darc. S’il fallait encore une raison d’aimer le film, la voilà. Élégante, lumineuse, parfaite dans ce cinéma-là, où le charme compte autant que les coups de poing.
Le public, lui, ne s’y est pas trompé : près de 1,8 million de spectateurs. Comme quoi, de temps en temps, quand une comédie est bien faite, on se marre. On ne demande pas Citizen Kane, on demande du Audiard à la sauce Lautner, et c’est exactement ce qu’on nous sert.
Ne nous fâchons pas, c’est du cinéma qui ne prétend pas changer le monde, mais qui remplit toutes les cases pour passer une excellente soirée. Ça cogne, ça parle fort, ça balance des répliques cultes, et ça laisse le cerveau se reposer sans culpabilité.
Il y a des films qui font réfléchir, qui mettent en extase… et il y a ceux qui nous détendent le slip.
Celui-ci en fait partie.
Et franchement, c’est jubilatoire.
NOTE : 12.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Georges Lautner
- Scénario : Michel Audiard, Marcel Jullian, Georges Lautner et Jean Marsan
- Dialogue : Michel Audiard
- Production : Alain Poiré
- Société de production : Gaumont International
- Société de distribution : Gaumont Distribution
- Musique : Bernard Gérard, aux éditions Hortensia
- Images : Maurice Fellous
- Opérateur : Yves Rodallec et Alain Boisnard, pour la seconde équipe
- Montage : Michelle David, assistée de Gina Pignier
- Décors : Jean Mandaroux, assisté de René Calvierra
- Son : Louis Hochet
- Perchman : Georges Vaglio
- Script-girl : Annie Maurel
- Effets spéciaux de : Gil Delamare
- Photographe de plateau : Gilles Bandoin
- Directeur de production : Roger Debelmas, Robert Sussfeld
- Assistant réalisateur : Claude Vital, Paul Nuyttens, Robin Davis, Jacques Ristori
- Régisseur général : Armand Tabuteau
- Régisseur : René Brun
- Administrateur de production : Guy Azzi
- Ensemblier : André Labussière
- Maquillage : René Daudin et Micheline Chaperon
- Le « Super Homard » a été tourné à l'Akou-Akou-Club à Valbonne
- Avec le concours d'un groupe de majorettes de Nice
- Bijoux de René Llonguet
- Les « mods » sont habillés par Renoma
- Tournage dans les studios de la Victorine à Nice et sur l'aéroport de Nice-Côte d'Azur
- Lino Ventura : Antoine Beretto
- Jean Lefebvre : Léonard Michalon
- Michel Constantin : Jeff, le patron du « Homard Américain »
- Mireille Darc : Églantine Michalon
- Tommy Duggan : le colonel McLean
- Marcel Bernier : Marcel, l'employé de Jeff
- Thierry Thibaud : Shark
- André Pousse : un truand en fuite
- Mick Besson : un truand en fuite
- Robert Dalban : l'embaumeur
- Sylvia Sorrente : Vicky, l'amie d'Antoine
- Serge Sauvion : le commissaire
- France Rumilly : Gisèle, la comptable
- Jean Panisse : le ferrailleur (non crédité)
- Jacques Zabor
- Les majorettes de Nice : elles-mêmes
- Christian Barbier : un des policiers au tout début du film (non crédité)
- Philippe Castelli : le narrateur de la bande-annonce

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