Vu le Film Chien 51 de Cedric Jimenez (2025) avec Adèle Exachorpoulos Gilles Lellouche Thomas Bangalter (Daft Punk) Jeanne Herry Feodor Atkine Cyril Lecomte
En 2045, Paris est divisée en zones correspondant aux classes sociales : la zone 1 (qui équivaut à Paris Centre) est réservée à l'élite, la zone 2 (le reste de Paris) abrite les classes plutôt aisées tandis que la zone 3 (limites non précisées mais hors de Paris) héberge les plus pauvres. La population est surveillée par une intelligence artificielle nommée Alma, qui assiste les forces de l'ordre dans leurs enquêtes.
Chien 51 est de ces films qui divisent. Et autant être honnête d’entrée : je ne suis clairement pas du bon côté de la fracture. Je n’aime pas le cinéma de Cédric Jimenez et, de BAC Nord à Chien 51, j’ai l’impression de revoir le même film, repeint en plus sombre, plus futuriste, mais animé par les mêmes réflexes.
Jimenez aime utiliser les guerres sociales comme carburant narratif, mais au lieu de les creuser, il les transforme en cinéma d’action frontal, parfois si appuyé qu’il flirte avec le nanar. Je suis sévère, sans doute, mais je n’entre jamais dans son univers : il me glisse dessus comme une balle en caoutchouc.
Adapté du roman de Laurent Gaudé, le film évoque très vite Banlieue 13 : des riches protégés, des pauvres enfermés, des zones, des murs, et une vision binaire du monde. Chacun pourra y projeter ses angoisses — anarchie, fascisme, complot — chacun y trouvera son compte, sauf moi.
On nous parle de science-fiction, mais Chien 51 relève davantage de l’anticipation minimaliste. 2045, une IA low cost, deux drones et quelques écrans suffisent à nous vendre le futur. Si c’est ça demain, franchement, on peut rester en 2024 sans regrets.
La mise en scène est propre, maîtrisée, mais terriblement froide. Ce Paris futuriste ressemble plus à un décor de studio qu’à une ville vivante. On peine à croire à ce monde, à ses règles, à ses habitants. Tout sonne faux, même le réalisme social revendiqué.
Côté acteurs, le constat est sévère. Gilles Lellouche est raide comme un arbre, donnant l’impression de vouloir plus réaliser que jouer (ah ah). Louis Garrel livre une sans relief, comme s’il jouait un concept plus qu’un personnage en nous faisant même une Cotillard. Quand à Artus on va rester poli. Romain Duris est réduit à une caricature de facho, sans nuance, sans chair, sans surprise. Quant à Adèle, le sentiment dominant reste le regret : dommage de faire de si mauvais choix.
Le scénario, pourtant, semblait bien parti. Puis soudain, il se délite. Ellipses brutales, arcs abandonnés, narration hachée : on dirait qu’il y a eu des coupes drastiques, au montage ou en amont. Résultat : le film perd toute incarnation émotionnelle.
Quelques poursuites nerveuses et une bonne bande originale ne suffisent pas à faire un grand film. Chien 51 est techniquement propre, mais vide de souffle. Même le détail fait sourire : Zem, flic pauvre, vit tout de même dans un 60 m² avec vue sur Montmartre… mdr.
Jimenez avait un vrai matériau entre les mains avec le roman de Gaudé. Le potentiel était là. Encore aurait-il fallu le lire, le comprendre, et surtout le respecter.
NOTE : 7.50
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Cédric Jimenez
- Scénario : Olivier Demangel[ et Cédric Jimenez, d’après le roman Chien 51 de Laurent Gaudé[]
- Musique : Guillaume Roussel[]
- Décors : Jean-Philippe Moreaux
- Costumes : Stéphanie Watrigant
- Photographie : Laurent Tangy
- Son : Gurwal Coïc-Gallas et Cédric Deloche
- Montage : Stan Collet et Laure Gardette
- Production : Hugo Sélignac[7]
- Coproduction : Cédric Jimenez
- Production associée : Nicolas Dumont et Antoine Lafon
- Sociétés de production : Chi-Fou-Mi Productions[7], en coproduction avec France 2 Cinéma, Jim Films, Studiocanal, ainsi qu'Artémis Productions et Shelter Prod[6], en association avec Entourage SOFICA
- Société de distribution : Kinepolis Film Distribution (Belgique) et Studiocanal (France), Pathé Films AG (Suisse romande), VVS Films (Québec)
- Pays de production :
Belgique,
France
- Gilles Lellouche : Zem Brecht, policier de la zone 3
- Adèle Exarchopoulos : Salia Malberg, inspectrice de la zone 2
- Louis Garrel : Jon Mafram, leader du groupe anarchiste Breakwalls
- Romain Duris : Théo Rimarval, le ministre de l'intérieur
- Valeria Bruni Tedeschi : Irina Mitrovna, médecin
- Artus : Malik Bouzid, commissaire de la zone 3
- Lala &ce : Charline
- Hugo Dillon : Luc
- Stéphane Bak : Cal
- Daphné Patakia : Amel, l’escort-girl
- Thomas Bangalter : Georges Kessel, créateur d'Alma
- Jeanne Herry : Lucy Monk
- Hugo Bardin : Edmundo, médecin légiste
- Cyril Lecomte : le receleur
- Agathe Mougin : Tobo
- Féodor Atkine : le pasteur
- Juliette Devilla-Defaÿ : l'adolescente
- Vivien Gottwald : Garde du corps du ministre

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