Avis sur le Film Adieu Jean Pat de Cécilia Rouaud (2025) avec Hakim Jemili Fanny Sidney Constance Labbé Nora Hamzawi Alice David Gustav Kervern Valérie Karsenti Thibault de Montalembert Tom Leeb
À 35 ans, Étienne n'a toujours pas pardonné à son "copain" Jean-Pat, qui lui a mené la vie dure pendant toute son enfance. Quand il apprend le décès de ce dernier, on ne peut pas dire qu'Etienne soit vraiment dévasté... Pourtant, il va se retrouver malgré lui à organiser l'enterrement de son pire ennemi. Une chose est sûre : Jean-Pat n'a pas fini de lui pourrir la vie.
On pensait naïvement que seuls certains réalisateurs mâles avaient le monopole des daubes en comédie. Adieu Jean-Pat vient opportunément rappeler que le talent — ou son absence — n’a pas de genre. Et côté box-office, le gadin est à la hauteur du film : mérité.
Le point de départ avait pourtant de quoi intriguer. Une situation de deuil traitée sur le mode de la comédie, des retrouvailles, des non-dits, des règlements de comptes, et cette volonté affichée de faire rire avec les petites misères humaines. Sur le papier, pourquoi pas. À l’écran, c’est une autre histoire.
Le scénario tient sur une blague Carambar… mais sans le goût, ni la chute. Tout est étiré, prévisible, faiblard. Les situations comiques tombent à plat, les dialogues peinent à exister, et le rythme est aux abonnés absents. Pas de tempo, pas de souffle, pas de mécanique comique : la comédie ne démarre jamais.
La mise en scène de Cécilia Rouaud est d’une platitude désarmante. Rien n’est pensé pour soutenir le gag, relancer une scène ou créer un minimum de dynamique. On assiste à une succession de séquences molles, filmées sans imagination, comme si le film lui-même s’ennuyait de ce qu’il raconte.
Hakim Jemili, infiniment sympathique, fait ce qu’il peut pour sauver les meubles. Il apporte une énergie naturelle, une présence attachante, mais il joue presque seul contre le film. Autour de lui, c’est la tristesse infinie. Les personnages sont mal écrits, souvent réduits à des archétypes sans relief.
Il faut pourtant saluer les autres actrices, qui se donnent beaucoup de mal et font preuve d’un vrai talent. Elles tentent d’exister, de nuancer, d’apporter de l’émotion ou du rythme là où le scénario les abandonne. Mais même la bonne volonté a ses limites.
Le résultat reste d’une médiocrité confondante, d’autant plus frustrante que l’idée de départ n’était pas inintéressante. Tout sonne faux, laborieux, parfois gênant. Si l’objectif était d’alterner sourires et rires, on alterne surtout entre malaise et consternation.
Adieu Jean-Pat n’est ni drôle, ni touchant, ni rythmé. C’est une comédie qui oublie d’être comique et un film qui passe à côté de son propre sujet. Encore de l’argent foutu en l’air, et un exemple de plus que faire rire est un art qui ne s’improvise pas.
Adieu Jean-Pat, et sans regret. µ
NOTE : 6.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Cécilia Rouaud
- Scénario : Laurent Tirard, Fabcaro et Xavier Lacaille
- Musique : Alexandre Lier, Sylvain Ohrel et Nicolas Weil
- Décors :
- Costumes : Julie Augeard
- Photographie : Pierre Dejon
- Son : Rémi Daru, Youn Le Néün et Anais Letiexhe
- Montage : Ghislain Rio
- Production : Thierry Desmichelle, Ségolène Dupont, Rémi Jimenez et Olivia Lagache
- Coproduction : Nora Chabert, Cédric Iland et Juliette Matrige
- Société de production : Les Films sur mesure et SND
- Budget : 6,6 millions d'euros
- Société de distribution : SND
- Réalisation : Cécilia Rouaud
- Scénario : Laurent Tirard, Fabcaro et Xavier Lacaille
- Musique : Alexandre Lier, Sylvain Ohrel et Nicolas Weil
- Décors :
- Costumes : Julie Augeard
- Photographie : Pierre Dejon
- Son : Rémi Daru, Youn Le Néün et Anais Letiexhe
- Montage : Ghislain Rio
- Production : Thierry Desmichelle, Ségolène Dupont, Rémi Jimenez et Olivia Lagache
- Coproduction : Nora Chabert, Cédric Iland et Juliette Matrige
- Société de production : Les Films sur mesure et SND
- Budget : 6,6 millions d'euros
- Société de distribution : SND

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire