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vendredi 9 janvier 2026

12.20 - MON AVIS SUR LE FILM LES BARBOUZES DE GEORGES LAUTNER (1964)


 Vu le Film Les Barbouzes de Georges Lautner (1964) avec Lino Ventura Bernard Blier Francis Blanche Mireille Darc Noel Roquevert Jean Rochefort (voix) Jess Hahn Charles Millot André Weber Violette Marceau Robert Dalban 

À la mort d'un célèbre trafiquant d'armes, sa veuve est assaillie par divers personnages qui veulent s'emparer de ses brevets de fabrication d'armes absolues. 

« La retraite faut la prendre jeune. Faut surtout la prendre vivant. C’est pas dans les moyens de tout le monde. » 
Rien que cette réplique dit tout : Audiard est à la manœuvre, Lautner aussi, et non, en 1964, Georges Lautner n’est absolument pas à la retraite. Au contraire, après le raz-de-marée des Tontons Flingueurs, il remet une pièce dans la machine à baffes, à flingues et à répliques qui claquent. 

Les Barbouzes, c’est le recyclage intelligent d’une équipe gagnante : Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Robert Dalban… et la cerise sur le gâteau, la délicieuse et déjà magnétique Mireille Darc, encore loin de son image d’icône glacée, mais déjà indispensable au dispositif. 

On nous promet un film d’espionnage, mais pas du tout à la manière de James Bond ou d’OSS 117 version premier degré. Ici, l’espionnage est absurde, bordélique, cynique, et surtout français. Les agents secrets ne sont pas élégants, ils sont sournois, brutaux, ridicules, cupides… bref, humains. 

La scène d’ouverture dans le train est un petit bijou de mise en scène : un espace étroit, une chorégraphie millimétrée, des assassinats qui s’enchaînent avec une nonchalance glaçante, comme on enlève la graisse après les fêtes. Lautner prouve qu’il sait filmer l’action avec une lisibilité parfaite, sans effets inutiles. 

Et non, ils ne sont pas trois barbus dans ce film. 
Ils sont une bonne dizaine de barbouzes. 
Ça flingue, ça cogne, ça tranche. 
Ça pique, ça saigne, ça distribue des torgnoles à la chaîne. 

Dans ce registre, qui de mieux que Lino Ventura, ancien catcheur, pour incarner ce bloc de pragmatisme bourru ? Ventura ne joue pas la violence : il la pratique. Une baffe chez lui, c’est une phrase complète, avec ponctuation. Et la séquence de baston finale tient presque de la WWE avant l’heure (oui, on peut rire). 

Le scénario, sous couvert d’une intrigue de succession industrielle, est surtout un terrain de jeu pour Audiard. Chaque réplique fait mouche, chaque personnage existe par sa manière de parler, de mentir, de manipuler. Même les seconds rôles ont des gueules, des voix, des intentions. 

Lautner filme tout ça sans prétention, mais avec une efficacité redoutable, laissant les acteurs respirer, les dialogues s’installer, et l’absurde prendre le dessus sur le réalisme. 

Les Barbouzes, ce n’est peut-être pas le sommet absolu du duo Lautner/Audiard, mais c’est un divertissement d’une intelligence rare, drôle, violent, insolent, parfaitement rythmé, et porté par une troupe qui joue collectif. 

Un barbu, c’est un barbu. 
Trois barbus, c’est des barbouzes. 
Et quand Lautner, Audiard et Ventura sont dans la même pièce, le cinéma français se porte très bien. 

NOTE : 12.20

FICHE TECHNIQUE

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