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jeudi 29 janvier 2026

5.20 - MON AVIS SUR LE FILM ANACONDA DE TOM GOTMICAN (2026)


 Vu le Film Anaconda de Tom Gormican (2026) avec Jack Black Thandiwe Newton Paul Rudd Steve Zahn Daniela Melchior Sleton Mello Jone Skye Ice Cube Jennifer Lopez 

En pleine crise de la quarantaine, deux amis — Doug McCallister et Ronald « Griff » Griffen — se rendent dans la forêt amazonienne pour refaire leur film de jeunesse préféré, Anaconda, avec leurs amis d'enfance Kenny et Claire. Leurs plans basculent lorsqu'un véritable anaconda géant fait irruption 

Anaconda de Tom Gormican est sans doute l’une des idées les plus absurdes de ces dernières années : transformer un petit film d’horreur opportuniste des années 90 (Anaconda, le prédateur de Luis Llosa, 1997) en comédie. Et là, une question s’impose d’emblée : quelle mouche a piqué les producteurs ? À moins que la vraie ambition n’ait été inverse — non pas faire une comédie d’horreur, mais une horreur de comédie. 

Le film original n’était certes pas un chef-d’œuvre, mais il avait au moins une vertu : la naïveté sérieuse de son époque, un premier degré assumé, une série B qui savait ce qu’elle était. Ici, le remake choisit le contre-pied total : tout est ironique, tout est méta, tout est supposé être drôle. Sauf que rien ne fonctionne. Jamais. Pas une seule fois. 

Le pseudo-burlesque est poussif, les gags tombent à plat, et la fameuse scène du pipi — censée déclencher l’hilarité — achève le spectateur dans un malaise proche de la gêne physique. On ne rit pas, on soupire. Le film ne bascule même pas dans la farce : il reste coincé dans une zone grise où l’on sent les acteurs attendre la vanne qui n’arrive jamais. 

Tout est évidemment construit pour mettre en valeur Jack Black, mais même lui semble livré à lui-même, en roue libre, recyclant des tics usés jusqu’à la corde. Paul Rudd, pourtant maître du décalage doux-amer, paraît étonnamment absent, comme s’il jouait dans un autre film. Quant à Steve Zahn, il cabotine sans filet, sans rythme, sans véritable partenaire. Le trio, sur le papier prometteur, manque cruellement d’alchimie. 

La mise en scène de Tom Gormican est plate, fonctionnelle, sans imagination visuelle. Aucun sens du timing comique, aucun regard sur le genre qu’il prétend détourner. Le serpent, censé être l’élément central, devient un prétexte numérique sans impact, ni menace, ni absurdité jubilatoire. Même le monstre semble s’ennuyer. 

Le scénario tourne en rond, s’auto-parodie sans finesse, multiplie les clins d’œil appuyés à l’original comme si cela suffisait à faire sens. Mais le film confond hommage et paresse, distance ironique et absence totale de point de vue. À force de vouloir désamorcer toute tension, il finit par tuer le peu d’intérêt qu’il aurait pu susciter. 

Anaconda version 2026 est un reboot qui se mord la queue. Il veut être malin, il est lourd. Il veut être drôle, il est pénible. Il veut jouer avec la mémoire cinéphile, il n’en comprend ni les codes ni l’affection. 

Un remake inutile d’un film déjà mineur, qui s’apprête sans difficulté à concourir dans la catégorie très disputée des FLOP 2026. Preuve supplémentaire qu’on peut rater à la fois l’horreur, la comédie… et le second degré. 

 NOTE : 5.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Tom Gormican
  • Scénario : Tom Gormican et Kevin Etten, d'après le scénario original écrit par Hans Bauer, Jim Cash et Jack Epps Jr.
  • Musique : David Fleming
  • Décors : Steven Jones-Evans
  • Costumes : Alice Babidge
  • Photographie :Nigel Bluck
  • Montage : Craig Alpert et Gregory Plotkin
  • Production : Brad Fuller, Andrew Form, Kevin Etten et Tom Gormican
Production déléguée : Samson Mucke

DISTRIBUTION


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