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jeudi 15 janvier 2026

7.10 - MON AVIS SUR LE FILM LES CROCS DU DIABLE (1977)


 Vu le Film Les Crocs du Diable de Antonio Isasi isasmendi (1977) avec Jason Miller Léa Massari Alklo Sambrell Marisa Paredes Aldo Sambrelli Yolanda Juan Antonio Bardem  

Dans un pays d'Amérique latine sous régime dictatorial, Aristides, un prisonnier politique, parvient à s'échapper de prison avec un d'autres fugitifs. Lui et un autre tentent de fuir à deux tandis que le gardien Zancho, assoiffé de sang, et son chien enragé sont sur leurs traces. L'un des fugitifs, un vieux professeur, détient des informations très importantes qui ne doivent pas tomber entre les mains des groupes d'opposition au gouvernement... 

 

Les Crocs du Diable est un pur produit du cinéma espagnol des années 70, un nanar 2.0 avant l’heure, un de ces films qui a dû faire les beaux jours de salles de quartiers enfumées, où l’on venait autant pour frissonner que pour somnoler. Et ici aussi, on s’est fait enfumer. Car les crocs du chien sont loin de mordre à pleines dents : ils volent, planent, flottent, mais mordent très peu. 

L’histoire est pourtant simple et prometteuse : un évadé en cavale, une police à ses trousses, une course-poursuite tendue qui pourrait offrir un vrai thriller sec et nerveux. Sur le papier, tout y est. À l’écran, c’est une autre affaire. Les attaques du chien manquent cruellement d’impact : quand les cous se touchent à 30 centimètres et que la bête semble plus chorégraphiée que dangereuse, la menace retombe aussitôt. 

Le doublage, quant à lui, atteint des sommets involontaires : dialogues désynchronisés avec un tel décalage qu’on dirait parfois une expérience avant-gardiste. Impossible de ne pas sourire devant ce déphasage constant qui transforme les scènes sérieuses en moments de comédie absurde. 

La mise en scène d’Isasi-Isasmendi tente de compenser par le mouvement et la tension, mais se heurte à ses propres limites techniques. On sent la volonté de faire monter la pression, mais le montage et les effets ruinent souvent l’élan. Pourtant, certaines idées visuelles laissent entrevoir ce que le film aurait pu être avec plus de moyens ou de rigueur. 

Côté acteurs, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on leur donne. Ils jouent sérieux, parfois trop, ce qui accentue encore l’effet nanar. Et puis il y a ce moment typiquement seventies : Léa Massari topless, surgissant sans raison narrative valable, sinon rappeler l’époque et remplir le cahier des charges commercial. Ça n’avance en rien l’histoire, mais ça situe immédiatement le film dans son temps. 

On comprend aisément pourquoi un film comme celui-ci a dû plaire à Tarantino : maladresses charmantes, violence approximative, tension bancale, tout y est pour nourrir une cinéphilie décalée. On aurait pu apprécier cette course-poursuite entre un évadé et la police, mais les problèmes cités plus haut m’ont gâché ce plaisir pourtant à portée de main. 

Les Crocs du Diable reste un nanar imparfait mais attachant, plus intéressant pour ce qu’il rate que pour ce qu’il réussit. Un film qui mord rarement, mais qui laisse quand même une petite trace… surtout chez les amateurs de cinéma bis et de curiosités des années 70. 

 NOTE: 7.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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