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mardi 28 octobre 2025

14.30 - MON AVIS SUR LE FILM EDEN DE RON HOWARD (2025)

 


Vu le Film Eden de Ron Howard (2025) avec Jude Law Ana de Armas Vanessa Kirby Daniel Bruhl Sydney Sweeney Jonathan Tittel Toby Wallace Ignacio Gasparenni Richard Roxburgh Paul Gleeson Félix Kammerer 


Le Dr Friedrich Ritter est un philosophe allemand, adepte de Friedrich Nietzsche et d'Arthur Schopenhauer. En 1929, rejetant les valeurs de son pays, il s'installe avec son épouse Dora Strauch sur l'île Floreana dans l'archipel des Galápagos. Il veut y trouver le sens de la vie et s'attèle à la rédaction d'un manifeste. De son côté, Dora décide de guérir sa sclérose en plaques en pratiquant la méditation. 


À croire que dès qu’Hollywood se plante au box-office, la France hérite du DTV : encore un film qui aurait pu exister en salles, et qu’on finit par découvrir sur un coin d’étagère, malgré un casting en or massif. Ron Howard, ex-Richie Cunningham et bon élève de l’école Spielberg-Zemeckis, change brusquement de cap et tente l’auteur tourmenté façon Ari Aster : un pari audacieux, mais pas totalement tenu. Eden suit une poignée de survivalistes idéalistes fuyant la civilisation pour se construire un paradis sur une île isolée – les oiseaux, la nature, la pureté, le fantasme d’une page blanche. Sauf que la page se noircit très vite : les nouveaux arrivants, les rivalités et les jalousies transforment ce rêve d’utopie en cauchemar social, jusqu’à faire basculer le récit en thriller paranoïaque. Ou plutôt : en thriller qui voudrait être paranoïaque. 


Le pitch avait tout pour devenir une grande fable sur l’humanité, brillante et dérangeante. Mais le film reste trop sage, trop lisse, trop poli. On sent le potentiel, on voit le décor, on comprend le propos, mais la fièvre n’y est pas. Heureusement, les acteurs limitent la casse : Jude Law, toujours magnétique, campe un gourou froid, habité d’une conviction qui finit par tourner au ridicule tragique. Vanessa Kirby apporte la fragilité et la fièvre intérieure qu’on aurait aimé voir infuser tout le film. Ana de Armas, en baronne vénéneuse, s’amuse clairement et vole chaque scène où elle apparaît. Daniel Brühl, lui, fait ce qu’il peut, coincé dans un personnage plus utilitaire que vivant. 


La mise en scène, elle, oscille entre belles images et inertie. Howard filme la nature, mais pas la sauvagerie ; il filme le chaos, mais sans le ressentir. On ne suffoque jamais, on n’a jamais vraiment peur, on observe à distance. Le scénario, quant à lui, ne choisit pas son camp : ni drame psychologique total, ni survival viscéral, ni thriller vraiment tendu. On devine les thèmes – lutte de pouvoir, spoliation, domination, illusions communautaires – mais on les survole. Et ce qui aurait pu être une tragédie puissante devient un constat presque plat : oui, l’homme est un loup pour l’homme. Mais ça, on le savait déjà. 


Pour un film qui s’appelle Eden, le serpent devrait mordre. Ici, il se contente de s’étirer au soleil. Résultat : une œuvre intéressante, parfois malaisante, jamais ennuyeuse, mais trop polie pour déranger, trop retenue pour marquer. On ressort en se disant : quel casting, quel sujet, et… quel rendez-vous manqué. Finalement, ce film sur une utopie qui se détruit ressemble à sa propre fabrication : beaucoup d’espoir, beaucoup de moyens, et au bout, un paradis qui n’advient jamais. 


On voulait le jardin d’Eden. On se retrouve avec un camping 4 étoiles qui explose en disputes de voisinage. 

NOTE : 14.30

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Ron Howard
  • Scénario : Noah Pink, d'après une histoire de Noah Pink et Ron Howard
  • Musique : Hans Zimmer
  • Décors : Michelle McGahey
  • Costumes : Kerry Thompson
  • Photographie : Mathias Herndl
  • Montage : Matt Villa
  • Production : Ron Howard, Brian Grazer, Karen Lunder, Stuart Ford, Bill Connor et Patrick Newall
  • Sociétés de production : Imagine Entertainment et AGC Studios
  • Société de distribution : Vertical (États-Unis) ; Prime Video (International)
  • Pays de production : Drapeau des États-Unis États-Unis

DISTRIBUTION

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