Vu le Film L’Ultime Héritier ( Home to Make a Killing) de John Patton Ford (2026) avec Glenn Powell Margaret Qualley Ed Harris Jessica Henwick Zach Woods Topher Grace James Frecheville Bill Camp Neil Williams Adrian Lukis
Mal aimé de sa propre famille, Becket Redfellow décide d'orchestrer une machination diabolique et meurtrière afin de s'approprier leur fortune.
Encore une production A24 qui veut faire chic, malin, décalé… et qui au final laisse un goût bien fade. À part un éclair isolé comme The Marty Supreme, on commence à connaître la musique : c’est propre, c’est emballé, mais ça manque cruellement de saveur.
Et là où ça devient franchement agaçant, c’est la grosse entourloupe sur le pitch. On vend le film comme une relecture de Noblesse oblige de Robert Hamer. Rien que ça. Autant dire qu’on appâte le chaland avec du lourd. Sauf qu’il faudrait peut-être, avant de jouer à ça, avoir vu l’original. Ou au moins compris pourquoi il est culte.
Parce que dans Noblesse oblige, il y avait Alec Guinness, immense, qui s’amusait à incarner pas moins de huit héritiers, tous plus savoureux les uns que les autres. Et en face, une vraie présence, Vincent Price un vrai venin, quelque chose qui marquait.
Ici ? On se retrouve avec Glen Powell, bellâtre lisse, déjà pas franchement inoubliable dans le remake de The Running Man, et qui confirme qu’il ne suffit pas d’avoir une gueule pour porter un film. Il traverse l’histoire sans jamais lui donner de relief. Pas de folie, pas d’ambiguïté, rien.
Et pourtant, la base est là. Une intrigue d’héritage, des obstacles humains à éliminer, une mécanique qui devrait être jubilatoire. Mais tout sonne faux. Le scénario suit vaguement les traces sans jamais retrouver l’élégance ni le mordant. Là où l’original jouait sur l’ironie et le raffinement, ici on a une version édulcorée, presque paresseuse.
La mise en scène est du même tonneau : plate. Mais vraiment plate. On est plus proche d’une télénovela un peu chic que d’un vrai film de cinéma. Aucun souffle, aucune invention, aucun regard. Ça s’enchaîne, ça s’aligne, et ça s’oublie aussitôt.
Et au milieu de ça, les pauvres Margaret Qualley et Jessica Henwick. Reléguées au rang de potiches de luxe, là pour faire joli autour du héros. C’est d’autant plus frustrant qu’elles ont toutes les deux de quoi exister à l’écran, mais ici, rien. On les utilise, puis on les oublie.
Le film donne constamment l’impression de cocher des cases sans jamais comprendre ce qu’il fait. Il reprend des éléments, des situations, une structure… mais il oublie l’essentiel : le ton. L’humour. Le panache.
Parce que Noblesse oblige, c’était une mécanique brillante portée par une vraie cruauté élégante. Ici, aucune classe. Aucun peps. Et surtout, aucun humour digne de ce nom. On attend le sourire, il ne vient jamais.
On a beau chercher, tout semble artificiel. Les personnages, les enjeux, les relations. Comme si le film n’y croyait jamais lui-même. Et forcément, nous non plus.
Quand on fait un remake – ou même quand on s’en inspire fortement – il faudrait peut-être commencer par regarder l’original. Pas pour copier, mais pour comprendre. Ici, on a juste l’emballage sans le contenu.
Seul plaisir est de voir Ed Harris mais dans un rôle sans relief
L’Ultime Héritier coche toutes les mauvaises cases : casting mal exploité, mise en scène inexistante, scénario sans mordant.
Remake inutile.
NOTE : 6.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation et scénario : John Patton Ford
- Musique : Emile Mosseri
- Direction artistique : N/A
- Décors : Christian Huband
- Costumes : Jo Katsaras
- Montage : Harrison Atkins
- Photographie : Todd Banhazl
- Production : Graham Broadbent, Peter Czernin et Adam Friedlander
- Production exécutive : Joe Naftalin
- Sociétés de production : Blueprint Pictures et Studiocanal
- Sociétés de distribution : A24 (États-Unis), Studiocanal (France)
- Glen Powell (VF : Julien Allouf) : Becket Redfellow
- Margaret Qualley (VF : Julie Cavanna) : Julia Steinway, l'amie d'enfance de Becket
- Ed Harris (VF : Féodor Atkine) : Whitelaw Redfellow, le grand-père de Becket
- Jessica Henwick (VF : Jessica Monceau) : Ruth, la petite amie de Becket
- Zach Woods (VF : Mathieu Spinosi) : Noah Redfellow, cousin de Becket
- Topher Grace : Pasteur Steven J. Redfellow, cousin de Becket
- James Frecheville : Lyle
- Bill Camp : Warren Redfellow, oncle de Becket
- Raff Law : Taylor Redfellow, cousin de Becket
- Bianca Amato : Cassandra Redfellow, tante de Becket
- Nell Williams : Mary Redfellow
- Stevel Marc : agent Brad Matthews
- Motsi Tekateka : un détective
- Adrian Lukis : Père Morris
- Sean Cameron Michael : McArthur Redfellow, oncle de Becket

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