Vu le Film Pièges de Robert Siodmark (1939) avec Maurice Chevalier Marie Déa Pierre Renoir Eric Von Stroheim André Brunot Jacques Varennes Madeleine Geoffroy Millys Mathis Jean Témerson Henri Crémieux
Onze jeunes filles, danseuses de cabarets ou entraîneuses, disparaissent attirées par les petites annonces d'un tueur en série. Une entraîneuse aide la police dans son enquête. Les suspects forment une galerie de personnages inquiétants et de détraqués.
Pièges de Robert Siodmak, 1939, c’est un petit bijou méconnu qui sent bon le Paris d’avant-guerre, avec ses ombres et ses chansons.
Un film qui mélange comédie policière et thriller sans jamais se prendre trop au sérieux, même si on parle de onze jeunes filles disparues. À l’époque, on y allait pas avec le dos de la cuillère sur le nombre de victimes, ça pose direct l’ambiance.Maurice Chevalier y fait le joli cœur avec sa voix inimitable et son accent parigot pur jus. Impossible de l’imaginer autrement : il chante, il minaude, il est soupçonné d’être le serial killer… et ça marche du tonnerre.
Le côté comédie repose beaucoup sur lui, et franchement il donne de la voix comme personne.La galerie de personnages est savoureuse : Erich von Stroheim en mode chelou (plus chelou que moins, on va dire), qui joue un rôle de dingue dans un décor de maison hantée ou presque.
Il en fait des tonnes, et c’est jouissif. Marie Déa, elle, est parfaite en enquêtrice qui se met dans de beaux draps : taxi-danseuse qui sert d’appât, elle passe d’un milieu à l’autre avec une fraîcheur qui rend tout crédible.Le film change de rythme plusieurs fois : ça commence presque comme une enquête de routine, puis ça vire comédie légère, thriller tendu, et même un brin grivois par moments.
Rien de scandaleux pourtant, malgré ce que les nazis et le Code Hays en ont pensé (le film a pris cher des deux côtés). C’est coquin, mais dans les limites du raisonnable, et ça vieillit plutôt bien.
Et puis il y a cette bonne séquence de jazz qui tombe pile poil, un vrai petit moment de swing dans un Paris qui sent encore le music-hall. Ça annonce déjà un peu ce que Siodmak fera aux États-Unis plus tard : cette façon de filmer les ambiances nocturnes, les personnages ambigus, les pièges qui se referment lentement.Bref, un film de bon standing, bien tenu, avec une histoire qui tient la route, un casting qui claque (Pierre Renoir est là aussi) et des personnages qu’on suit avec plaisir.
Pas un chef-d’œuvre absolu, mais une comédie policière solide qui mérite largement d’être déterrée. Si tu aimes le Siodmak d’avant Hollywood, c’est une belle porte d’entrée. Et Chevalier qui joue les suspects, ça vaut le détour à lui tout seul.
NOTE : 13.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Robert Siodmak
- Scénario : Jacques Companéez et Ernst Neubach sous le nom d'Ernest Neuville[]
- Dialogues : Simon Gantillon
- Photographie : Michel Kelber, Jacques Mercanton, Marcel Fradetal, Ted Pahle[]
- Décors : Georges Wakhévitch, Maurice Colasson
- Costumes : Robert Piguet
- Son : Pierre Calvet
- Musique : Michel Lévine (Michel Michelet)
- Montage : Yvonne Martin
- Production : André Paulvé, Michel Safra
- Société de production : Spéva-Films
DISTRIBUTION
- Maurice Chevalier : Robert Fleury
- Marie Déa : Adrienne Charpentier, l'entraineuse
- Pierre Renoir : Brémontier
- Erich von Stroheim : Pears, l'ex-couturier
- André Brunot : Ténier, l'inspecteur en chef
- Jacques Varennes : Maxime
- Madeleine Geoffroy : Valérie
- Milly Mathis : Rose
- Jean Témerson : Batol, un inspecteur
- Mady Berry : Sidonie, la cuisinière
- Pierre Magnier : l'homme d'affaires
- André Numès Fils : le spectateur barbu
- Raymond Rognoni : un inspecteur de police
- André Nicolle : un inspecteur de police
- Robert Seller : Carione
- Jean Brochard : le speaker
- Léon Arvel : le greffier
- Jacques Beauvais : le chef-cuisinier
- André Carnège : le juge d'instruction
- Henri Crémieux : le patron
- Max Dalban : le coiffeur
- Geno Ferny : le maître d'hôtel
- Nicolas Rimsky : Rouski
- Pierre Labry : le danseur
- Albert Malbert : le chauffeur
- Julienne Paroli : la bonne
- André Roanne : le patron
- Valaida Snow : elle-même
- Charles Vissières : le ministre
- René Worms : le maître d'hôtel
- Yvonne Yma : Mme Batol
- Henri Bry : Oglou Vacapoulos
- Catherine Farel : Lucie Baral
- Georges Malkine
- Robert Berri
- Liliane Lesaffre

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire