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mardi 5 mai 2026

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM AU COEUR DES TENEBRES DE FAX BAHR ELEANOR COPPOLA (1991)


 Vu le Film Documentaire  Au Coeur des Ténèbres de Fax Bahr Eléanor Coppola George Hickenlooper (1991) avec Marlon Brando Francis Ford Coppola Eleanor Coppola Martin Sheen  John Milius George Lucas Samp Bottons Frederic Forrest Laurence Fishburne Gia et Roman Coppola 

Le documentaire présente le célèbre réalisateur Francis Ford Coppola et son film Apocalypse Now (1979), qui, tourmenté par ce scénario extraordinaire, voit sa vie et sa carrière presque anéanties par les problèmes de tournage, de budget et de casting. C'est un document sur les événements sensationnels qui entourent l'élaboration d'Apocalypse Now et la lutte du réalisateur contre la nature, les gouvernements, les acteurs et le doute de soi. Certaines séquences sonores ont été enregistrées secrètement par Eleanor Coppola, son épouse. 

Si l’apocalypse était sur l’écran en 1979 avec Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, elle est ici, brute, nue, sans filtre, sur le tournage. Et ce n’est plus du cinéma : c’est un champ de bataille. 

L’histoire, on la connaîtmais jamais comme ça. On suit Coppola aux Philippines, en train de fabriquer son propre Vietnam mental. Un réalisateur au sommet qui veut tout contrôler… et qui voit tout lui échapper. Le projet dérapegonfle, se fissure. Les jours deviennent des semaines, les semaines des mois, et le film semble engloutir ceux qui le fabriquent. 

Et , ce documentaire fait quelque chose de rare : il transforme un making-of en tragédie. Pas une anecdote de tournage, non. Une descente aux enfers. Coppola ne tourne plus un film, il le subit. Il s’y englueoui — dire qu’il s’est englué aux Philippines est un euphémisme — tant chaque problème semble appeler le suivant comme une malédiction. 

La scène des hélicos ? Trois semaines de retard parce que le pouvoir local réquisitionne le matériel. Déjà, vu de la terre, c’était fou. Mais filmé de l’intérieurc’est carrément irréel. On ne sait plus si on regarde une scène de guerre ou un tournage. 

Les conditions climatiques extrêmes interrompent tout. La jungle n’est pas un décor, c’est un adversaire. Elle avale les équipes, les use, les épuise. Et au milieu de ça, des acteurs à la dérive. Martin Sheen, perdu, malade, au bord de la rupture. Marlon Brando, imprévisible, hors cadre, presque hors film. Dennis Hopper, en roue libre totale. 

On les voitces acteurs. Pas en représentation. En train de se demander ce qui leur arrive. Quelles scènes ils vont tourner. Quels seront leurs dialogues. Ils avancent à tâtons dans un film qui n’existe pas encore, et qui menace de ne jamais exister. 

Il se réécrit au jour le jour. Littéralement. Coppola doute, improvise, s’enfonce. Il le dit lui-même : il a trop d’argent, trop de matériel, et petit à petit, il devient son propre ennemi. Le film devient une obsession, puis une maladie. 

Et la mise en scène… même dans le chaos, elle est . Ce qui est fascinantc’est de voir que ce désordre absolu produit, malgré tout, une vision. Coppola vacillemais il tient. Il doute, mais il continue. Il est au bord du gouffre — et il filme quand même. 

Ce documentairec’est ça : le cinéma comme enfer. Pas une métaphore. Une réalité. Un tournage chaotique et démentiel  tout semble conspirer contre le film. Et pourtant 

Et pourtant, on connaît le résultat. Et c’est bien ça qui rend le tout vertigineux. On regarde ces images en sachant que de ce chaos naîtra un chef-d’œuvre. Alors ouicet enfer, on est content de l’avoir vu. Parce qu’il donne une autre dimension au film. 

Des images prises sur le moment essentiel. Pas reconstruites, pas enjolivées. Le cœur qui bat du cinéma, au moment  il menace de s’arrêter. 

Une évidence s’impose : ce n’est pas un documentaire sur un filmC’est un film sur la folie de faire un film. Et à ce niveau-là, on n’est plus dans le making-of… on est dans l’Apocalypse 

NOTE : 14.80


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