Vu le film Hôtel de France de Patrice Cheeau (1987) avec Valéria Bruni Tedeschi Laurent Grévil Vincent Perez Laura Benson Thibault de Montalembert Marianne Denicourt Marc Citti Jean Louis Richard Jean Paul Roussillon
Hôtel de France de Patrice Chéreau, c’est du pur jus Chéreau : une bombe à fragmentation humaine qui explose en douceur sur fond de Tchekhov revisité. Adaptation contemporaine de Ce fou de Platonov, le film sort quatre ans après L’Homme blessé et réunit la troupe des Amandiers de Nanterre comme un vieux gang qui se retrouve pour un braquage émotionnel. Ce qui était déjà brûlant sur scène devient incandescent à l’écran.On suit un groupe d’amis et de familles qui se retrouvent dans cet hôtel de province.
Au centre, Michel (Laurent Grévil, tendu comme un arc) et Sonia (une Valeria Bruni Tedeschi toute jeune, déjà magnétique). Ils ne se sont pas vus depuis des années, et dès qu’ils se recroisent, tout le fragile équilibre du groupe part en vrille. Amours qui se déclarent, jalousies qui pourrissent, vérités qui claquent comme des portes. Chéreau ne fait pas dans la dentelle mise en scène : pas d’effets, pas de caméra qui danse, juste des corps qui se cognent, des regards qui tuent et des silences plus lourds qu’un camion. C
’est du théâtre filmé dans le meilleur sens, brut et vivant.Le casting est une tuerie : Vincent Perez, Marc Citti, Marianne Denicourt, Jean-Paul Roussillon, Bruno Todeschini, Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert… Tous excellents, tous à vif. Ils incarnent cette bourgeoisie un peu paumée, ces intellectuels qui parlent beaucoup mais agissent mal, ces couples qui tiennent par habitude jusqu’à ce que le désir revienne tout foutre en l’air. Chéreau filme le temps qui passe comme personne : on sent les années perdues, les occasions ratées, les "et si" qui rongent.Moi je kiffe ce côté choral où tout le monde a sa plaie ouverte. C’est drôle et tragique en même temps, comme la vie.
Il y a des scènes où on rit jaune parce qu’on reconnaît trop bien ce mélange de tendresse et de cruauté dans les amitiés qui durent. Michel et Sonia, c’est l’étincelle, mais c’est tout le groupe qui brûle. Chéreau polarise excellemment les conflits, il adore ça, mettre les nerfs à nu.
Hôtel de France est un beau film sur le temps qui file, les amours qu’on n’ose pas, les amitiés qui explosent. Pas le plus connu de Chéreau, mais pour moi un des plus purs. Si t’aimes quand les personnages se bouffent le cœur entre deux verres de vin blanc tiède, fonce. C’est du lourd, du vivant, du vrai. Et ça fait du bien
NOTE : 12.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Patrice Chéreau
- Assistant réalisateur : Pierre Romans
- Scénario : Patrice Chéreau et Jean-François Goyet d'après l'œuvre d'Anton Tchekhov
- Direction de la photographie : Pascal Marti
- Montage : Albert Jurgenson
- Son : Michel Vionnet , Nadine Muse
- Production : Claude Berri
- Production exécutive : Hélène Vager
- Sociétés de production : Renn Productions, Nanterre-Amandiers et Caméra One
- Pays de production :
France
- Laurent Grévill : Michel
- Valeria Bruni Tedeschi : Sonia
- Vincent Perez : Serge
- Laura Benson : Anna
- Thibault de Montalembert : Nicolas
- Marc Citti : Philippe Galtier
- Bernard Nissille : Richard Veninger
- Marianne Denicourt : Catherine
- Isabelle Renauld : Marie
- Bruno Todeschini : Bouguereau
- Agnès Jaoui : Mme Bouguereau
- Hélène de Saint-Père : Mme Petitjean
- Thierry Ravel : Manu
- Dominic Gould : un compagnon de Manu
- Foued Nassah : le compagnon de Manu
- Eva Ionesco : la serveuse
- Aurelle Doazan : une cousine
- Catherine Bidaut : une cousine
- Marie Verdi : la propriétaire
- Jean-Louis Richard : Pierre Galtier
- Ivan Desny : Maurice Veninger
- Roland Amstutz : Gérard Petitjean
- Jean-Paul Roussillon : Jean Trillat
- Franck Demules : le serveur

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