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jeudi 14 mai 2026

15.10 - MON AVIS SUR LE FILM PROJET DERNIERE CHANCE DE PHIL LOR ET CHRISTOPHER MILLER

 


Vu le Film Projet Dernière Chance de Phil Lord et Christopher Miller (2026) avec Ryan Gosling Sandra Huller Lionel Boyce Ken leung Orion Lee James Ortiz 

Ryland Grace se réveille d'un coma à bord du vaisseau spatial Dernière Chance (Hail Mary en version originaleen référence à la Hail Mary pass (en)), complètement désorienté et souffrant d'amnésie rétrograde. Il découvre rapidement que les deux autres membres de l'équipage sont décédésqu'il est le seul survivant et qu'il se trouve à onze années-lumière de la Terre, dans le système planétaire Tau Ceti. 

Project Hail Mary de Phil Lord et Christopher Miller fait partie de ces films qu’on attendait presque du coin de l’œil. Pas avec méfiance, non, mais avec cette petite réserve qu’on garde toujours pour les gros projets de science-fiction modernes : beaucoup de budget, beaucoup de promesses, et souvent un cœur absent au milieu des effets spéciaux. Et puis finalement… la claque. La très belle surprise de ce début d’année. Celle qui vous rappelle pourquoi on aime encore le cinéma populaire quand il est fait avec sincérité et imagination. 

Pourtant, les noms derrière la caméra pouvaient laisser perplexe. Les papas de 21 Jump Street et The Lego Movie dans un grand film d’anticipation métaphysique ? Sur le papier, cela ressemblait presque à une blague. Mais justement, leur culture pop immense et leur façon de mélanger humour, émotion et aventure donnent ici quelque chose de profondément vivant. Ils ne cherchent jamais à faire du Kubrick prétentieux pour étudiants en philosophie spatiale. Ils racontent une histoire humaine dans l’infini cosmique, et c’est peut-être pour cela que le film touche autant. 

Le scénario écrit par Drew Goddard adapte le roman d’Andy Weir avec une intelligence rare. On suit Ryland Grace, professeur de sciences un peu paumé, qui se réveille seul dans un vaisseau spatial à des années-lumière de la Terre sans comprendre ni le comment ni le pourquoi. Ses deux compagnons sont morts, et lui-même ne sait même plus réellement qui il est. Le film avance alors comme un puzzle mental et émotionnel où les souvenirs reviennent morceau par morceau. 

Et déjà, rien que cette idée fonctionne à merveille. On pense évidemment à Philip K. Dick dans cette manière de jouer avec l’identité, la mémoire, le doute et la solitude cosmique. Mais là  beaucoup de films d’anticipation deviennent froids ou mécaniquescelui-ci garde constamment une chaleur humaine inattendue. 

Puis arrive la rencontre. 

Et quelle rencontre. 

Ryland ne revient pas sur la Terre du futur avec des singes. Non. Dans cet espace rempli d’étoiles et de vide interstellaire, il croise un extraterrestre surdoué qu’il baptise “Rocky”. Et , le film décolle définitivement vers quelque chose de magique. La relation entre les deux personnages devient le véritable cœur du récit. On retrouve presque l’innocence du Le Petit Prince : deux êtres totalement différents qui apprennent à se comprendre malgré la langue, malgré les mondes, malgré la peur. 

Et c’est bouleversant parce que le film croit profondément à la bonté de cette rencontre. Sans cynisme. Sans second degré destructeur. Juste deux intelligences perdues dans le cosmos qui deviennent amies. Cela pourrait paraître naïf, mais c’est justement cette naïveté assumée qui rend le film si beau. 

Visuellement, les scènes dans l’espace sont souvent superbes. Lord et Miller jouent avec l’immensité cosmique comme un terrain d’aventure mais aussi comme un lieu de solitude absolue. On ressent le silence, le danger, l’étrangeté. Certaines séquences rappellent les grands films spatiaux modernes, mais avec une légèreté émotionnelle qui leur appartient complètement. 

Et au milieu de tout ça, il y a Ryan Gosling. Formidable du début à la fin. Gosling possède cette capacité rare à être drôle, fragile et profondément rassurant dans le même plan. Il ne joue jamais le héros invincible. Son Ryland est fatigué, paniqué, maladroit parfois, mais constamment humain. Sa présence devient notre point d’ancrage dans cet océan de vide spatial. Quand il doute, on doute avec lui. Quand il sourit devant Rocky, on sourit aussi comme des gamins. 

Et puis cette fin… 

Une vraie fin de science-fiction émotionnelle comme Hollywood n’en fait presque plus. Le film nous emmène dans un choix magnifique entre sauver son monde ou sauver une amitié née parmi les étoiles. Et contrairement à beaucoup de blockbusters modernes obsédés par le bruit et les explosions, celui-ci ose terminer sur l’émotion pure. 

“Projet Dernière Chance” réussit alors quelque chose de rare : faire cohabiter la science, l’humour, l’aventure, la pop culture et la tendresse sans jamais tomber dans la soupe industrielle. Un film d’anticipation intelligent mais jamais prétentieux, spectaculaire mais profondément humain. Et surtout un film qui rappelle qu’au milieu du vide interstellaire, la plus belle découverte reste encore l’autre.

NOTE : 15.10

FICHE TECHNIQUE



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