Vu le Film L’Affaire McCoy de Russell Mulcahy (1993) avec Kim Basinger Val Kilmer Terence Stamp Zach English Gailard Sartin Andrew Stone
Karen Mc Coy est une braqueuse de banque professionnelle. Après avoir été trahie par son complice, elle est arrêtée et emprisonnée. Libérée sur parole après six années de détention, elle a la ferme intention de rester dans le droit chemin. Cependant, Jack a besoin d'elle pour un casse de 18.000.000 de dollars et force Karen à accepter en enlevant son fils.
The Real McCoy de Russell Mulcahy, c’est typiquement le polar du dimanche soir qu’on a l’impression d’avoir déjà vu cent fois, parfois même dans une meilleure version… et pourtant on reste devant, un peu comme on finit un paquet de cacahuètes sans faim, juste pour passer le temps. Le problème, c’est qu’ici le temps passe lentement. Très lentement. Une heure entière avant d’arriver enfin au fameux braquage qu’on nous promet depuis le début, c’est long. Très long. Une heure à regarder les personnages tourner autour du scénario comme des touristes perdus sur une aire d’autoroute.
L’histoire suit Karen McCoy, ancienne braqueuse de génie fraîchement sortie de prison, qui tente de retrouver une vie normale et surtout son fils. Mais évidemment, dans ce genre de film, la société ne veut jamais laisser les gens tranquilles. Un gangster particulièrement vicieux va alors la forcer à reprendre du service pour un nouveau casse. Sur le papier, il y avait pourtant matière à faire un vrai thriller nerveux : une femme marquée par la prison, un dernier coup, des flics, des truands, une mère prête à tout… mais le scénario reste constamment en pilote automatique. Tout sent le recyclage hollywoodien des années 90 sans la moindre folie.
Et venant de Mulcahy, c’est encore plus frustrant. Le réalisateur a eu des éclairs visuels dans sa carrière, une vraie énergie de clippeur capable de dynamiter l’écran, mais ici il filme tout ça avec une mollesse incroyable. La mise en scène manque de tension, de rythme, de danger. Même les scènes supposées être électriques donnent l’impression que tout le monde attend la pause déjeuner. On dirait un film fatigué avant même d’avoir commencé.
Et les acteurs n’aident pas vraiment. Kim Basinger et Val Kilmer sont aussi investis que le lièvre dans sa course avec la tortue. Ils ont l’air de réciter leurs dialogues en regardant discrètement leur montre. Kilmer, pourtant capable d’un charisme immense quand il le veut, semble complètement ailleurs. Quant à Basinger, elle traverse le film comme une apparition magnifique mais absente, portée davantage par son aura que par ce que le scénario lui donne réellement à jouer.
Parce qu’il faut être honnête : le film doit énormément à la beauté indescriptible de Kim Basinger. La caméra la filme comme une icône permanente, et parfois cela suffit presque à maintenir l’ensemble debout. Il y a ce mélange de fragilité, d’élégance et de froideur qui attire immédiatement le regard même quand le film piétine. Mais un polar ne peut pas survivre uniquement sur un visage.
Heureusement, il y a Terence Stamp. Dès qu’il apparaît, le film se réveille un peu. Lui comprend immédiatement le type de série B qu’il est en train de jouer. Son gangster respire enfin le danger, la perversité et le professionnalisme. Stamp apporte ce charisme sec et inquiétant qui manque à presque tout le reste du casting. Sans lui, le film sombrerait probablement dans un oubli total.
Le braquage final lui-même, pourtant attendu pendant tout le film, n’a même pas l’impact espéré. Ce n’est pas catastrophique, loin de là, mais après une heure à manger des cacahuètes en attendant que quelque chose démarre, on espérait quand même un feu d’artifice. Au lieu de ça, on a un casse correctement exécuté, sans génie particulier, sans montée d’adrénaline mémorable.
« L’Affaire Karen McCoy » reste donc ce polar vu mille fois : pas franchement mauvais, jamais totalement désagréable, mais terriblement paresseux. Un film qui possède quelques visages magnifiques, deux ou trois idées correctes et un acteur qui sauve les meubles, mais qui semble constamment fonctionner au ralenti. On le regarde, on l’oublie presque aussitôt, et il rejoint cette immense étagère des thrillers des années 90 interchangeables où même les stars paraissent fatiguées d’être là.
NOTE : 7.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Russell Mulcahy
- Scénario : William Davies et William Osborne, d'après le roman Bellman and True de Desmond Lowden
- Musique : Brad Fiedel
- Photographie : Denis Crossan
- Montage : Peter Honess
- Décors : Kim Colefax
- Costumes : Donna O'Neal
- Production : Willi Bär, Martin Bregman, Michael Scott Bregman, Louis A. Stroller, William Davies, Ortwin Freyermuth, Gary Levinsohn et William Osborne
- Coproducteur : Louis A. Stroller
- Sociétés de production : Bregman/Baer Productions, Capella International et Connexion Film Productions
- Distribution : Universal Pictures (États-Unis), CTV International (France)
- Kim Basinger (VF : Frédérique Tirmont ; VQ : Natalie Hamel-Roy) : Karen McCoy
- Val Kilmer (VF : Philippe Vincent ; VQ : Daniel Picard) : J. T. Barker
- Terence Stamp (VF : Jean-Pierre Leroux ; VQ : Claude Préfontaine) : Jack Schmidt
- Gailard Sartain (VF : Richard Leblond ; VQ : Yves Massicotte) : Gary Buckner
- Zach English (VF : Hervé Grull ; VQ : Hélène Lasnier) : Patrick
- Raynor Scheine (VF : Gilbert Lévy ; VQ : Sébastien Dhavernas) : Baker
- Nick Searcy (VF : Guy Chapellier ; VQ : Marc Bellier) : Roy Sweeney
- Deborah Hobart (VQ : Marie-Andrée Corneille) : Cheryl Sweeney
- Pamela Stubbart : Kelly
- Andy Stahl (VF : Vincent Violette) : M. Kroll
- Dean Rader-Duval : Lewis
- Norman Maxwell : Hoke
- Marc Macaulay (en) : Karl
- Megan Hughes : la petite amie de Schmidt
- Afemo Omilami : le dispatcher des taxis

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