Vu le Film l’Affaire Bojarski de Jean Paul Salomé (2025) avec Reda Kateb Pierre Lottin Bastien Bouillon Ana Girardot Quentin Dolmaire Victor Poirier Olivier Loustau Lolita Chammah Alain Bouzigues Arthur Teboul
Ce film raconte l'ascension et la chute de Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais réfugié en France, qui devient dans l'après‑guerre l'un des plus grands faux‑monnayeurs du pays, menant pendant plus de quinze ans une double vie que son entourage ignore complètement. Sur fond de polar et de reconstitution historique des années 1950‑1960, le film suit à la fois l'obsession créatrice de cet artisan de génie et la traque patiente du commissaire Mattei, décidé à le faire tomber coûte que coûte[
Il y a des réalisateurs sur qui on peut compter : quand Jean-Paul Salomé nous propose un film, on sait qu’on va avoir du cinéma populaire au bon sens du terme, du vrai divertissement intelligent, sans se prendre la tête mais avec une vraie exigence.
Et pour son 10e long-métrage, L’Affaire Bojarski, il nous replonge dans une histoire abracadabrante et terriblement passionnante, inspirée de faits réels. Celle d’un jeune ingénieur polonais, Jan Bojarski (Reda Kateb, magistral comme d’habitude), qui après la guerre devient l’un des plus grands faussaires de l’après-guerre.
Le gars ne se contente pas de faire des faux billets : il s’attaque aux grosses coupures, et avec une précision chirurgicale. Le plus dur pour lui n’est même pas de les fabriquer – il est ingénieux comme personne – mais de les écouler sans se faire repérer.
Parce que même si tes billets sont parfaits, tu dois y aller à petites doses, sinon tout le système te tombe dessus. Pour ça, il se fait aider par son pote Anton (Pierre Lottin), un type plus brut de décoffrage, plus violent, le parfait complément. Avec sa femme et son fils, Bojarski se réfugie à la campagne avec une petite cabane qui devient son laboratoire secret.
Là, il met toute son ingéniosité au service de son portefeuille et du luxe familial. On le suit en train de bricoler ses planches à billets, de tester des encres, des papiers, des astuces dignes d’un savant fou. Tout irait bien si, en haut lieu, on ne commençait pas à trouver que ça fait un peu trop.
C’est là qu’entre en scène le commissaire Mattei (Bastien Bouillon), un flic tenace qui attend la moindre faute du génie polonais. Un vrai jeu du chat et de la souris dans le Paris des années 50-60, reconstitué avec un soin dingue. Salomé excelle dans sa mise en scène : il y a une vraie mise en abyme, comme si Bojarski lui-même reconstituait son propre mythe.
Les décors, les costumes, l’ambiance enfumée des bistrots et des arrière-cours, tout sonne juste. On suit les aventures de ce faussaire de génie avec un plaisir enfantin, presque en se demandant à chaque scène comment il va encore s’en sortir. Reda Kateb est parfait, comme toujours : charismatique, malin, un peu rêveur, on y croit à fond.
Sara Giraudeau (sa femme) le complète magnifiquement, avec une présence discrète mais solide. Pierre Lottin et Bastien Bouillon sont des choix parfaits : ces deux physiques collent à l’époque et aux rôles, l’un nerveux et sec, l’autre plus massif et déterminé. Même si j’aimerais les voir un jour sortir un peu plus de leur zone de confort, là ils cartonnent.
C’est un film qui respire la passion du cinéma d’autrefois, avec du rythme, de l’humour noir, de la tension et une vraie admiration pour ce Cézanne de la fausse monnaie.
Salomé nous offre un divertissement de haute volée, sans cynisme, qui rend hommage à un personnage hors norme. On sort de la salle avec le sourire, en se disant que le cinéma français sait encore faire ça : des histoires folles, bien racontées, avec des acteurs au top.
Encore un bon film du sieur, et ça fait sacrément plaisir. Si vous cherchez du spectacle intelligent qui ne vous prend pas pour un con, foncez. L’Affaire Bojarski, c’est du pur bonheur
NOTE : 15.80
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jean-Paul Salomé
- Scénario : Jean-Paul Salomé et Bastien Daret
- Musique : Mathieu Lamboley
- Décors : Françoise Dupertuis
- Costumes : Dorothée Guiraud
- Montage : Valérie Deseine
- Son : Vincent Goujon, Dimitri Kharitonnoff, Loïc Prian et Thomas Gauder
- Sociétés de production : Le Bureau et Les Compagnons du cinéma, en association avec 4 SOFICA
- Sociétés de distribution : Le Pacte (France)[], O'Brother Distribution (Belgique), Filmcoopi (Suisse), TVA Films (Québec)
- Reda Kateb : Jan Bojarski
- Sara Giraudeau : Suzanne Bojarski
- Bastien Bouillon : le commissaire André Mattei
- Pierre Lottin : Anton Dowgierd, l'ami polonais de Jan
- Quentin Dolmaire : Perrier, l'adjoint de Mattei
- Victor Poirier : Serge
- Olivier Loustau : Lucien Scola
- Lolita Chammah : Françoise Mattei, troisième femme du commissaire
- Camille Japy : Anaïs, la mère de Suzanne
- Arthur Teboul : Pollet
- Francis Leplay : Victor, le père de Suzanne
- François Pérache : le directeur de la Banque de France
- Alain Bouzigues : Antoine Pinay

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