Vu le Film Les Pieds Nickelés de Jean Claude Chambon (1964) avec Jean Rochefort Michel Galabru Charles Denner Micheline Presle Francis Blanche Philippe de Broca Jacqueline Huet Julien Carette Paul Demange
Trois clochards en mal d’aventure et de fortune décident de tenter leur chance dans l’escroquerie. Après un premier échec dans un vol à l’étalage, ils s’emparent d’un bateau-mouche et exploitent à leur façon les touristes.
Les Pieds Nickelés version Jean-Claude Chambon, c’est typiquement le genre de film que ton cerveau essaie de te faire éviter… et pour une fois, il avait raison.
Enfant, Ribouldingue, Filochard et Croquignol, c’était une promesse de malice, de débrouille et d’irrévérence. Là, on a trois silhouettes vaguement grimées qui semblent s’être perdues sur un plateau.
L’histoire, si on peut appeler ça une histoire, suit nos trois filous dans une succession d’arnaques et de combines censées rappeler l’esprit de la BD. Sauf qu’au lieu d’un fil conducteur, on a une enfilade de sketches qui ne tiennent jamais ensemble. Ça commence, ça s’arrête, ça repart ailleurs… comme si le montage avait été fait un lundi matin sans café.
Le problème saute aux yeux dès la première minute. Denner, Rochefort et Galabru ont du talent, personne ne dira le contraire, mais là, ils semblent jouer chacun dans leur coin. Aucun ne ressemble vraiment à son personnage, malgré un déluge de postiches qui donne plus l’impression d’un carnaval fatigué que d’une vraie incarnation.
Ils cabotinent. Beaucoup. Trop. Comme s’ils tentaient de compenser le vide autour d’eux.
La mise en scène de Chambon , elle, est d’une platitude confondante. On sent un manque total d’énergie, d’idées visuelles, de rythme. Une comédie qui ne vit pas, c’est déjà un problème, mais une comédie qui s’étire sans jamais provoquer le moindre rire, c’est carrément un naufrage.
il n’existe pas de lien , quasiment pas. Aucun enjeu, aucune progression, aucune mécanique comique solide. Juste une suite de situations qui tombent à plat. Même les gags semblent arriver sans timing, comme s’ils avaient raté leur train.
Et pourtant, au milieu de ce désert, il y a quelques oasis. Revoir toute une galerie de seconds rôles du cinéma comique français fait sourire… mais c’est un sourire nostalgique, pas un rire sincère. Ils passent, ils disparaissent, sans jamais avoir de matière pour exister.
Et puis il y a Micheline Presle cerise sur le gâteau. Éphémère, oui, mais immédiatement lumineuse. Elle apparaît, et pendant quelques instants, on se rappelle ce que le cinéma peut être quand quelqu’un y met de la grâce. Puis le film reprend ses droits… et replonge.
Ce qui frappe le plus, au fond, c’est ce décalage total avec l’esprit de la BD. Là où les Pieds Nickelés étaient insolents et malins, le film est mou et sans mordant. Là où il fallait du rythme, on a de l’inertie. Là où il fallait du comique, on a du vide.
On a vraiment cette sensation d’un film qui se veut comique sans jamais comprendre ce qui fait rire.
Et cette idée qu’un réalisateur puisse livrer ça, puis disparaître du cinéma pendant presque 40 ans avant de revenir à la télévision… disons que ça ne surprend pas.
Du cinéma popcorn qui n’éclate pas, c’est exactement ça.
Tu attends le “pop”… et tu restes avec du maïs froid au fond du sachet
NOTE : 7.50
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jean-Claude Chambon
- Scénario : d’après la bande dessinée Les Pieds Nickelés de Louis Forton
- Charles Denner : Filochard
- Michel Galabru : Ribouldingue
- Jean Rochefort : Croquignol
- Francis Blanche : Commissaire Lenoir
- Micheline Presle : Paméla Van Der Mèche
- Jacques Jouanneau : Vergadin
- Julien Carette : Merluche
- Serge Davri : Mildiousse
- Aimé de March : le directeur de l'hôtel
- Philippe de Broca : le chauffeur de taxi
- Paul Demange : le concierge
- Budy Felis : le vendeur
- Jacqueline Huet : la speakerine
- Claude Jaeger : le mari
- Jocelyne Jeanssen : la visiteuse
- Jacqueline Jefford : Mme Temponnet
- Jacqueline Marbaux : comtesse Janopoulos
- Claude Pennec : le garçon d'hôtel
- Lucien Raimbourg : le gardien du bois
- Sybil Saulnier : la secrétaire
- Roger Trapp : M. Rondeau
- Jacqueline Vandal : la jeune fille

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