Pages

dimanche 10 mai 2026

13.00 - AVIS SUR LE FILM L'AVENTURE C'EST L'AVENTURE DE CLAUDE LELOUC (1972)


 Vu le Film L’Aventure c’est L’Aventure de Claude Lelouch (1972) avec Lino Ventura Charles Denner Charles Gérard Jacques Brel Aldo Maccione Nicole Coucel Xavier Gélin Johnny Halliday André Falcon Gérard Sire 

Des truands de la vieille école délaissent leurs méthodes traditionnelles, devenues démodées, afin de se recycler dans les affaires et la politique. Ils se lancent donc dans de plus rentables enlèvements de stars du show-biz, de diplomates et autres leaders suprêmes. Ces malfrats, grands amateurs de spaghettis, parcourent le monde en utilisant les contradictions de l'époque. Élevant la maladresse au rang d'art, ils emportent le magot à chacun de leurs candides méfaits. 

L’histoire tient sur un coin de table, et encore : cinq petits malfrats, plus Pieds Nickelés que grande criminalité style La Bande à Bonnot, décident de se lancer dans des coups improbables pour survivre et, surtout, exister. On suit Aldo et sa bande dans une fuite en avant où l’escroquerie devient presque un jeu de colonie de vacances, loin des grands mythes du banditisme romantique. Difficile d’ailleurs de ne pas penser en creux à La Bande à Bonnot, où Jacques Brel incarnait déjà une autre forme d’aventure criminelle, autrement plus sombre et idéologique. Ici, on est à l’opposé : cinq gamins attardés avec des idées trop grandes pour eux. 

Mais chez Lelouch, le scénario n’est jamais une ligne droite. C’est un puzzle éclaté, un montage qui saute d’un morceau à l’autre, parfois sans prévenir, parfois sans logique apparente. Des scènes semblent presque hors-sujet, d’autres s’étirent comme des improvisations, mais c’est précisément là que se trouve son style : filmer la vie qui déborde du cadre du film lui-même. 

La mise en scène épouse ce chaos. Lelouch filme ses personnages comme il les aime : en mouvement, en liberté, souvent à la limite de la rupture. La caméra capte des instants plus que des situations, des regards plus que des enjeux. On a souvent l’impression que tout peut déraper à tout moment, et que c’est justement ce dérapage qui est recherché. 

Et puis il y a les acteurs. Ventura en chef de bande fatigué mais classe, Denner en électron libre, Brel incroyable de présence, Gérard et Maccione qu’on découvre avec un plaisir évident. Ils ne jouent pas seulement, ils vivent leurs scènes. Les regards, les silences, les décalages dans les dialogues ne trompent pas : ça sent l’impro, ou au moins une liberté totale laissée au plateau. Et ils s’en donnent à cœur joie. 

Certaines scènes deviennent instantanément mythiques. La drague sur la plage menée par Aldo, c’est de la pure insolence, un moment suspendu qui n’a presque rien à voir avec le reste, mais qu’on n’oublie pas. 

Impossible aussi d’évoquer le film sans Johnny Hallyday, qui apporte sa voix à la chanson du film et participe à ancrer encore davantage cette œuvre dans son époque. Sa présence, même indirecte, ajoute cette couche de cool et de popular culture typiquement seventies qui colle parfaitement à l’ambiance générale. 

Les dialogues, eux, restent. 
« Prostituées de tous les pays, unissez-vous ! » 
« Au-dessus des partis, au-dessus… C’est là où il y a le fric. » 
« Le capital, c’est foutu. La Cinquième, c’est foutu. Le PC, c’est foutu… » 

C’est absurde, politique, drôle et désabusé à la fois

NOTE : 13;00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire