Vu le Film Manipulations de Shintaro Shimosawa (2016) avec Josh Duhamel Anthony Hopkins Al Pacino Alice Eve Malin Ackerman Glen Powell Julia Styles Chris Marquette
Un médicament produit par une société pharmaceutique américaine provoque de nombreux morts dans le monde et conduit à un scandale médiatique. Cette société est dirigée par Arthur Denning (Anthony Hopkins) qui a pour compagne Emily Hynes (Malin Åkerman). Emily insiste pour qu'ils quittent les États-Unis, Arthur se défile. Emily contrariée, part à pied. Peu après, Arthur reçoit des messages l'informant qu'Emily a été enlevée. Il engage des enquêteurs et des conseillers privés. Il doit remettre aux ravisseurs une importante somme dans les 12 heures, sinon Emily sera tuée. La remise de rançon doit se dérouler dans une galerie d'art.
Manipulations de Shintaro Shimosawa se présente comme un thriller médico-juridique aux dents longues, mais qui finit par mordre un peu dans le vide, porté avant tout par un casting trois étoiles qui semble parfois jouer chacun dans son propre film.
L’histoire suit ce jeune et ambitieux avocat, Ben Cahill, incarné par un Josh Duhamel transparent comme une vitre propre — on voit à travers lui, ce qui est embêtant pour un personnage censé porter toute la tension morale du récit — qui décide de s’attaquer à un mastodonte pharmaceutique dirigé par le Dr Arthur Denning, un Anthony Hopkins en roue libre, cabotin assumé, presque en pilote automatique mais avec ce plaisir de jouer qui sauve toujours un peu la mise.
En face, Al Pacino, dans le rôle de Charles Abrams, mentor trouble et patron aux méthodes disons… flexibles, injecte une énergie qu’on connaît par cœur, entre regards appuyés et silences lourds de sous-entendus, comme s’il attendait une scène à la hauteur de son aura qui ne viendra jamais vraiment.
Le film repose sur une mécanique classique : un jeune loup qui veut plaire à son patron, prêt à tout, même à franchir la ligne rouge, persuadé de maîtriser le jeu, sauf que dans la justice américaine, le moindre faux pas peut transformer une stratégie en suicide professionnel.
Et forcément, à force de ne s’écouter que soi-même, on oublie d’écouter les pièges qui se referment. Car piège il y a, et chute aussi, brutale, presque ironique, puisque ce jeune avocat ambitieux va tomber de haut, très haut même, découvrant que dans ce monde-là, l’argent est plus fort que la foi en soi-même — et ça, le film le martèle sans grande subtilité mais avec une certaine constance. La mise en scène de Shimosawa reste fonctionnelle, presque télévisuelle, sans véritable identité visuelle, comme si elle refusait de prendre des risques à l’image de son héros qui croit en prendre mais se fait manipuler de bout en bout.
Le rythme est correct, jamais ennuyeux mais rarement palpitant, on suit l’intrigue plus par curiosité pour les acteurs que pour le suspense en lui-même. Le scénario, lui, donne l’impression d’avoir été écrit à plusieurs mains sans qu’aucune ne prenne réellement le dessus : des idées intéressantes sur la corruption, l’éthique, les dérives pharmaceutiques, mais traitées de manière trop scolaire, presque timide, alors que le sujet appelait quelque chose de plus mordant, de plus dangereux.
On sent bien la volonté de créer un jeu de dupes, mais les ficelles sont visibles, et le spectateur comprend assez vite qu’il assiste moins à une partie d’échecs qu’à une démonstration un peu appliquée. Reste ce plaisir coupable de voir Hopkins et Pacino cabotiner tranquillement, comme deux vieux lions qui n’ont plus rien à prouver et qui s’amusent dans l’arène pendant que les autres essaient de suivre.
Et ça passe crème, effectivement, parce que leur présence suffit à maintenir un certain intérêt, même quand le film patine. Mais pas plus. Car au final, Manipulations est un thriller qui promet beaucoup, joue sur ses noms prestigieux, mais qui manque de tranchant, de folie, de véritable prise de risque, un film qui parle de manipulation sans jamais vraiment manipuler son spectateur, et c’est peut-être là son plus gros défaut.
NOTE ; 11.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Shintaro Shimosawa
- Scénario : Simon Boyes et Adam Mason
- Pays d'origine :
États-Unis
DISTRIBUTION
- Josh Duhamel (VF : Alexis Victor ; VQ : Patrice Dubois) : Ben Cahill, avocat ambitieux
- Al Pacino (VF : José Luccioni ; VQ : Sébastien Dhavernas) : Charles Abrams
- Anthony Hopkins (VF : Jean-Pierre Moulin ; VQ : Jean-Marie Moncelet) : Arthur Denning, dirigeant d'une société pharmaceutique
- Alice Eve (VF : Chloé Berthier ; VQ : Violette Chauveau) : Charlotte Cahill, médecin, épouse de Ben
- Malin Åkerman (VF : Ingrid Donnadieu ; VQ : Camille Cyr-Desmarais) : Emily Hynes, ex-compagne de Ben, compagne d'Arthur
- Lee Byung-hun (VF : Stéphane Fourreau) : le comptable, tueur à gages mourant
- Glen Powell (VF : Emmanuel Garijo ; VQ : Alexis Lefebvre) : Doug Fields
- Julia Stiles : Jane Clemente
- Chris Marquette (VF : Fabrice Trojani) : Giffords
- Leah McKendrick (VF : Barbara Beretta) : Amy
- Skye P. Marshall (VF : Delphine Braillon) : Hatty
- Anthony Burzbee Jr. (VF : Tom Boutry) : Anthon

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