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samedi 18 avril 2026

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM LA FAMILLE ASADA DE RYOTA NAKANO (2020)


Vu le Film
La Famille Asada de 
Ryôta Nakano (2020) avec Maho Nomani Masaki Suda Kazurani Ninomiya Satoshi Tsumabuki Taro Suruga Makiko Watanabe 

Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza. Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main. 

Toujours cette petite résistance chez moi à entrer dans un film japonais, surtout quand il touche au social. Question de culture, d’us, de retenue aussi. Et pourtant, La Famille Asada vient doucement fissurer cette barrière, sans jamais forcer la porte. 

Masashi  est le centre de tout. Interprété avec une justesse désarmante par Kazunari Ninomiya, il porte ce mélange d’enfance prolongée et de regard ultra précis sur le monde. Sa passion pour la photographie n’est pas un hobby : c’est une clé, presque une baguette magique. Grâce à elle, il permet à sa famille de vivre ce qu’elle ne vivra jamais. 

Un père pompier le temps d’un cliché, une mère épouse de yakuza — rien que ça — un frère pilote de Formule 1. On pourrait croire à une fantaisie, mais non, c’est plus profond : c’est une manière de réparer le réel, de le rêver sans le nier. 

Le scénario avance par touches, comme un album qu’on feuillette. Pas de grands effets, pas de démonstration. Juste des instants. Et cette idée magnifique que la photographie peut figer non pas le réel, mais le désir. Là-dessus, le film est d’une intelligence rare. 

La mise en scène de Nakano épouse cette douceur. Il filme comme on regarde une photo qu’on aime : avec patience. Les cadres sont soignés sans être ostentatoires, et chaque composition raconte quelque chose. On sent presque l’influence directe du vrai Masashi Asada dont l’histoire est tirée. 

Et puis il y a cette bascule. Le film quitte doucement le terrain du jeu pour entrer dans quelque chose de plus grave, de plus collectif. Le Japon, la catastrophe, la reconstruction. Là encore, la photographie devient essentielle : non plus pour rêver, mais pour recoller les morceaux du réel. 

C’est peut-être là que le film me touche le plus. Parce qu’il parle d’un pays où l’on montre peu, mais où tout passe autrement. Par les gestes, par les silences, par ces images qu’on garde. 

Les acteurs sont tous à leur place. Jun Fubuki apporte une chaleur discrète, Satoshi Tsumabuki une retenue touchante. Personne n’en fait trop, et c’est précisément ce qui fonctionne. 

Alors oui, j’ai encore cette distance avec le cinéma japonais. Mais ici, elle devient presque un atout. Elle me force à regarder autrement, à ressentir différemment. 

Un film comme un album de famille qu’on n’a pas vécu, mais qu’on comprend. 

Un film qui me fait sourire, m’émeut, me fait rêver comme Masashi. 

Et surtout, un film qui rappelle que la photographie n’est pas seulement un souvenir. 

C’est une manière d’exister autrement. 

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Ryōta Nakano (ja)
  • Scénario : Ryōta Nakano et Tomoe Kanno (ja)
  • Musique : Takashi Watanabe
  • Décors : Michitoshi Kurokawa
  • Photographie : Hironori Yamasaki
  • Montage : Sōichi Ueno (ja)
  • Société de distribution : Art House Films (France)
  • Pays de production : Drapeau du Japon Japon

DISTRIBUTION


 

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