Pages

mardi 28 avril 2026

16.70 - MON AVIS SUR LE FILM INSOMNIA DE CHRISTOPHER NOLAN (2002)

 


 Vu le Film Insomnia de Christopher Nolan (2002) avec Al Pacino Robin Williams Hilary Swank Maura Tierney Martin Donovan Paul Doohey  Nicky Katt Larry Holden Crystal Law 

Dans la petite ville de pêcheurs de Nightmute, en Alaska, la jeune Kay Connell, âgée de 17 ans, est retrouvée assassinée. Deux inspecteurs de la police de Los Angeles, le capitaine Will Dormer et son partenaire Hap Eckhart, sont envoyés sur place pour aider la police locale dans son enquête, à la demande du chef de la police locale, Charlie Nybac, un ancien collègue de Dormer. Ellie Burr, une jeune détective de la police locale, qui est une grande fan du travail d'enquête de Dormer, vient les accueillir. Pendant ce temps, à Los Angeles, les affaires internes (en) (la « police des polices ») enquêtent sur Dormer. Au restaurant de l'hôtel, avant de commander leur dîner, Eckhart révèle à Dormer qu'il va témoigner en échange de sa propre immunité, voire d'un avancement. Dormer lui répond que les nombreux criminels qu'il a fait inculper au cours de sa carrière seront libérés si sa réputation est mise en doute. Fâché, il quitte la table sans manger. 

Remake du film norvégien Insomnia signé Erik Skjoldbjærg, mais ici Nolan ne copie pas, il recompose. Et il le fait avec une élégance poisseuse. 

On suit Will Dormer, flic fatigué, usé, incarné par un Al Pacino en roue libre contrôlée. Le genre de type qui connaît toutes les ficelles mais qui commence à ne plus savoir pourquoi il les utilise. 

Face à lui, surprise totale : Robin Williams en tueur calme, presque banal, Walter Finch. Et là, il faut le dire : le mec qui nous a fait rire toute notre vie devient ici glaçant sans jamais forcer. Pas de surjeu. Juste un regard. Et ça suffit. 

Le film démarre comme un polar classique. Enquête en Alaska, meurtre d’une adolescente, duo de flics avec tensions internes. Le collègue, Hap Eckhart joué par Martin Donovan, commence à gratter là où ça fait mal. Magouilles, zones grises… on sent que Dormer n’est pas clean. 

Et puis Nolan fait basculer tout ça. 

Un tir. Une erreur. Et tout s’effondre. 

À partir de là, le film devient autre chose. Plus qu’une traque, c’est une lente descente. Le sommeil qui fuit. La culpabilité qui colle. Et cette lumière permanente, ce jour qui ne se couche jamais, qui devient une torture mentale. 

C’est simple : on étouffe avec lui. 

La mise en scène de Nolan est d’une précision chirurgicale. Pas démonstrative, jamais tape-à-l’œil. Mais chaque plan sert l’état mental du personnage. Cette lumière blanche constante, presque irréelle, qui empêche toute échappatoire… c’est du grand cinéma sensoriel. 

Le scénario, lui, ne se contente pas du “qui a tué ?”. Ça, on le sait vite. Ce qui intéresse Nolan, c’est le “jusqu’où on peut tomber quand on commence à mentir à soi-même”. 

Et le duel Pacino / Williams… inattendu mais redoutable. Pas un affrontement frontal classique. Non. Un jeu de miroir. L’un chasse l’autre, mais les deux se ressemblent de plus en plus. 

Pacino est immense. Fatigué, tremblant, borderline. Il ne joue pas, il s’effrite. 
Williams est terrifiant de calme. Il parle doucement, il comprend tout, il anticipe. Et c’est encore pire. 

Et au milieu de ça, Hilary Swank apporte une forme de droiture, presque naïve, qui contraste avec ce monde qui pourrit doucement. 

Ce que j’aime surtout, c’est que le film ne cherche jamais à rendre son personnage principal sympathique. Dormer est un bon flic… mais jusqu’à quel point ? Et à quel prix ? 

Nolan te laisse juger. Et ça, c’est rare. 

Très grand polar, oui. Mais surtout film sur la conscience. Sur la fatigue morale. Sur le moment où on ne distingue plus la vérité du mensonge parce qu’on n’a même plus la force de réfléchir. 

Un film qui te tient éveillé… pendant que son personnage s’endort debout

NOTE : 16.70

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire