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jeudi 2 avril 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM LA CHAMBRE DES TORTURES DE ROGER CORMAN (1961)


 Vu le Film   La Chambre des Tortures de Roger Corman (1961) avec Vincent Price Barbara SteelJohn Kerr Luana Anders Antony Carbone Patrick Westwood Lynette Bernay Larry Turner Charles Victor Mary Menzies 

En Espagne, vers 1547afin d'éclaircir les mystères qui entourent la mort de sa sœur Elizabeth, Francis Barnard se rend au château  elle vivait en compagnie de son mari Nicholas. Nicholas Medina, fils d'un redoutable inquisiteur espagnolsombre lentement dans la folie, persuadé d'avoir enterré vivante sa femme. 

Le comte Don Nicholas Medina croit que son épouse Elizabeth a été enterrée vivante tout comme le fut sa mère, Isabella, coupable d'adultère. Avec Francis, le frère de celle-ci et le docteur Léon, ils ouvrent le cercueilconstatant effectivement que ce fut le cas. 

On ouvre la porte du château et déjà l’air se glace : La Chambre des Torturessigné Roger Corman d’après les ombres torturées de Edgar Allan Poe, ce n’est pas une simple promenade gothiquec’est une descente, lente, poisseuse, dans un esprit qui se fissure. Et moi je commence mon introspection Corman… et je sens que je vais me régaler. 

Au génériquec’est déjà un festin : Corman derrière la caméra, Poe dans les murs, et la cerise empoisonnée sur le gâteau — Vincent Price. Rien que son nom et on se crispe déjà dans le fauteuil. Le genre d’acteur qui, avec Peter Cushing et Christopher Lee, vous donne envie de vérifier si la porte est bien fermée. 

L’histoire ? Espagne, Inquisition, un décor  on tranche plus vite que son ombre et  les murs ont une mémoire. Nicholas Medina, incarné par Price, vit reclus dans son château hanté par un passé qui ne veut pas mourir. Sa femme Elizabeth serait morte… enterrée vivante. Rien que ça. Et déjà le cerveau commence à grésiller. 

Mais voilà, Medina doute. Et nous avec. Est-elle vraiment morte ? Est-il devenu fou ? Ou pire : est-il manipulé ? Parce que chez Poe, la folie n’est jamais seuleelle a toujours un petit coup de pouce extérieur. Et quand le cerveau a disjoncté, bon courage pour remettre les plombs en place. 

Corman, malin comme un vieux renard, ne cherche pas le choc facile. Il installe. Il distille. Il enfermeChaque couloir est un piègechaque porte une menace. On regarde à gauche, à droite… et même derrière nous. Et on se demande : est-on sûr de ce qu’on voit ? Ou est-ce déjà trop tard pour nous aussi ? 

Et puis il y a Vincent Price. Ah, Price… regard carnassier, bouche fiévreuse, silhouette qui vacille entre dignité et démence. Il ne joue pas la folie, il la laisse monterdoucementcomme une marée noire. Et quand elle déborde… ça fait des dégâts. On le sent glisserperdre pied, et nous on s’accroche au fauteuil — qui, luifinit lacéré de nos ongles. 

Face à lui, Barbara Steele apporte cette étrangeté hypnotiquepresque irréelletandis que John Kerr et Luana Anders complètent ce jeu de faux-semblants  personne n’est totalement innocent. Chacun a un regard en coin, un secret sous la langue. 

Corman transforme son budget modeste en cauchemar baroque, avec des couleurs saturées, des décors gothiques somptueux et des escaliers qui semblent ne mener nulle part : on est loin du bricolage, chaque plan ressemble à une toile macabre. 

Et puis cette salle… la fameuse chambre des tortures. , on bascule. Ce n’est plus du cinéma, c’est un rituel. Les machines grincent, les ombres dansent, et le passé revient réclamer son ouiça va saigner. Et pas qu’un peu. 

Le film joue avec nous comme un chat avec une sourisdonnant une vérité pour mieux la reprendrerassurant avant de replonger dans le doute, jusqu’à ce qu’on ne sache plus  est le réel — et franchement, on adore ça. 

80 minutes ? Une formalité. Mais quelles minutes !! Pas un temps mort, pas une respiration inutile. Juste une montée en tension continue, comme une corde qu’on serre lentement autour du cou. 

Et moi dans tout ça ? Le sourire aux lèvres, les nerfs à vif, et déjà l’envie de replonger dans l’univers de Corman. Parce que si ça commence comme ça… alors oui, je vais me régaler. 

Un des chefs-d’œuvre de Corman, sans discussion. On commence très, très bien. 

NOTE : 12.90

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DISTRIBUTION

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