Vu le Film 88 Minutes de Jon Avnet (2007) avec Al Pacino Leelee Sobieski Aliciia Witt Deboreak Kara Unger William Forsythe Neal McDonough Stephen Moyer
Expert universitaire en psychiatrie criminelle, le docteur Jack Gramm est aussi consultant auprès du FBI. Il a construit sa remarquable réputation sur ses « évaluations » infaillibles des individus et des facteurs de risque. C'est grâce à lui que le tueur en série Jon Forster a été arrêté et va être exécuté. Pourtant, des meurtres identiques sont à nouveau commis. Jack est convaincu qu'il a vu juste et que c'est un imitateur qui continue l'œuvre de Forster. Lorsque Jack se retrouve directement menacé de mort, il est lui-même condamné à prouver que ses théories sont justes parce que sinon, dans 88 minutes, celui qui le traque le tuera.
Coup sur coup, Pacino a œuvré — voire désoeuvré — avec ce pauvre Jon Avnet. Après La Loi et l’Ordre, voilà donc 88 Minutes. Et déjà, rien que le titre promettait un concept simple, presque malin : une course contre la montre, tendue, ramassée, étouffante. Il suffisait de resserrer l’histoire pour faire un film de… 88 minutes. Oui, ça aurait eu du sens. Mais bon, on peut pas demander plus à ce pauvre réalisateur.
Au moins, il n’a pas emmené De Niro dans sa galère, c’est déjà ça.
L’histoire suit le Dr Jack Graham, psychiatre criminel réputé, qui reçoit un appel : il lui reste 88 minutes à vivre. À partir de là, le film tente de construire un suspense en temps réel, entre étudiants suspects, collègues ambigus et tueurs potentiels. Sur le papier, ça peut tenir. Dans les faits, ça s’étire, ça bavarde, ça tourne en rond.
Pire, il donne l’impression de se croire plus malin qu’il ne l’est. Les faux suspects s’accumulent, mais aucun ne marque vraiment. On devine, on anticipe, et souvent… on s’ennuie. La mécanique du thriller est là, mais sans tension réelle. Comme une horloge qui tourne… sans tic-tac.
Et puis il y a ce Dr Graham, censé être un grand spécialiste de la psychologie criminelle, mais qui passe son temps à courir partout sans jamais vraiment confronter qui que ce soit. Un psychiatre criminel… sans véritable face-à-face avec des criminels. Il fallait oser.
Jon Avnet et sa mise en scène est d’une platitude presque fascinante. Aucun souffle, aucun rythme, aucune idée visuelle pour soutenir l’urgence du récit. On est loin d’un compte à rebours oppressant. Ici, même le temps semble s’ennuyer.
Pacino est en retraite d’interprétation. Il cabotine par moments, semble fatigué à d’autres, comme s’il savait lui-même qu’il n’y a pas grand-chose à sauver. Mais on l’excuse. Forcément. Au vu de ce qu’il nous a donné, on ne va pas lui en vouloir pour ça.
Autour de lui, le casting fait ce qu’il peut, mais les personnages sont trop faibles pour exister. Des silhouettes, des fonctions, jamais des présences.
Le film tente de multiplier les pistes, les rebondissements, mais sans jamais construire une vraie tension dramatique. Tout paraît artificiel, fabriqué, presque paresseux.
Et pourtant, il y avait une idée. Une bonne, même. Mais complètement diluée dans un récit trop long, trop mou, trop convenu.
88 Minutes est un thriller qui aurait dû être sec, nerveux, implacable… et qui devient une promenade poussive sans enjeu réel.
Comme souvent avec Jon Avnet : beaucoup de promesses, et à l’arrivée… pas grand-chose
NOTE : 10.80
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jon Avnet
- Scénario : Gary Scott Thompson
- Producteurs : Jon Avnet, Randall Emmett, Michael P. Flannigan, George Furla, Avi Lerner et Gary Scott Thompson
- Montage : Peter E. Berger (en)
- Musique : Edward Shearmur
- Sociétés de production : Millennium Films
- Sociétés de distribution : TriStar Pictures (US), Warner Bros. (UK)
- Budget : 30 millions de dollars
- Al Pacino (VF : José Luccioni) : Jack Gramm
- Alicia Witt (VF : Ariane Aggiage) : Kim Cummings
- Amy Brenneman (VF : Françoise Cadol) : Shelly Barnes
- Leelee Sobieski (VF : Ingrid Donnadieu) : Lauren Douglas
- Deborah Kara Unger : Carol
- William Forsythe (VF : Michel Vigné) : Franck Parks
- Neal McDonough (VF : Bruno Dubernat) : Jon Forster
- Stephen Moyer : Guy Laforge
- Michael Eklund : J.T. Ryker
- Kaj-Erik Eriksen : Matt Wilner
- Brendan Fletcher (VF : Yannick Blivet[1]) : Johnny Di Franco
- Christopher Redman (VF : Vincent de Bouard) : Jeremy Guber
- Benjamin McKenzie (VF : Ludovic Baugin) : Mike Stemp
- Michal Yannai : Leeza Pearson

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