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jeudi 2 avril 2026

15.10 - MON AVIS SUR LE FILM HURLEVENT DE EMERALD FENNELL (2026)


 Vu le Film Hurlevent de Emerald Fennell (2026) avec Jacob Elordi Margot Robbie Owen Cooper Charlotte Mellington Hong Chau Shazad Latif Vicki Pepperdine Alison Oliver  

Dans son synopsis, ce film commence par une pendaison publique, dans l'Angleterre du xviiie siècle, qui attire une foule agitée et exaltée. Parmi les spectateurs se trouvent Catherine Earnshaw et sa compagne rémunérée, Nelly Dean, la fille illégitime d'un aristocrate. 

Peu après, M. Earnshaw, propriétaire du domaine gothique de Hurleventsitué sur les landes du Yorkshirerevient d'un voyage à Liverpool avec un jeune garçon trouvé dans la rue. Il déclare que l'enfant restera au domaine et servira de compagnon à sa fille Catherine. Celle-ci s'attache immédiatement à lui et le baptise « Heathcliff », en mémoire de son frère défunt. Les deux enfants deviennent inséparables. Un soir, après être rentrés tard et trempés le jour de l'anniversaire de M. Earnshaw, Heathcliff prend sur lui la faute et subit une violente flagellation qui lui laisse des cicatrices permanentes dans le dos. 

Après avoir mis l’année sens dessus dessous avec Saltburn, Emerald Fennell revient et ne choisit pas la facilité. Elle s’attaque à un monument, un bloc, une lande battue par tous les vents : Les Hauts de Hurleventl’unique roman de Emily Brontë. Et quel roman… disséquéadaptérevisité jusqu’à l’os. 

Alors forcément, on se dit : encore ? Oui. Mais pas comme ça. 

Fennell prend la trame, les personnagesl’ossature… et elle injecte autre chose. Ce qui n’était qu’en filigrane devient frontal. La sensualité. Le désir. La chair.   d’autres filmaient le manque, elle filme le trop-plein. Et ça change tout. 

On retrouve Heathcliff et Catherine, cette histoire d’amour impossible, tordueobsessionnelle, qui ne sait ni vivre ni mourir. Mais iciça respire fort, ça s’approcheça se toucheça déborde. On n’est plus dans le romantisme figé, on est dans quelque chose de vivant, presque dangereux. 

Les puristes vont hurler — et c’est de bonne guerre. Mais on connaît tellement cette histoire que la voir ainsi bousculée fait un bien fou. Un peu de discrétion en moins, un peu de fièvre en plus, et soudain tout redevient imprévisible. 

Et puis il y a ce duo… comment résister ? Jacob Elordi, présence toujours aussi troublante, physique, presque animale, et en face Margot Robbie, qui quitte ses habits trop sages pour plonger dans quelque chose de plus trouble, de plus fiévreux. Deux beautésouimais surtout deux intensitésÇa brûle entre eux, et la caméra ne détourne jamais les yeux. 

Fennell sait exactement ce qu’elle fait. Comme dans Saltburnelle caresse le beau pour mieux le fissurer. Les décors de Suzie Davies enveloppent tout ça d’une élégance presque irréelle, les costumes de Jacqueline Durran prolongent cette sensation d’héritagemais sans jamais figer les corps. Ça vit, ça bougeça se salit. 

Et cette image… signée Linus Sandgren. Lumineuse et sombre à la fois. Comme si la lande elle-même respirait avec les personnages. Par moments, c’est d’une beauté à couper le souffle, et la seconde d’après, quelque chose d’inquiétant s’installe. On est toujours entre deux états, jamais à l’aise. Parfait. 

La tension ne lâche pas. Elle s’installeelle monte, elle s’infiltre. Et elle tient, du début à la fin, portée par ces acteurs qui ne jouent pas à moitié. Elordi et Robbie ne sont pas  pour être jolis — même s’ils le sont — ils sont  pour se consumer. 

Et au milieu, plaisir de cinéphile, revoir Owen Cooper, révélation de la série Adolescence. Petit rôlemais présence immédiate. Il passe, et on le voitC’est déjà beaucoup. 

Ce Hurlevent est différentoséparfois excessifmais jamais tiède. Il souffle, il emporte, il dérange un peu, il attire beaucoup. 

Un vent pas toujours rassurant… mais franchement, qui a envie de rester à l’abri ? 

NOTE : 15.10

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DISTRIBUTION

Production

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