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dimanche 12 avril 2026

16.10 - MON AVIS SUR LE FILM PANIQUE A NEEDLE PARK DE JERRY SCHATZBERG (1970)


 Vu le Film Panique à Needle Park de Jerru Schatzberg (1970) avec Al Pacino Kitty Winn Alan Vint Richard Bright Raul Julia Marcia Jean Kurtz Warren Finnerty Joe Santos Payl Sorvino 

Le film dépeint la vie d'un groupe d'héroïnomanes à New York. Le contexte est pour eux particulièrement difficile en raison d'une grande pénurie de drogue à New York par suite d'une saisie faite par les forces de l'ordre. Bobby (Al Pacino), un des héroïnomanes, tombe amoureux de Helen (Kitty Winn) et l'initie à cette drogue. Le film est donc surtout la chronique de leur chute, d'une charmante histoire d'amour à l'enfer de la toxicomanie. 

Double légende à l’affiche de ce film : le réalisateur, que j’ai eu la chance de rencontrer à Deauville en 2023, et devant la caméra, le monstre sacré Al Pacino. Là, on ne joue plus, on est dans le dur, dans ce que les années 70 ont produit de plus cru. 

Cette fois, notre cher Al n’est pas un flic infiltré, non, il est dans la sauce. En plein dedans. Lui, c’est Bobby, petit dealer de rien du tout, qui traîne sa came et sa dégaine dans un New York poisseux, où la drogue et les toxicomanes sont aussi nombreux que les cafards. Et cafard, c’est exactement l’état dans lequel est mis le spectateur. 

Parce que ce qu’on voit, c’est la misère. La vraie. Physique, mentale, sociale. Des gamins qui se défoncent sans aucune raison apparente, si ce n’est oublier, s’isoler, être hors système. Disparaître sans faire de bruit. Schatzberg ne cherche pas à expliquer, il montre. Et ça fait mal. 

Bobby tombe amoureux de Helen, incarnée par Kitty Winn. Et là, tu te dis peut-être qu’il va y avoir une lumière. Une sortie. Une rédemption. Mais non. Mauvaise pioche. Au lieu de la stabiliser, il l’embarque avec lui dans sa chute. Une chute lente, sale, inévitable. L’amour ici, c’est pas une bouée, c’est un poids en plus qui t’entraîne vers le fond. 

Le scénario est simple, presque minimaliste, mais d’une efficacité redoutable. Pas de grands discours, pas de morale plaquée. Juste une trajectoire. Une descente. Et chaque scène enfonce un peu plus le clou. Jusqu’à l’inconfort total. 

Et alors la mise en scène… Schatzberg fait du cinéma brut. Il te balance les seringues, les piqûres, les défonces, les manques, les alertes médicales en pleine figure. Sans filtre. Sans musique pour te tenir la main. On est presque dans le documentaire, avec une caméra qui semble traîner là par hasard, au milieu de ces vies foutues. 

C’est du cinéma Actors Studio dans ce qu’il a de plus organique. Les corps parlent, les regards suffisent. Et nous, spectateurs, on se défonce à ce type de cinéma. Violent, oui. Mais terriblement efficace. 

Et Pacino… mais Pacino quoi. Déjà immense. Déjà habité. Il ne joue pas Bobby, il est Bobby. Cette nervosité, cette fragilité derrière la tchatche, cette manière de te faire sentir que tout peut exploser à chaque seconde. C’est de l’orfèvrerie. 

Et face à lui, Kitty Winn est bouleversante. Elle ne surjoue jamais. Elle glisse, lentement, presque innocemment, vers quelque chose de plus sombre. Et c’est justement cette douceur qui rend sa chute encore plus violente. 

Les seconds rôles ne sont pas là pour faire joli. Ils existent, ils respirent, ils puent la rue. On sent que tout ce petit monde a été observé, digéré, recraché avec une sincérité totale. 

New York n’est pas un décor, c’est un personnage. Sale, étouffant, indifférent. Une ville qui avale ses gamins et ne recrache rien. 

Ce film, c’est une expérience. Pas un divertissement. Une immersion. Une claque. 

On ressort pas grandi. On ressort marqué. Et franchement… qu’est-ce que c’est bon. 

Parce que oui, c’est violent. Oui, c’est inconfortable. Mais c’est du cinéma. Du vrai. Du cinéma qui ne triche pas. 

Et ça, aujourd’hui, ça vaut de l’or. 

 NOTE ; 16.10

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