Vu le film la Loi et l’Ordre de Jon Avnet (2008) avec Al Pacino Robert de Niro 50 Cents Carla Cugino John Leguizamo Donnie Whalberg Brian Dennehy Triby Glover
Après 30 années de services au sein de la police de New York, les détectives Turk et Rooster sont toujours aussi déterminés et ne pensent pas à la retraite. Mais avant leur départ, ils découvrent que certains criminels passés au travers des mailles de la justice se font assassiner selon un mode opératoire qui leur rappelle les méthodes d'un tueur en série qu'ils ont autrefois condamné...
Leur enquête est alors remise en question et la concurrence se fait sentir au sein même de la police pour résoudre cette affaire. Certains pensent même que quelqu'un de la police pourrait être impliqué...
Il y a des rendez-vous qui font saliver sur le papier et qui laissent un drôle de goût une fois le générique terminé. La Loi et l’Ordre fait clairement partie de ceux-là. Voir réunis Robert De Niro et Al Pacino, autrement que le temps d’une scène mythique dans Heat, promettait un choc, un vrai, du polar qui cogne et qui marque. Et pourtant, on ressort avec l’impression qu’on nous a vendu du grand cru dans une bouteille de piquette.
L’histoire, pourtant, avait de quoi accrocher : deux inspecteurs new-yorkais, Turk et Rooster, traquent un tueur en série un peu particulier, qui exécute des ordures finies en laissant derrière lui des poèmes façon justicier inspiré. Très vite, le doute s’installe — et si ce “nettoyeur” était lui-même un flic ? Sur le papier, c’est du pain bénit pour un polar musclé, avec ambiguïté morale et tension permanente. Dans les faits, le scénario nous prend pour un imbécile en nous mettant sur une piste dès le début, une piste si lourde qu’elle en devient presque comique.
Le problème, c’est que tout est appuyé, souligné, martelé. On devine les retournements avant même qu’ils n’arrivent, et ce qui devrait être un jeu de dupes devient une démonstration paresseuse. Le spectateur n’est pas embarqué, il est trimballé, et pas de la meilleure des manières. On sent très vite que le film n’a pas confiance en lui, alors il sur-explique, il insiste, il répète. À ce niveau-là, ce n’est plus un polar, c’est un mode d’emploi.
La mise en scène de Jon Avnet n’aide pas vraiment à relever le niveau. C’est propre, oui, mais sans âme. Aucun souffle, aucune tension digne de ce nom. On est dans un New York de carte postale sombre, sans relief, sans cette crasse et cette nervosité qui font les grands films du genre. Là où il faudrait du nerf, on a de l’inertie. Là où il faudrait du danger, on a de la routine.
Et puis il y a eux. De Niro et Pacino. Deux monstres sacrés, deux styles, deux présences… et ici, deux acteurs fatigués qui cabotinent à merveille. Ça cabotine, oui, mais sans feu sacré. On dirait qu’ils jouent leur propre légende, comme s’ils savaient déjà qu’on les regardait pour ce qu’ils ont été plutôt que pour ce qu’ils font ici. Leurs échanges, qui devraient être électriques, tombent souvent à plat. Il y a bien quelques éclairs, mais ils sont rares, trop rares.
Le duo fonctionne par moments, mais jamais suffisamment pour sauver l’ensemble. On aurait voulu de la tension, de la rivalité, du non-dit. On se retrouve avec des dialogues mécaniques et des attitudes déjà vues mille fois. Même leurs personnages manquent d’épaisseur, comme s’ils étaient restés à l’état d’esquisse.
Le casting secondaire fait ce qu’il peut, mais il est condamné à graviter autour d’un duo qui ne décolle jamais vraiment. Personne ne parvient à insuffler une véritable dynamique. Tout semble figé dans une sorte de faux sérieux, où chacun fait son boulot sans jamais dépasser le cadre.
Ce qui est le plus frustrant, c’est que tout était là : le sujet, les acteurs, le terrain de jeu. Le polar musclé, c’est leur domaine, leur maison. Et malgré ça, le film passe à côté de tout. Pas assez tendu, pas assez malin, pas assez incarné.
Alors oui, il faut bien le dire : même De Niro et Pacino peuvent faire des nanars. Et celui-ci est d’autant plus difficile à encaisser qu’il avait tout pour être l’inverse. À oublier, sans regret — ou presque, juste pour se souvenir que les légendes aussi peuvent se perdre en route
NOTE : 10.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jon Avnet
- Scénario : Russell Gerwitz
- Musique : Ed Shearmur
- Direction musicale : Ashley Miller (superviseur)
- Directeur artistique : Christina Ann Wilson
- Décors : Tracey Gallacher
- Costumes : Debra McGuire
- Photographie : Denis Lenoir
- Montage : Paul Hirsch
- Production : Jon Avnet, Randall Emmett, Avi Lerner, Alexandra Milchan, Daniel Rosenberg, Rob Cowan, Boaz Davidson, George Furla, Lati Grobman
- Sociétés de distribution : Overture Films
; Metropolitan Filmexport
; Alliance Films 
- Budget : 60 000 000 $
- Réalisation : Jon Avnet
- Scénario : Russell Gerwitz
- Musique : Ed Shearmur
- Direction musicale : Ashley Miller (superviseur)
- Directeur artistique : Christina Ann Wilson
- Décors : Tracey Gallacher
- Costumes : Debra McGuire
- Photographie : Denis Lenoir
- Montage : Paul Hirsch
- Production : Jon Avnet, Randall Emmett, Avi Lerner, Alexandra Milchan, Daniel Rosenberg, Rob Cowan, Boaz Davidson, George Furla, Lati Grobman
- Sociétés de distribution : Overture Films
; Metropolitan Filmexport
; Alliance Films 
- Budget : 60 000 000 $

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