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dimanche 12 avril 2026

17.10 MON AVIS SUR LE FILM UN APRES MIDI DE CHIEN DE SIDNEY LUME (1976)

 


Vu le Film Un Après Midi de Chien de Sydney Lumet (1976) avec Al Pacino John Cazale Charles Durning Chris Sarandon Penelope Allen Amy Levitt Carol Kane Lance Henriksen 

À Brooklyn, durant une journée d'été, trois criminels entrent dans une banque pour la dévaliser. Un premier se change d'avis et sort à peine le braquage commencé. Restent Sonny et Sal qui se font remettre le peu d'argent présent dans la banque. 

Avis sur le film Un après-midi de chien de Sidney Lumet, tiré d’un article du magazine Life qui raconte une histoire vraie, celle d’un braquage qui va très vite tourner au piège. Sonny (Al Pacino) et Sal (John Cazale) viennent de cambrioler une banque, mais ils se retrouvent coincés à l’intérieur avec des otages, encerclés par la police, et commencent alors des négociations qui s’étirent dans le temps, entre tension, improvisation et espoir de sortie. 

 Mais au-delà du braquage, il y a autre chose, quelque chose de plus profond qui ronge Sonny, pris entre son ex-femme Angie qui lui pourrit la vie et surtout Léon (Chris Sarandon), son compagnon, pour qui il a monté ce braquage afin de financer une opération de changement de sexe, un sujet totalement frontal pour l’époque.  

 

La chaleur écrase tout, la tension monte, la foule s’agglutine, observe puis soutient presque ces deux braqueurs qui deviennent malgré eux des figures populaires, pendant qu’en face le sergent Moretti (Charles Durning) tient la ligne avec calme et fermeté. Déjà parce que c’est un film de Lumet, un des plus grands, un cinéaste qui découpe le réel au scalpel, sans artifices, sans gras, juste de l’humain à nu, et parce qu’Un après-midi de chien est tout simplement un des plus grands films du cinéma, un chef-d’œuvre pour plusieurs raisons. 

 Pour cette tension constante, ce braquage qui devient l’un des plus marquants du cinéma, parce qu’il est vivant, imprévisible, jamais figé, avec Sonny et Sal souvent plus malins que les forces de l’ordre, et qui gagnent même l’admiration du public et des otages.  

Et puis il y a le sujet, immense, traité en 1975 avec un courage incroyable, parlant de bisexualité et de transidentité sans détour, loin des codes imposés pendant des années à Hollywood, et porté par un acteur comme Pacino qui s’engage totalement dans ce rôle, tandis que Lumet filme tout cela sans jamais tomber dans le folklore, avec une justesse et une émotion qui frappent encore aujourd’hui. Léon devient même une monnaie d’échange pour la police, plaçant Sonny dans une position intenable, et Chris Sarandon est remarquable dans ce rôle fragile et essentiel.  

Le scénario est d’une solidité impressionnante, tout s’enchaîne avec une logique implacable, sans jamais perdre en intensité. Côté acteurs, Pacino est monumental, nerveux, imprévisible, touchant, il habite chaque seconde du film, John Cazale est comme toujours bouleversant, discret mais essentiel, inquiétant et humain à la fois, et leur duo fonctionne à merveille, eux qu’on retrouvera ensemble dans Le Parrain, preuve d’une alchimie rare.  

Le film connaît un beau succès aux États-Unis avec près de 46 millions de dollars, mais reste beaucoup plus discret en Europe, preuve qu’il était peut-être trop en avance sur son temps. Il obtient l’Oscar du meilleur scénario, Pacino est nommé mais se retrouve face à Jack Nicholson pour Vol au-dessus d'un nid de coucou, un duel presque impossible à gagner, et Sarandon est également nommé en second rôle. 

Au-delà des récompenses, ce qui reste, c’est cette claque, ce sentiment de vérité, ce film qui ne triche jamais, un grand moment de cinéma social et humain, brut, tendu, incarné, et définitivement un chef-d’œuvre. 

NOTE : 17.10

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