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jeudi 23 avril 2026

14.10 - LE MASQUE DE LA MORT ROUGE DE ROGER CORMAN (1964)


 Vu le Film Le Masque de la Mort Rouge  de Roger Corman(1964) avec Vincent Price Hazel Court Jane Asher John Westbrook David Weston Nigel Green Patricl Magee Robert Brown 

Au Moyen Âge, en Italie, le prince Prospero, seigneur des lieux, humilie ses paysans en les terrorisant, en brûlant leurs maisons et en faisant prisonnier Francesca, une jeune fille ainsi que son père et son petit ami. 
Alors que le convoi de Prospero s’apprête à repartir en son château, ce dernier a la révélation que la « mort rouge » est en train de s'abattre sur la région. Il invite tous les nobles des environs à s'abriter en son château à l'intérieur duquel il va les divertir et donner un grand bal masqué. 
Prospero tente de courtiser Francesca, mais Juliana, l'actuelle compagne de Prospero voit ce projet de liaison d'un mauvais œil. Voulant éloigner sa rivale, Juliana organise la fuite de Francesca et de ses compagnons, mais cette évasion est un échec et Prospero se vengera cruellement. 
Alors que la fête bât son plein, Prospero se retrouve alors devant un étrange personnage masqué : la Mort Rouge. 

Enfin vu Le Masque de la Mort Rouge, le classique des classiques de Roger Corman, et on comprend vite pourquoi il reste une pièce maîtresse de son cinéma : une série B qui a tout d’une grande, ou plutôt d’une messe noire luxueuse tournée avec trois chandelles et une poignée d’idées géniales. 

 Inspiré de la nouvelle d’Edgar Allan Poe et enrichi d’éléments de Hop-Frog, le film nous plonge dans un Moyen Âge loin des bluettes façon Richard Cœur de Lion : ici, ça pue la peste, la peur et le soufre. Le Prince Prospero, seigneur autant que saigneur, règne sur son château comme sur un théâtre sadique où la Mort Rouge devient prétexte à toutes les cruautés. E 

t au centre de ce bal macabre, il y a Vincent Price, impassible, démoniaque, pas un sourcil qui bouge, une présence qui suffit à glacer le sang — il ne joue pas, il impose, il incarne un mal froid, aristocratique, presque élégant dans sa perversité. 

L'Histoire est d’une simplicité presque insolente : la Mort Rouge ravage la région, Prospero enferme sa cour pour échapper à la contagion, invite cerfs et biches à festoyer pendant que le monde crève dehors, persuadé que ses murs le protègent de tout, même de l’inévitable. Corman, lui, ne cherche jamais le réalisme, il cherche le cauchemar. Les couleurs flashys, presque usées, donnent au film une texture irréelle, comme si chaque salle du château appartenait à un autre monde : rouges sang, violets toxiques, jaunes malades, on traverse des tableaux vivants qui sentent la fin du monde. Même le son semble sortir d’outre-tombe, et loin d’être un défaut, ça renforce cette impression d’irréalité poisseuse — oui, ça fout des frissons dans nos culottes. 

Corman avec peu de moyens, construit un labyrinthe mental où chaque couloir est une menace, chaque porte une promesse de mort. Il transforme ses contraintes en style, et ça se voit à chaque plan. Les seconds rôles existent surtout pour nourrir la machine, pour incarner la peur ou la naïveté, mais tout gravite autour de Price, véritable centre de gravité du film. Et puis arrive cette scène finale — deux Price pour le prix d’un — moment presque abstrait, glacé, où le film bascule dans une dimension symbolique : le mal face à quelque chose de plus grand que lui, et l’arrogance humaine réduite à néant.  

Corman prouve ici qu’il est bien le maître de l’horreur, pas celle qui hurle, mais celle qui s’installe, qui contamine, qui attend son heure. Un film qui ne vous saute pas dessus, mais qui vous ronge lentement, et une fois que vous êtes entré dans ce château, difficile de prétendre en être sorti indemne. 

Au bal Masqué oyé oyé 

,NOTE : 14.10

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