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mardi 28 avril 2026

16.10 - MON AVIS SUR LE FILM L'ASSOCIE DU DIABLE DE TAYLOR HACKFORD (1997)

 


Vu le Film L’Associé du Diable de Taylor Hackford (1997) avec Keanu Reeves All Pacino Charlize Théron Jeffrey Jones JuditIvey Connie Nielsen Craig T.Nelson Delroy Lindo 

 

Kevin Lomax (Keanu Reeves), un jeune et brillant avocat de Floride, doit faire un choix, défendre son client, un professeur, Getty, qu'il sait coupable d'abus sexuel sur une mineure, ou abandonner le procès. Cependant, il n'a jamais perdu un seul procès de sa vie, c'est pourquoi il décide de passer outre à ses convictions et gagne le procès en discréditant totalement la jeune accusatrice de son client. Il reçoit alors une proposition très lucrative de la part de John Milton (Al Pacino) : rejoindre le grand cabinet d'avocats new-yorkais que Milton dirige. Son épouse, Mary Ann (Charlize Theron), le persuade alors d'accepter, alors que sa mère, une femme très religieuse, le met en garde contre les dangers que représente New York, ville de tous les vices. 

 

“L’Associé du Diable” de Taylor Hackford, c’est un film qui vend un concept simple mais terriblement efficace : le Diable en costume trois pièces, et pas n’importe lequel, Al Pacino en personne. Et en face, une sorte d’ange un peu naïf, Keanu Reeves, ce qui, à l’époque, paraissait presque improbable. Et pourtant, ça fonctionne… au moins au début. 

On est clairement dans une relecture moderne de Faust. Kevin Lomax, jeune avocat brillant, arrogant, qui n’a jamais perdu un procès, accepte de défendre l’indéfendable : un type accusé d’abus sur une mineure. Déjà là, ça gratte. Il sait. Il doute. Mais il gagne. Et c’est précisément là que le ver est dans le fruit. Et si le Diable n’avait même pas besoin de venir le chercher, parce qu’il est déjà un peu en lui ? 

À partir de là, le piège se referme tranquillement. Lomax est recruté par un cabinet new-yorkais ultra puissant dirigé par John Milton. Rien que le nom… pas besoin de dessin. Et Pacino s’amuse. Clairement. Il ne joue pas le Diable, il EST le Diable. Charmeur, vulgaire, manipulateur, jubilatoire. Le diable sort de la boîte, et il prend toute la place. 

La première partie est la meilleure, sans discussion. Cette montée progressive, cet affrontement diffus entre le bien et le mal, sans jamais vraiment savoir où est l’un et où commence l’autre. C’est là que le film est le plus intéressant. Parce qu’il ne juge pas, il observe. Il laisse Lomax s’enfoncer tout seul, porté par son ambition, son ego, son envie de gagner à tout prix. 

La mise en scène de Hackford est solide, mais elle reste sage. Trop sage peut-être pour un sujet pareil. On sent qu’il y avait matière à quelque chose de plus fou, de plus viscéral. Oui, clairement, un Brian De Palma aurait pu transformer ça en expérience beaucoup plus dérangeante, plus baroque, plus malsaine. Là, ça reste efficace… mais contenu. 

Et puis arrive la deuxième partie. Et là, ça se complique. Les délires, les visions, la folie de la mère, les révélations… ça devient plus appuyé, moins subtil. Comme si le film avait besoin d’expliquer ce qu’il montrait très bien au début. Et forcément, ça perd un peu de sa force. 

Entre les acteus, il y a un déséquilibre évident. Keanu Reeves est charmant, rien à dire. Il a ce côté propre, presque innocent, qui colle au personnage. Mais face à Pacino… il disparaît. Littéralement. Il fait ce qu’il peut, mais le match est perdu d’avance. 

Parce que Pacino, lui, est en roue libre. Et c’est un régal. Chaque scène, chaque tirade, chaque regard… il bouffe l’écran. Il cabotine, oui, mais avec une telle énergie que ça devient hypnotique. On est là pour lui, clairement. 

Et pourtant, malgré tout ça, il y a un manque. Un petit quelque chose qui empêche le film de basculer dans le très grand. Peut-être trop explicatif, peut-être pas assez audacieux, peut-être trop coincé entre le polar et le fantastique sans jamais totalement choisir. 

“L’Associé du Diable”, c’est un bon film, un concept fort, une première partie brillante, et un Pacino démoniaque qu’on n’oublie pas. Mais on reste avec cette impression qu’on tenait quelque chose d’encore plus grand. Quelque chose qui aurait pu vraiment nous brûler… et pas seulement nous frôler

NOTE ; 16.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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