Vu le Film Trois Nuits par Semaine de Florent Gouelou (2023) avec Pablo Pauly Hafsia Herzi Romain Eck Harlad Marlot Holy Fatma Florent Gouelou La Grande Dame
L'intrigue se déroule à Paris de nos jours. Baptiste rencontre par hasard Cookie Kunty, une drag queen qui, hors scène, est un jeune homme de son âge, Quentin. Baptiste se lance dans un projet photo avec elle et découvre le milieu des drag queens parisiennes. Peu à peu, il se rapproche de Quentin, au point de questionner son propre couple avec sa compagne Samia
Trois Nuits par Semaine de Florent Gouëlou, c’est un plan à trois Baptiste/Cookie/Quentin, c’est un film qui avance à pas feutrés, presque timidement, mais qui finit par vous attraper sans prévenir, sans faire de bruit, en s’installant doucement dans ses personnages comme Baptiste s’installe dans un monde qu’il ne connaît pas.
Baptiste, c’est Pablo Pauly, photographe un peu paumé, en couple avec Samia — Hafsia Herzi — qui tient un peu la chandelle ici, mais pas de manière effacée, au contraire, elle observe, elle encaisse, elle comprend parfois avant lui ce qui est en train de se jouer, et ça donne au film une tension sourde, presque silencieuse.
Puis il y a la nuit, le monde des drag queens, avec ses codes, ses costumes, ses excès et ses règles implicites, un espace où Baptiste entre comme un intrus, un homme mâle pas forcément le bienvenu, chargé de ses a priori, de ses hésitations, de son regard encore trop extérieur.
C’est là qu’il rencontre Cookie, incarnée par Romain Eck, et il faut le dire clairement, il est parfait, parce qu’il ne compose pas, il existe, il habite ce personnage qu’il connaît intimement, et sous Cookie il y a Quentin, et c’est là que le film bascule vraiment.
Baptiste ne tombe pas amoureux d’une image ou d’un fantasme, il tombe amoureux d’un être double, Quentin le jour, Cookie la nuit, et entre les deux une zone fragile où les sentiments cherchent leur place sans tout faire exploser.
Oui, c’est un plan à trois, mais pas celui qu’on croit, plutôt un triangle émotionnel où chacun tente de survivre à ce qu’il ressent, où Samia reste en périphérie sans jamais disparaître, où Baptiste avance à tâtons, et où Quentin/Cookie impose une vérité impossible à simplifier.
Le scénario prend parfois des raccourcis, on sent que c’est un premier film, certaines étapes vont trop vite, certains enjeux auraient mérité d’être creusés, mais il y a une sincérité qui rattrape tout, une envie de raconter sans tricher, sans surligner, sans donner de leçons. La mise en scène reste à hauteur d’humain, Florent Gouëlou ne cherche jamais l’effet, il filme les corps, les regards, les silences, les coulisses autant que la scène, et surtout il filme la transformation sans la réduire à un spectacle, le drag ici est un langage, une manière d’exister, pas un simple décor.
Et les acteurs portent tout ça avec une évidence assez rare, Romain Eck est le cœur du film, fragile et incandescent, Hafsia Herzi donne à Samia une présence douloureuse et nécessaire, loin du simple rôle de “celle qui reste”, et Pablo Pauly confirme qu’il est un acteur solaire au sens inquiet du terme, quelqu’un qui cherche, qui se trompe, qui avance sans mode d’emploi, et c’est là que le film touche juste.
On ne comprend pas toujours tout, lui non plus, et c’est précisément ce flottement qui rend l’ensemble vivant. Trois Nuits par Semaine, malgré ses maladresses et ses raccourcis, reste une jolie romance queer, une histoire d’amour dans un monde interlope qui ne cherche pas à être exemplaire mais à être sincère, et parfois, ça suffit largement.
NOTE : 12.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Florent Gouëlou
- Scénario : Raphaëlle Valbrune-Desplechin et Florent Gouëlou
- Musique : Villeneuve & Morando
- Photographie : Vadim Alsayed
- Montage : Louis Richard
- Décors : Clémence Ney
- Costumes : Clément Vachelard
- Production : Nelson Ghrénassia
- Production délégué : Gabriel Festoc
- Sociétés de production : Yukunkun Productions
- Société de distribution : Pyramide Distribution
- Pays de production :
France
- Réalisation : Florent Gouëlou
- Scénario : Raphaëlle Valbrune-Desplechin et Florent Gouëlou
- Musique : Villeneuve & Morando
- Photographie : Vadim Alsayed
- Montage : Louis Richard
- Décors : Clémence Ney
- Costumes : Clément Vachelard
- Production : Nelson Ghrénassia
- Production délégué : Gabriel Festoc
- Sociétés de production : Yukunkun Productions
- Société de distribution : Pyramide Distribution
- Pays de production :
France

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