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mercredi 8 avril 2026

14.20 - MON AVIS SUR LE FILM THE BRIDE DE MAGGIE GYLLENHAAL (2026)


 Vu le Film The Bride de Maggie Gyllenhaal (2026) avec Jesse Buckley Christian Bale Jake Gyllenhaal Annette Bening Penelope Cruz  Peter Sarsgaard Julianne Hough  John Magaro 

Dans les années 1930, Frank — la créature de Frankenstein — se rend à Chicago. Il va contacter une scientifique, le Dr Euphronious, pour qu'elle lui crée une épouse, à partir du cadavre d'une femme qui a été assassinée. Le couple va ensuite attirer l'attention de la police, notamment l'inspecteur Jake Wiles. 

Avis sur The Bride. La créature de Frankenstein est à la mode, ça recycle à tout-va, chacun vient poser sa petite vision, et après Guillermo del Toro qui regardait le monstre avec les yeux de la pulsion mâle, Maggie Gyllenhaal arrive avec ses gros sabots et décide de s’occuper de la fiancée, mais attention, pas la version sage ou romantique, non, ici on démonte tout, on salit tout, on prend le mythe et on le balance sur la route comme un vieux cadavre qu’on aurait recousu à la va-vite. Le Docteur Frankenstein ? Disparu, évaporé, presque inutile, on s’en fout, ce qui intéresse Gyllenhaal c’est Ida et la créature, deux morceaux de chair mal assemblés qui deviennent un couple de fuyards, une espèce de Bonnie and Clyde des années 30 qui ne cherchent même plus à exister normalement mais juste à ressentir quelque chose, n’importe quoi, quitte à tout casser sur leur passage. 

Et ça, sur le papier, c’est une idée sacrément excitante, sauf que la mise en scène ne tient pas toujours la route, ça part dans tous les sens, ça hurle, ça danse, ça baise, ça saigne, mais ça ne sait pas toujours pourquoi ça le fait. Gyllenhaal ne fait pas dans la dentelle, tu l’as dit, elle explose la narration, elle coupe, elle recolle, elle balance des idées comme on balance des morceaux de viande, sauf que parfois ça ressemble plus à un étal de boucher qu’à un vrai film. Il y a des moments où ça fonctionne, où l’énergie est là, où l’image devient presque belle dans sa laideur, et puis d’un coup ça retombe, ça devient lourd, presque gênant, comme si le film se regardait faire au lieu de vivre. 

Et puis il y a ce délire musical, ces séquences où Ida et la créature se mettent à danser, à chanter presque, et là franchement ça coince, pas parce que l’idée est mauvaise, mais parce qu’elle est mal greffée, ça sort du film, ça casse le rythme, ça frôle le ridicule, et pas le bon, celui qui dérange, non, celui qui fait lever un sourcil en se demandant ce que ça fout là. On est loin de La Belle et la Bête et de sa poésie, ici c’est la chair contre la chair, le désir mal foutu, la violence brute, mais encore faut-il que tout ça soit tenu, et ce n’est pas toujours le cas. 

Ce qui sauve vraiment le film, c’est Jesse Buckley, elle, elle ne triche pas, elle s’accroche à Ida comme à une bouée, elle y met de la rage, du corps, une vraie folie, elle rend le personnage vivant alors qu’il pourrait n’être qu’un concept, et par moments elle porte littéralement le film à elle seule. On sent qu’elle comprend le délire, qu’elle accepte le côté crade, excessif, et qu’elle plonge dedans sans retenue. En face, Christian Bale, méconnaissable comme souvent, mais ici ça ne suffit pas, il est enfermé dans son maquillage, dans ses coutures, et surtout dans une espèce de retenue bizarre, comme s’il n’osait jamais aller au bout du truc, comme s’il refusait de devenir totalement ce monstre qu’on lui demande d’être. Résultat, le duo ne fonctionne qu’à moitié, il y a un déséquilibre, Buckley vit le film, Bale le subit. 

L’histoire, elle, avance en titubant, comme une créature qui ne maîtrise pas ses jambes, ça démarre fort, ça promet une cavale sauvage, une plongée dans un monde crasseux et dangereux, et puis ça s’éparpille, ça multiplie les idées sans jamais vraiment les creuser, ça préfère choquer que construire, provoquer que raconter. Il y a de bonnes choses, clairement, des fulgurances, des images qui restent, des moments où on se dit que le film tient enfin quelque chose, et puis non, ça repart dans un autre délire, ça se perd, ça s’autodétruit presque. 

Oui, c’est baroque, oui, c’est difforme, oui, c’est parfois stupide, mais ce n’est jamais totalement ennuyeux, et c’est déjà ça. Le problème, c’est que tout ça ressemble plus à une expérience qu’à un film abouti, une espèce de monstre de cinéma qui a des bras en trop, des idées en trop, mais pas assez de colonne vertébrale pour tenir debout. Une greffe ratée, pas complètement morte, mais pas vraiment vivante non plus.

NOTE : 14.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation et scénario : Maggie Gyllenhaal
  • Musique : Hildur Guðnadóttir
  • Décors : Rena DeAngelo
  • Costumes : Sandy Powell
  • Photographie : Lawrence Sher
  • Montage : Dylan Tichenor
  • Production : Maggie Gyllenhaal, Osnat Handelsman-Keren, Talia Kleinhendler et Emma Tillinger Koskoff
    • Production déléguée : Courtney Kivowitz et Carla Raij
  • Sociétés de production : Pie Films, First Love Films et Pilot Productions
  • Société de distribution : Warner Bros. (États-Unis, France)
  • Budget : 80 millions de dollars[

DISTRIBUTION



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