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lundi 13 avril 2026

13.70 - MON AVIS SUR LE FILM LA CHUTE DE LA MAISON USHER DE ROGER CORMAN (1960


  Vu le Film La Chute de la Maison Usher de Roger Corman (1960) avec Vincent Price Mark Damon Myrna Fahey Harry Ellerbe 

Philip Withrop se rend a la maison Usher pour voir sa fiancée Madeline. Il est confronté au frère de la jeune femme, Roderick, qui s'oppose à leur mariage. Ce dernier explique à Withrop que sa famille est maudite, ses membres sombrant tous un jour ou l'autre dans la folie, ce qui les conduit toujours à la mort. 

Roderick finit un jour par annoncer le décès de Madeline dans son sommeil. L'enterrement a lieu peu après. Mais Madeline n'était que dans un état catatonique, et, devenue folle d'être enterrée vivante, sort de son cercueil pour tuer son frère. Le fiancé fuit la maison qui disparaît à sa vue, dans le brouillard des marécages alentour. 

On continue les classiques de l’horreur avec le trio magique : Edgar Allan Poe à la plume, Roger Corman à la mise en scène, et évidemment Vincent Price en maître des lieux… et là franchement, que demander de plus ? Rien. Absolument rien. 

L’histoire, simple en apparence, mais empoisonnée jusqu’à l’os : un jeune homme, Philip Winthrop, débarque dans une demeure isolée pour récupérer sa fiancée Madeline Usher. Mais il tombe sur son frère, Roderick Usher, incarné par un Vincent Price spectral, presque déjà mort, persuadé que leur lignée est maudite et que la maison elle-même est vivante… et malade. Oui, malade. Et ça, Corman le fait ressentir à chaque plan. 

Parce que cette maison… elle part en sucette, clairement. Pas besoin d’hémoglobine, non. Corman fait simple, si on peut dire : la peur. La peur pure. Elle est là, elle suinte des murs, elle flotte dans l’air, elle s’accroche aux rideaux, elle vit dans chaque regard. 

Et quels regards ! Vincent Price, c’est pas un acteur ici, c’est une apparition. Ses yeux sont déjà ailleurs, déjà dans la tombe, déjà dans la folie. Il ne joue pas la peur, il la contient. Il la retient comme un barrage prêt à céder. À côté, Myrna Fahey (Madeline) est presque une présence fantomatique avant même de mourir, tandis que Mark Damon (Philip) joue le rationnel qui se fissure peu à peu face à l’irrationnel total. 

La mise en scène de Corman, c’est de l’orfèvrerie gothique. Des couleurs qui ne rassurent jamais, des cadres qui enferment, des décors qui semblent respirer. Cette baraque n’est pas un décor, c’est un personnage. Un monstre lent, malade, en train de pourrir de l’intérieur. 

Et cette fameuse séquence des portraits… là, on est dans le grand frisson. La déchéance des ancêtres Usher défile sous nos yeux, et chaque visage est une condamnation. Une malédiction accrochée au mur. Une lignée foutue depuis longtemps. 

La musique ? Elle n’accompagne pas, elle infecte. Elle s’insinue, elle prépare, elle annonce. Elle est complice de la maison. 

Corman fidèle à Poe sans être figé, garde l’essentiel : la dégénérescence, la peur de la transmission, la folie comme héritage. Et Corman comprend une chose essentielle : l’horreur ici n’est pas extérieure. Elle est intérieure. Elle est dans le sang, dans les murs, dans les nerfs. 

Et puis cette lente montée… pas de jumpscare, pas de facilité. Juste une tension qui grimpe, qui grimpe… jusqu’à l’effondrement final. Et là, tout s’écroule. Littéralement. 

C’est ça le génie de ce film : faire beaucoup avec peu. Créer un cauchemar sans jamais hausser le ton. Faire peur avec des silences, des regards, des ombres. 

On est dans un cinéma qui respecte le spectateur. Qui ne lui balance pas la peur au visage, mais qui la laisse grandir en lui. 

Et moi, je marche à fond. Parce que cette horreur-là, elle reste. Elle colle. 

Un classique ? Oui. Mais surtout une leçon. Une leçon d’ambiance, de jeu d’acteur, et de mise en scène. 

Corman, Price, Poe… le trio parfait. Et une maison qu’on n’oublie pas. 

Jamais. 

NOTE : 13.70

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

  • Vincent Price (VF : Raymond Gérôme) : Roderick Usher
  • Mark Damon : Philip Winthrop
  • Myrna Fahey : Madeline Usher
  • Harry Ellerbe : Bristol
  • Mike Jordan : un fantôme
  • Eleanor LeFaber : un fantôme
  • Ruth Oklander : un fantôme
  • Géraldine Paulette : un fantôme
  • David Andar : un fantôme
  • Bill Borzage : un fantôme (non crédité)
  • Mike Jordor un fantôme (non crédité)
  • Nadajan : un fantôme (non crédité)
  • George Paul : un fantôme (non crédité)
  • Phil Sulvestre : un fantôme (non crédité)
  • John Zimeas : un fantôme (non crédité)

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