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mardi 3 mars 2026

14.10 - MON AVIS SUR LE FILM THE KING OF STATE ISLAND DE JUDD APATOW (2020)

 


Vu le Film The King of State Island  de Judd Appatow (2020) est une Comédie Dramatique Américaine avec Pete DavidsonMarisa TomeiBill Burr Ricky Velez Bel Powley Lou Wilson Moises Arias Maude Apatow Pauline Chalamet Machine Gun Kelly Steve Buscemi 

 

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune sœur Claire, sociable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière. 

Voilà un film qui a un charme fou. 
On peut s’étonner quand on lit au générique Judd Apatow, lui qu’on associe volontiers aux comédies bien grasses, mais on oublie trop vite qu’il sait aussi explorer l’âme humaine, comme il le faisait déjà dans 40 ans, toujours puceau, sous couvert de blagues bien senties. 

Ici, il délaisse le rire frontal pour quelque chose de plus doux-amer, presque fragile. 

La chance du film, c’est ce personnage de Scott, incarné par Pete Davidson. 
Sous ses airs d’ado qui n’a pas le gaz à tous les étages, il vit sans barrière, sans filtre — bon, il est vrai, il n’en met pas dans ses joints, qui restent sa consommation principale avec l’alcool. Scott flotte dans sa vie comme un poisson dans l’eau dans cette ville tranquille de Staten Island, accroché à sa bande, à ses habitudes, à son refus de grandir. 

Il est heureux à sa façon. Une façon bancale, mais sincère. 

Tout bascule quand sa mère, veuve depuis longtemps, rencontre un pompier. Ironie du sort, la faute à Scott en passant. Elle en tombe amoureuse et introduit quelqu’un entre elle et son fils. Ce “quelqu’un”, c’est Ray, incarné par Bill Burr, tout en virilité rugueuse et en colère rentrée. 

Au départ, la cohabitation est électrique. Scott refuse l’intrusion. Ray refuse l’immaturité. Et pourtant, peu à peu, les deux hommes se rapprochent. Parce qu’on ne peut jamais dire non à Scott. Parce qu’au fond, ils portent la même faille : le deuil, la peur d’être à la hauteur, la difficulté d’aimer. 

Le scénario, co-écrit par Pete Davidson, est très proche de sa propre vie — son père est mort dans les tours du World Trade Center. Et cette vérité intime donne au film une profondeur inattendue. On sent que derrière chaque vanne se cache une cicatrice. 

La mise en scène d’Apatow prend son temps. Certains diront trop. Moi, j’y vois une volonté d’accompagner ses personnages, de les laisser respirer, errer, rater, recommencer. Il filme les silences autant que les punchlines. Il filme les corps fatigués, les regards qui se cherchent. On est loin du rythme hystérique de ses débuts : ici, tout est plus posé, plus humain. 

Au casting, on retrouve Maude Apatow, tout en douceur, Machine Gun Kelly en tatoueur lunaire, et puis Steve Buscemi, sans qui un film indépendant ne peut être totalement crédible — présence discrète mais toujours précieuse. 

Mais c’est surtout Pete Davidson qui nous emballe. Il ne joue pas un rôle, il s’expose. Il transforme son immaturité en arme comique, sa douleur en matière narrative. Il est touchant sans chercher à l’être. Drôle sans forcer. Fragile sans pathos. 

The King of Staten Island n’est pas un film spectaculaire. 
C’est un bonbon un peu cabossé. 
Une comédie douce-amère, tellement optimiste malgré tout. 

Un film sur le deuil, oui. 
Mais surtout un film sur l’idée qu’on peut grandir, même quand on pensait avoir raté le départ. 

NOTE : 14.10

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