Mon avis sur Court Métrage Oscarisé Deux personnes échangeant de la salive de Natalie Mustaeta et Alexandre Singh (2025) avec ZaR Amir Ebrahimi Luana Bajrami Nicolas Bouchaud Aurelie Boquien Mitchell Jean
Le film raconte les débuts d'une histoire d'amour queer entre deux femmes dans une société dystopique où les gifles ont remplacé l'argent et où s'embrasser est interdit.
Il y a des courts métrages… et puis il y a Deux personnes échangeant de la salive. 33 minutes quand même — on est déjà à la frontière du long qui n’ose pas dire son nom. Signé Natalie Musteata et Alexandre Singh, et auréolé de l’Oscar 2026, le film intrigue autant qu’il inquiète. Le point de départ est simple… ou pas : dans cette société dystopique, il est interdit d’embrasser mais les paiements se font en gifles.
La violence comme monnaie d’échange, l’amour comme délit — drôle de concept, jamais vraiment expliqué. Et c’est là que le bât blesse : l’idée est forte, mais elle flotte. La mise en scène, elle, ne manque pas d’audace. Il y a une vraie signature visuelle, une volonté de créer un univers sensoriel atypique, qui pique, qui marque.
Le risque est réel, et sur ce point il est payant. Mais le scénario tourne en rond autour de son propre concept sans jamais vraiment l’approfondir. On sent une intention, mais elle reste insaisissable.
À force, le film devient une expérience plus qu’un récit, et pas forcément dans le bon sens. Petit à petit, je me suis éteint devant ce court. Trop complexe dans le propos ? Peut-être.
Trop flou, sûrement. Je ne sais même pas si les réalisateurs savent exactement ce qu’ils ont filmé, et c’est un peu le problème de cet art qui se veut corruptif, révolutionnaire, mais qui semble parfois s’adresser à une caste plus qu’au public. Heureusement, il y a les actrices.
Zar Amir Ebrahimi est impressionnante d’intensité, donnant une vraie présence à un univers qui en manque parfois, tandis que Luàna Bajrami apporte une nuance et une intériorité tout aussi précieuses.
À elles deux, elles maintiennent le film à flot. Sans elles, l’ensemble aurait sans doute été encore plus hermétique. Ce n’est pas inintéressant, loin de là, mais ce n’est pas non plus bouleversant : un film que l’on respecte plus qu’on ne ressent.
Et avec un Oscar en poche, je sens bien venir le long métrage… en espérant que cette fois, entre la gifle et le baiser, le film choisira enfin de raconter quelque chose.
NOTE : 7.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Natalie Musteata et Alexandre Singh
- Scénario : Natalie Musteata et Alexandre Singh
- Musique : Bobak Lotfipour
- Photographie : Alexandra de Saint Blanquat
- Décors : Anna Brun
- Costumes : Rezvan Farsijani
- Montage : Hanna Park
- Production : Carol Cohen, Violeta Kreimer, Valentina Merli, Natalie Musteata, Alexandre Singh
- Production exécutive : Isabelle Huppert, Julianne Moore
- Sociétés de production : Misia Films, Preromanbritain, Galeries Lafayette, Alambic Production, Art CC
- Sociétés de distribution : Canal+ (France) ; The New Yorker (international)
- Zar Amir Ebrahimi : Angine
- Luàna Bajrami : Malaise
- Aurélie Boquien : Pétulante
- Nicolas Bouchaud : Chagrin
- Mitchell Jean : Jérémiade
- Mustapha Abourachid : Arnaque
- Thibault de Lussy : Tuyaux
- Lucile Jaillant : Carie

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