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mercredi 25 mars 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM PAN TADEUSZ DE ANDRZEJ WAJADA (1999)


 Vu le Film Pan Tadeusz : Quand Napoléon traversait le Niémen (Pan Tadeuszd'Andrzej Wajda (1999)P avec Andrzej Seweryn  Grażyna Szapołowska  Henryk Baranowski Bogusław Linda Daniel Olbrychski Jerzy Trela Michał Żebrowski 

C'est l'adaptation du poème Messire Thadée (Pan Tadeusz) d'Adam Mickiewicz. 

La scène se déroule en Lituanie en 1812, alors que la Pologne est rayée de la carte. Deux familles s'affrontent, l'une alliée aux Russes, l'autre indépendantiste. En juin 1812, Napoléon marche sur Moscou et franchit le Niémen. 

Wajda, qu’on a connu plus frontal, presque militant, sur les secousses sociales de la Pologne, déserte ici les barricades contemporaines pour aller fouiller du côté des guerres napoléoniennes. Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce détour historique n’est pas une fuite, c’est un miroir. Une Pologne rayée de la carte, déchirée entre influences étrangères, où les familles elles-mêmes se retrouvent dans des camps opposés… difficile de ne pas penser à des conflits plus récents, où l’histoire bégaie sans demander la permission. 

Le film adapte le grand poème national de Adam Mickiewicz, et ça se sent. Pan Tadeusz, c’est à la fois un personnage et un symbole : un jeune noble un peu naïf, pris dans les querelles d’héritage, les rivalités familiales et les illusions patriotiques. Il revient dans son domaine avec l’idée d’un ordre à restaurer, mais il tombe sur une société fracturée, où chacun joue sa partition, parfois contre son propre sang. Autour de lui gravite toute une galerie de figures, nobles, juges, soldats, dont les liens sont… disons-le franchement, pas toujours limpides. 

Et c’est là que le bât blesse. Une première partie bavarde, presque engluée dans ses dialogues et ses présentations de personnages. On cherche les liens, on s’accroche, mais ça reste parfois obscur. Wajda filme un monde qui se délite, mais le spectateur doit faire un effort pour ne pas décrocher. On est plus dans le salon que sur le champ de bataille, et ça discute beaucoup pour pas toujours grand-chose. 

Mais dès que Napoléon entre dans le cadre – ou plutôt dès que son ombre plane – Wajda change de braquet. Là, il passe la vitesse supérieure, et ça se voit. L’avancée vers Moscou, la traversée du Niémen, tout cela prend une ampleur visuelle impressionnante. La mise en scène devient flamboyante, presque lyrique. Les costumes, les décors, les foules : on sent le soin, le respect de l’époque, une vraie ambition de reconstitution. 

Henryk Baranowski campe un Napoléon presque fantomatique, figure plus symbolique que réellement incarnée, comme une promesse ou un mirage pour ces Polonais en quête de salut. Autour de lui, les acteurs polonais tiennent la baraque avec sérieux, parfois un peu trop d’ailleurs : on sent le poids du texte, de l’héritage littéraire, ce qui donne des personnages un peu figés, moins incarnés que récités. 

Fidèle à l’œuvre d’origine, privilégie les intrigues familiales et les tensions internes à la grande fresque historique. Du coup, on peut avoir l’impression d’un déséquilibre : d’un côté une chronique presque intime, de l’autre une épopée nationale qui ne demande qu’à exploser. Et quand elle explose, le film devient enfin ce qu’il promettait. 

Wajda signe une œuvre inégale mais habitée. Un peu bavarde, oui. Par moments obscure, clairement. Mais portée par une mise en scène qui, dès qu’elle quitte les salons, retrouve un souffle impressionnant. Et surtout, un hommage vibrant à une Pologne qui n’existait plus sur les cartes mais qui continuait à vivre dans les têtes et les cœurs. 

Un film pour les amateurs d’histoire, clairement. Les autres risquent de rester sur le bord du chemin… surtout dans la première partie. Mais quand ça décolle, ça a de la gueule.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE


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