Vu le Film Un Pitre au Pensionnat de Norman Taurog (1956) avec Jerry Lewis Dean Martin Raymond Burr Diana Lynn Nina Foch Veda Ann Borg Richard Simmons
Wilbur (Jerry Lewis) est un jeune homme rêvant de devenir coiffeur-barbier et travaille dans un hôtel en tant qu'assistant d'un coiffeur. Il se retrouve impliqué dans un braquage, et pour mieux fuir les truands, se déguise en garçon de 12 ans et se cache dans une école de jeunes filles.
Que restera-t-il de Jerry Lewis dans l’histoire du cinéma ? Sans doute l’image d’un immense artiste, un amuseur public hors norme qui aura fait du corps et de la grimace un véritable langage comique. Comme beaucoup d’artistes comiques, il semble cacher derrière le rire quelques zones d’ombre, mais sur l’écran il ne laisse voir qu’une énergie débordante. Jerry Lewis a souvent été imité, mais jamais égalé, et de loin.
Un Pitre au pensionnat, réalisé par Norman Taurog, appartient justement à ces films qui ont construit sa légende. À cette époque, Lewis forme encore son duo iconique avec Dean Martin, un tandem qui fonctionne à merveille : l’un incarne la nonchalance charmeuse et musicale, l’autre la folie burlesque et incontrôlable. Ensemble, ils donnent au film une énergie qui ne faiblit jamais.
L’histoire est complètement barrée, mais c’est aussi ce qui fait tout son charme. Wilbur Hoolick, interprété par Jerry Lewis, est un apprenti barbier aussi naïf que maladroit. Par accident, il assiste à un braquage et devient un témoin gênant pour les truands. Pour leur échapper, il prend la fuite et se retrouve à devoir improviser une solution totalement improbable : se faire passer pour un garçon de douze ans.
Dans le train, il croise Nancy, une institutrice interprétée par Diana Lynn, qui le prend réellement pour un enfant et décide de l’aider. Pour éviter le scandale et protéger la jeune femme, Wilbur doit poursuivre son mensonge et se cacher dans un pensionnat de jeunes filles en continuant à jouer le rôle d’un garçon. À partir de là, la situation devient un véritable tourbillon de gags et de quiproquos.
Bien sûr, tout cela paraît totalement invraisemblable. Mais comme Nancy dans le film… on y croit.
La mise en scène de Norman Taurog accompagne parfaitement cette folie. Le réalisateur comprend que la véritable force du film est le jeu physique de Jerry Lewis et lui laisse tout l’espace nécessaire. Les couloirs du pensionnat deviennent un terrain de jeu où les courses-poursuites, les portes qui claquent et les chutes s’enchaînent à un rythme effréné.
Jerry Lewis y déploie tout son talent de mime et de clown moderne. Il joue littéralement avec son corps : démarche d’enfant, grimaces impossibles, gestes démesurés. Il transforme chaque scène en numéro burlesque, rappelant parfois les grands maîtres du cinéma comique muet.
Face à lui, Dean Martin joue le contrepoint parfait. Son personnage apporte une forme de normalité au milieu du chaos, ce qui rend les catastrophes provoquées par Lewis encore plus drôles. Leur complicité est évidente et explique en grande partie le succès de leurs films communs.
Le scénario assume pleinement son absurdité. L’intrigue sert avant tout de prétexte à une succession de situations comiques. Ce qui compte, ce n’est pas la logique mais le rythme et la folie. Et dans ce domaine, le film ne se refuse rien.
Il est d’ailleurs amusant de noter que Un Pitre au pensionnat est le remake de Uniformes et jupons courts, premier film américain de Billy Wilder. Une coïncidence savoureuse quand on connaît l’importance que Wilder aura plus tard dans la comédie américaine.
Le principe du film peut aussi faire penser au pitch de Certains l'aiment chaud : un personnage obligé de se déguiser pour survivre à une situation dangereuse (tien tiens de Billy Wilder). Mais ici, la sophistication laisse place à une comédie beaucoup plus débridée, presque anarchique.
Ce qui rend le film si amusant, c’est cette impression permanente que tout peut arriver. Les personnages courent dans tous les sens, les situations deviennent de plus en plus improbables, et Jerry Lewis pousse chaque gag jusqu’au bout.
C’est une comédie où l’on accepte volontiers l’irrationnel, parce que le plaisir du jeu est communicatif.
Au fond, Un Pitre au pensionnat fait partie de ces films qui ont forgé la légende de Jerry Lewis.
Ça court dans tous les sens.
Les portes claquent.
Et notre dentier claque de rire.
Et tant pis si la logique n’est pas respectée.
NOTE : 12.40
FICHE TECHNIQUE
| Titre original | You're Never Too Young |
|---|---|
| Réalisation | Norman Taurog |
| Scénario | Sidney Sheldon |
| Musique | Walter Scharf |
- Dean Martin (V.F : Michel Gudin) : Bob Miles
- Jerry Lewis (V.F : Jacques Dynam) : Wilbur Hoolick
- Diana Lynn : Nancy Collins
- Nina Foch (V.F : Sylvie Deniau) : Gretchen Brendan
- Raymond Burr (V.F : Jean Violette) : M. Noonan
- Veda Ann Borg : Mme Noonan
- Richard Simmons (non crédité) : un professeur

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